SCÈNE PREMIÈRE
ZURGA, seul. Il est assis et semble absorbé dans ses pensées.
Après un temps il se lève, va au fond, écarte la draperie
et regarde au dehors.
L'oragô s'est calmé. — Déjà les vents se taisent, Comme eux les colères s'apaisent !
(Laissant retomber la draperie).
Moi seul j'appelle en vain le calme et le sommeil. La fièvre me dévore, et mon âme oppressée
N'a plus qu'une pensée :
Nadir doit expirer au lever du soleil I
(Il tombe accablé sur les coussins).
CAVATINB.
Nadir !... ami de mon jeune âge, Lorsqu'à la mort je t'ai livré, Par quelle aveugle et folle rage Mon cœur était-il déchiré !
A.GTE TROISIÈME 25
(S© l«Tant et avec d6&ea]Mi"0.
Non ! non 1 c'est impossible I
J'ai fait un songe horrible 1 Non I tu n'as pas trahi tes serments et ta foi 1 Et le coupable, hélas ! le coupable, c'est moi 1
Nadir I... ami de mon jeune âge,
Et toi, radieuse beauté,
Pardonnez à l'aveugle rage
Aux transports d'un cœur irrité !
Leïla... cher Nadir I... Ah I je maudis ma rage,
J'ai honte de ma cruauté.
(Il retombe accablé; Leïla paraît à l'entrée de la tente. Deux pêcheurs, le poignard à la main, la tiennent et la menacent)