SCÈNE III
CARMEN, NELLA, iatroduiie fu PtqiiiU, pa» CEGCO.
HELLA, counut à Csnnea.
Senora !
CARMEN
^ Ma chère Nella !... Tu n’as pas oublié ta promesse! tu es charmante !
NELU.
Sans l’orage qui avait jeté bien loin notre pauvre emliarcatiou, il y a déjà longtemps que je serais près de vous, senora.
CARMEN
Comment 1 par celte nuit alfreuse, tu étals en mer?
NELLA, montrant Ceeco, qui est près de la fenêtre.
Avec Cecco...
CARMEN. ,
Quel danger tu as couru î
NELLA
11 y a des instants où l’on n’y pense guère, voyez-vous, et où l’on regarde sa propre vie comme bien peu de chose.
CARMEN
Mais qn’as-tu donc?... Tu es émue, tremblante! t
CECCO, a’approcbant.
Senora... voyez- vous ces grandes roches bleues qui bordent lacéte?
CARMEN
Et qui projettent dans la mer leur ombre calme et silencieuse?
CECCO
Elle ment, sefiora, elle ment cette ombre maudite ; car elle cache à tous les yeux une scène de désespoir et de vengeance !
CAMEN, à Nella.
Que veut-il dire?
CECCO
Qu’il y a, là-bas, un malheureux dont la vie est eu danger.
NELLA
Et qu’il làut que vous sauviez!
CARMEN
Moi !
Un des vétres... un Espagnol... un soldat... Que sais-je?
CARMEN
Un Espagnol l
CECCO
Nella s'est jetée au-devant des coups prêts à le frapper; mais une minute de retard peut lui coûter la viel... car il j a lé vingt familles dont on a brûlé les ülets et les barques t
CARMEN
Encore ! . •
NELLA
J’ai songé à vous, h bonne, si généreuse, seûora ; J’ai promis à ceux qui souffrentla fin de leur misère... et à ce prix... , il vivra, lui ! Grâce pour eux, sefiora 1 grâce pour l’otage qu’ils ont gardé !
CBCfcO.
'—Voyez! Voyez!..', ils ont quitté les roches de Nicolosi; les voilà avec leurs barques et le prisonnier à cent brasses du rivage ! Ils nous accusent sans doute de les avoir trahis; mais leur présence a mis en émoi tout le château, la garde du gouverneur se rassemble ! Au premier coup de feu tiré sur les barques, c’est un homme mort !