CARMEN, FERN.AND, BARBAGALLO
CAHMEfl.
Eh bien, capitaine Bai'bugallo, que dites^Tons denotre excursion ?
Admirable I
BARBAGALLO
CARMEN
N’ai-je pas eu une bonne idée ce malin de demander tout
LES PÉCHEURS HE CATANE
à coup des mules et un guide, et d’aller rendre visite à notre voisin, ce sombre et sauvage Ktua?
FERNAÎSD.
Parvenus au bord du gouiïre, alors ffue l’efTioig iguail nos coeurs, le cupilaitie était superbe de calme et de dédain.
CARMEN
Appuyé sur sa longue épée, il semblait délier le monstre en furie.
BARBAGALLO
Sefiora. quand on a vu la bataille de Lépante, rien ne peut plus vous émouvoir.
FERNAND
Oui; mais nous qui ne l’avons pas vue, heureusement, nous goûtions avec délices ces émotions nouvelles.
CARMEN
Quel imposant spectacle !
FERNAND
Quel noble exercice !
CARMEN
Comme il élève l’âme !
BARBAGALLO
Et comme il développe l’appétit !
CAllMEN.
Enfin, rien n’a manqué à cette fête, ni la beauté du ciel, ni les dangers de la route, et, chose inouïe, mon cher cousin n’a pas même songé un seul instant à me contredire.
FERNAND. '
Soutiendrez-vous encore qu’il est impossible de vivre une heure en paix avec moi ?
CARMEN
Vous êtes méconnaissable 1... N’esL-ce pas, capitaine?
BARBAGALLO
Méconnaissable.
CARMEN
Vous d’ordinaire si contrariant et si fantasque, je vous trouve, depuis hier, d’une galanterie, d’une complaisance à rendre jaloux Barbagallo lui-njême. C’est une véritable métamorphose 1
BARBAGALLO
Toute une métamorphose.
FERNAND
Ah çà I mon cher, quand ma cousine parle, vous n'étes plus un homme; vous êtes un écho, j
BARBAGALLO
Je remplis mes devoirs d’écuyer. La senora pense, parle et commande; je réponds, j’attends et j’obéis.
CARMEN
Donnez-moi donc un siège, mon bon capitaine !