ACTE PREMIER
Le Théâtre représente im parterre orné fleurs, et arrosé de fontaines.
SCÈNK PREMIÈRE.
ASTERIE, PHILIS.
PHILIS
A quoi pense Astérie au bord de la fontaine, Qui grossit de ses pleurs?
ASTERIE.
Je pense à mes malheurs ; J'ai fait mourir Climène,
.Ma jalouse fureur et mon aveugle amour
Lui ravissent le jour ;
Je croyais que la mort de ma Rivale heureuse
Fuiirait ma peine amoureuse.
PHILIS. .\pollon ne veut plus vous voir.
ASTERIE.
C est là mon désespoir!
Si du plus beau desDieux mon âme est enflammée, .l'ai la honio d'aimer, sans pouvoir être aim'e ; Je souffre les mépris d un rigoureux .4mant,
Est-il quelque supplice écal à mon tourment? O rage, ô désespoir, ô fureurs insensées, Qui peignez mille morts dans mestristes pensées, O filles de la Nuit, venez me secourir. Mais je voudrais revoir Apollon et mourir.
PIIILIS.
Cet amant redoutable, Qui ne vous aime plus, n'est plus pour vous ai-
[mable ; Aimez l'an, le Dieu des Bergers.
Qui tient sa Cour dans les \'ergerR, Il règne en paix dans l'Areadie, Et vous chérit plus que sa vie.
Hélas! hélas!
On aime ce qui plait et l'on ne choisit pas, Dans l'état où je suis, enfin que dois-je faire ?
PIIILIS.
Eviter d'.VpoUon la haine et la colère.
Il vient et j'entends ses regrets ; Retirez-vous sous ce feuillage épais.