LE GARDE-CÔTE PROVINCIAL
J’ai ailleurs exprimé le désir de voir chaque année un rapport détaillé, présenté à la Lé-
gislature par les Surintendants des Pêcheries : je n'avais pas alors par devers moi le rapport de M. Nettle pour 1861, où sont groupés une foule de faits importants sur les pêcheries au saumon, tels que les noms des stations, des occupants en vertu de baux, la quantité de poisson prise, le nombre d’hommes employés, les passes pour frayer, etc: M. Nettle corrobore amplement ce que j'ai dit sur les effets salutaires que la protection légale avait déjà produits. Il y a en outre en 1861, le rapport de John McCuaig, Surintendant des Pôcheries pour le Haut-Canada, lequel est précieux pour cette partie de la Province. J'ai parcouru avec beaucoup d'intérêt le rapport de ‘Pierre Fortin, écuier, magistrat stipendiaire, présenté la même année, de la course de la Canadienne sur les deux rives du golfe et aux Iles de la Magdeleine. Les statistiques de recensement, de pêche, de conxmerce réunies dans ce document fourniraient matières à d’intéressantes réflexions, mais l’espace me manque.
J'ai été réjoui d'apprendre que le Capitaine Fortin avait trouvé dans un état prospère sa plantation d’huitres de l’année précédente, laqueiie est placée dans le bassin de Gaspé, vis-à-vis la ferme de M. Leboutillier. Espérons que la méthode améliorée de M. Coste (l’em-
ploi de tuiles à mastic) qui n'était pas précédemment connue en Canada, sera encore plus efficace pour fixer le frai, que les branches d'arbres ou claies retenues au fond par des pierres. Le magistrat stipendiaire, important
auxiliaire du Surintendant des pêcheries, rend .
aussi témoignage à l'efficacité des mesures législatives adoptées en 1858. La présence de “ nombreuses goëlettes américaines, armées, ” occupées à pêcher le maquereau, dans nos eaux, fait naître une assez importante question. La Canadienne eut-elle suffi seule pour forcer ces forbans=à déguerpir ?
Je crains que non : une demande aux autorités impériales de continuer d'envoyer comme anciennement, chaque .été ‘une frégate sur les côtes de la Gaspésie, ne serait peut-être pas repoussée. 1 me semble sussi qu'en augmentant les pouvoirs judiciaires de l’Officier chargée du service de garde côte, les populaæions neferent qu'y gagner. Devrait on établir trois atations, l’une sur la côte nord, l’autre sur la côte sud du St. Laurent, et la troisième aux Iles de la Magdeleine, voila encore une question assez importante à examiner { Rien de plus précaire que la sûreté des personnes et de la propriété dans ces parages. Ou il faut faire plus, ou il faut se résigner, à voir graduellement tomber entre les mains des amé-
ricains ces mines inépuisables—nos pôcheries.