‹ Les pensées de Mme de WarensChapitre 23 sur 37 · L ORATOIRE DE MADAME DE WARENS I · texte numérisé non relu

L ORATOIRE DE MADAME DE WARENS I

47 centimètres de hauteur sur 35, attribué à Jean-Baptiste Peytavin, l'élève de David, beau-frère de Georges-Marie Raymond.

Il représente Mme de Warens, à genoux, remerciant le ciel de l'avoir éclairée en la ramenant à la vraie foi, sous la forme d'une femme grasse, fraîche, rose et blanche, de trente à trente-cinq ans, les mains étendues vers une clarté venant d'en haut. La dame est vêtue d'une robe jaune or. drapée dans un grand manteau rose ; elle a la bouche entrouverte, l'œil grand et extatique. Ses cheveux sont d'un blond vénitien, bouclés, retenus par un bandeau en diadème de couleur gris perle. Elle est coiffée en châtelaine, avec deux nattes relevées sur le sommet de la tête et surmontées d'une couronne comtale, laquelle, formant un cercle d'or de neuf pointes allongées et semblables, est de celles désignées, en art héraldique, sous le nom de couronne antique. La figure de ce tableau répond, en tous points, au portrait que M. de Conzié, en connaisseur, fait de Mme de Warens. dans sa lettre au comte

de Mellarède : « Sa taille était moyenne, mais point avantageuse, eu égard qu'elle avait beaucoup et beaucoup d'embompoint, ce qui lui avait arrondi un peu les épaules et rendu sa gorge d'albâtre aussi trop volumineuse ; mais elle faisait aisément oublier ces défauts par une physionomie de franchise et de gaieté intéressante. Son ris était charmant, son teint de lis et de rose, joint à la vivacité de ses yeux annonçaient celle de son esprit... » La couronne comtale fait allusion aux prétentions nobiliaires de celle qui continua à s'appeler la baronne de Wxrens, tandis que son mari quitta le titre de Seigneur de Yuarrens après qu'il eut vendu cette terre, qu'il ne posséda, en définitive, que du 2 août 1 723 au 23 mars 1 728 ; le 5 août 1744, une délibération du Conseil de la ville de Chambéry désigne encore la dame par l'appellation de comtesse de Warans de la Tour; en 1745, étant à Thonon, Mmc de Warens alla jusqu'à Evian, sous le nom de comtesse de Conzié. La couronne comtale est donc un

attribut typique, indispensable à l'interprétation exacte du tableau de Peytavin.

En 1744, Mme de Warens faisait fabriquer du savon, en 1749, de la poterie en fer. Or, la maison historique des Charmettes n'offre, à l'intérieur, aucune trace de four. Il est donc admissible que l'oratoire fut installé au premier étage de la maison, près de la chambre à coucher de la baronne, afin d'utiliser la chapelle, dont le petit bâtiment, sur le bord du chemin, pouvait se prêter aux expériences industrielles ; de 'nos jours, l'ancienne chapelle, jadis transformée en four, sert de grenier.

Mme DE WARENS AU RECLUS

M™ de WARENS

Leroux sculp.

Ambroise Tardiez dir,

Fac-similé réduit Je 1/10 environ.

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