MERCURE, CLIMÈNE
MERCURE
J'ai tiré ta belle ombre De la demeure sombre :
Par un grand miracle d'amour :
L^ae seconde fois Climôae voit le jour, L amour te rend à la vie.
CLIMÈNE
Ou suis-je'?
MERCURE
En Arcadie, Où règne Pan, Dieu des Bergers, Ne reconnais-tu pas le jardin d'orangers, Ce gazon vert, cette fontaine.
Et ce délicieux vallon Où l'aimable .\pnllon Te racontait sa peine?
CLIMÈNE
Hélas, je suis cncor dan-i l'assoupissement D'avoir perdu le sentiment..
MERCI 'RE
La mort est un fâcheux passage.
CLIMÈXE
La mort n'est qu'un si.immeil.
Et qu'une absence du soleil, Qui d .'S sens nous ôte 1 usage ;
I In est sans passion, Sans désir, sans ambition, Sur le somijrc rivaî^e, Et tout s'évanouit clans ce triste séjour.
MERCURE
Mais le fleuve d'oubli s'efface par l'amour.
Dans ces beaux lieux où l'on t'adore.
Du divin Apollon te souvient-il encore, As-tu mis en oubli ce p;lorieux Amant?
('LIMÈNE
Si je revois le jour c'est pour lui seulement. Sans lui jo voudrais que la vie Me fv'it bientôt ravie.
Les mortels aux malheurs doivent s'accoutumer, Xous naissons pour mourir. ..
MERCURE
Vous vivez pour aimer.
Ah Ic'est un grand plaisir, quand deux âmes blessées
Ont les mêmes pensées !
Que deux cœurs sont pressés par les mêmes désirs,
Et font un corcert de soupirs, Veux-tu voir Apollon et lui montrer ton zèle ?
CLIMÈNE
Je veux auparavant savoir s'il m'est fidèle, S'il fait voir dans mon triste sort Un amour plus fort que la mort,
MERCURE
Je sais le vrai moyen d'éprouver sa constance Si tu suis mon conseil.
CLIMÈXE
Je connais ta prudence.
MERCURE
Les grâces dans ces lieux viennent le visiter,
CLIMÈXE
Il faut les éviter;
MERCURE -
Suis-moi, belle Climène, Je finirai ta peine...