CONCLUSION
et qui amèneront infailliblement la fin de ceux-ci comme race humaine et comme peuple.
C'est la pensée dominante de ce livre.
S'il était destiné à être plus lu qu'il ne le sera sans doute; si le nom de l'écrivain qui le signe avait plus de retentissement dans ce monde où s'agitent les idées et où l'on se passionne pour les doctrines, nous ne nous dissimulons pas que celles qui ont fait la base de cet ouvrage rencontreraient de vives oppositions.
Mais au cercle, si restreint qu'il soit, de mes lecteurs, à mes amis je dois dire pour ma défense que ce n'est pas l'enthousiasme des théories qui m'a entraîné, mais la constatation froide des faits puisés dans l'histoire du passé et dans l'état du présent.
Le sort déjà si misérable des Indiens du continent américain pouvait encore laisser quelque doule sur l'issue de celle lutte engagée depuis plus de quatre siècles. — Le sort des Caraïbes, dont on ne sait plus quelque chose qu'en fouillant les pages poudreuses de chroniqueurs dont le nom est à peine connu du public, ne doit plus permettre- la moindre illusion.
Il ne faut en accuser ni le Christianisme, ni la Civilisation, au nom de qui a commencé, s'est accomplie en partie et doit s'achever cette destruction de toute une race d'hommes. Le Christianisme lui a ouvert ses
bras paternels, la Civilisation l'a convoquée au partage de ses glorieuses conquêtes. Elle s'est armée contre l'une et contre Fautre.
Si le Christianisme et la Civilisation avaient succombé dans le Nouveau-Monde à celte lutte contre l'Ignorance et la Barbarie, c'en était fait des principes sur lesquels repose la société moderne.