ACTE PhtMlER. ï
ZURGA,
(Test loi ! — toi qu'enfin je revois!
A.près tant de longs jours, après de si longs mois. Où nous avons vécu séparés l'un de Tautie, Brahina nous réunit! — quelle joie est la nôtre. Mais parle... es-tu resté fidèle à ton serment? Est-ce un ami que Dieu m'envoie, ou bien un traître
NADIR
Le mal était profond... j'ai su m'en rendre maître!
ZURGA.
Eli bien, le verre en main, fêtons ce doux moment! Comme toi, je suis calme et comme loi j'oublie Un jour de fièvre et de folie !.. .
NADIR
Non, non, tu mens! — Le calme est venu pour toi, — mais L'oubli ne viendra jamais!...
ZURGA.
Que dis- tu?
Quand tous deux nous toucherons à Tâge
Où les rêves de- jours passés
De notre âme sont etîacés, Tu te rapp^-Ileras noire dernier voyage; Notre ilernière halte aux portes de Candi...
ZURGA.
C'était le soir ; — dans l'air par la brise attiédi. Les bramines, au front inondé de lumière, Appelaient lentement la foule à la prière!...
DUO
NADIR, se levant.
Au fond du temple saint paré de fleurs et d'or, Une femme apparaît! — Je crois la voir encor.
ZURGA.
Une femme apparaît! — Je crois la voir encor!
NADIR
La foule prosternée La reganie, étonnée,
% LES PÊCHi^CaS DE PËRL£&.
Et murmure tout bas :
Voyez, c'est la déesse Qui dans l'ombre se dresse, Et vers nous tend les bras!
ZURGA» se levant.
Oui, c'est elle! c'est elle !
Plus charmante et plus belle Qui descend parmi nous!
Son voile se soulève!... 0 vision! ô rêve!
La foule est à genoux!
ENSEMBLE
NADIR
Oui, c'est elle! c'est elle ! etc.
zurga.
Oui, c'est elle ! c'est elle ! etc.
NADIR
Mais à travers la foule elle s'ouvre un passage!
ZURGA.
Son long voile déjà nous cache son visage !
NADIR
Elle fuit!
ZURGA.
Mon regard, hélas ! la suit en vain!
NADIR
Et dans mon âme soudain Quelle étrange ardeur s'allume!
ZURGA.
Quel feu nouveau me consume!
NADIR
Ta main repousse ma main I
ZURGA.
Ta main repousse ma main!
De nos cœurs l'amour s'empare, Et nous change en ennemis!