MADAME DE WARENS AU RECLUS I
dations constitutions de Biens peines et autres clauces requises fait et prononcé aulieu que dessus en présence de me joachim chabert nottaire Royal procureur collegié au sénat natif Bourgeois de la pre te uille et du s. laurent Roche natif daoste en dauphine habitant la présente uille témoins requis uien (pour revient) pour undroit autabellion trois Hures quince sols. Le présent contien deux pages et demy enmaminutte que jaylevé et expédié pour le tabellion de le receuoir requis.
Buisson, note.
Ce document, en histoire, clôt l'idylle des Charmettes.
WINTZENRIED
ET Mme DE WAREXS Leurs relations jusqu'en janvier IJ54.
WINTZENRIED
ET Mme DE WARENS
Leurs relations jusqu'en janvier 1754.
Il est prouvé, par le document publié d'après Vallier, que Wiritzenried, qui n'est pas nommé dans le bail de 1738, était déjà le factotum de Mme de Warens en 1739. Les Archives départementales de la Savoie contiennent une série de titres, la plupart inédits, qui font revivre le personnage. Et voici d'abord une lettre de l'archiprêtre de Gruffy, où il est question de lui :
+ « Madame et très- chère sœur
« La promesse que vous me fîtes, parla dernière de vos lettres, en datte du 15
février passé, lors que j'eus l'honneur de vous envoier l'acte de vôtre donation en faveur de Mr le B. deWarens de me donner, vers les pâques suivantes, de vos nouvelles, sans que depuis près de dix mois j'en ai receue, ni par écrit, ni verbalement, m'a d'autant plus surpris que je n'ai point cru vous avoir donné occasion au silence mortifiant que vous aves gardé à mon égard.
« Vous m'avés demandé ci-devant, par la susdite lettre, où nous en étions de nos comptes, parce que vous ne vous en ressouveniés pas, et je vous marquai tout bonnement le montant de vos deux billets, sans y comprendre le prix convenu des six derniers vaisseaux de froment que M de Courtilles vient prendre ici, de votre part, dont je n'ai d'autre assurance que celle que je sai que vous les avés bien receu.
« Je me suis imaginé cent fois, depuis lors, qu'une réponse à la votre par laquelle vous souhaittiés savoir où nous en étions de nos intérests communs, ne pourroit pas vous avoir fait aucune peine. J'ai
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donc été dans une véritable perplexité depuis ce tems là, jusque dans ce moment que je viens de recevoir la chère lettre dont vous m'avés honnoré, en datte du 28e du passé, par laquelle vous pensés que je suis le coupable de nôtre silence respectif. Partageons donc, ma très chère sœur, le reproche fraternel et avoués moi, de bonne foy, que je n'ai pas tant tort, ayant sçu que M. de Courtilles a passé plusieurs fois dans notre voisinage, pendant le cours de l'année, sans me donner aucun signe de vie de votre part. Je vous avouerai aussi que si j'avois été informé du temps que vous y avez passée vous même, lors de votre voyage de Thonon, je me serois trouvé malgré vous à votre passage, pour vous rendre les devoirs d'un frère sincère et tout dévoué. Vous n'auriez pu alors me refuser cette satisfaction qu'une amitié de dix-huit doit s'attendre. Cependant je n'ai pas moins pris de part à tout ce qui vous intéressoit, pendant tout ce tems, comme si j'avois receu tous les jours de vos nouvelles.
(( Je me prévaus aussi comme vous, ma très-chère sœur, de l'approche des saintes
.i, pour vous assurer de la sincérité des vœux que je n'ai jamais discontinuée de faire, pour demander au Sauveur naissant que la divine providence daigne toujours vous soutenir du bras de sa sainte protection, dans tous les événements fâcheux que vous essuies, depuis que vous devenue la fille de cette même providence.
(( Je suis plus que persuadé que la longueur d'une cruelle guerre vous met à l'épreuve, par des contretems les plus fâcheux. Jamais la Savoye ne vit tant de misères et d'indigens dont le nombre augmente étrangement. Pourries vous bien croire, ma très chère sœur, qu'aiant bligé, pour soulager mes paroissiens, de leur donner presque tout mon blé à crédit, outre les aumônes extraordinaires faites aux pauvres, je me suis vu réduit à emprunter pour faire mes emplettes de vin, de sorte que si je passe, dans le de pour être à mon aise, c'est en cré-
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dit seulement, mais il faudroit avoir un cœur de marbre pour ne pas sentir les calamités publiques et les nécessités des particuliers qui nous environnent.
(( Soiez donc persuadée, ma très chère sœur, que je fais tant de cas de votre chère amitié que je ne perdrai jamais la moindre occasion de m'en mériter la continuation. Je suis si persuadé, à mon tour, de votre bon cœur à mon égard, que je ne saurais jamais craindre du moindre ralentissement, après les protestations sincères et multipliées que j'en ai receu, en toutes occasions. Je vous assure aussi, ma très chère sœur, avec la même sincérité, du très respectueux et de l'inviolable attachement avec lequel je ne cesserai jamais
d'être
Madame et très chère sœur
Le 17 Xbre 1745
Amitié de 18
Votre très humble et très obéissant serviteur P. Léonard,
Curé de Gruffy-
"P. -S. — Une personne de Thonon me dit il y a quelque tems que vous avies été jusques à Evian incognito sous le nom de la Comtesse de Conzier pour experir (sic) des intérêts de famille sur lesquels vous avies droit et cela outre celui que vous aves acquis sur vos propres biens par la nullité de votre donation cassé au Sénat — Comme j'ai remarqué que vous aves gardé un profond silence sur tous ces faits j'ai bien lieu de craindre que tout ce qu'on a dit à ce sujet Annessy et ailleurs mérite confirmation. Si la chose n'est pas telle l'Evangile vous fournit en cette occasion une vérité qui doit vous consoler, et le discours que fit S1 Pierre à Jésus-Christ quand il Tappella à lui peut aussi y contribuer.
« Mon empressement à être informé de ce qui pouvoit intéresser une bonne amie m'a porté à vous faire cette ouverture.
Wintzcnricd est témoin dans l'acte suivant, passé aux Charmettes, duquel il
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ressort que noble Guillaume Saultier de La Balme et Mme de Warens avaient acheté, conjointement, du marquis de La Roche, des biens, bâtiments, minières et artifices, situés à S' Michel-en-Maurienne, avec privilège d'exploitation. M. de la Balme donne pouvoir à Mrae de Warens d'établir, pour cette exploitation, une compagnie d'actionnaires; il y aura vingt actions de 200 louis d'or. Cet acte est curieux en ce qu'il initie aux conditions d'organisation et de fonctionnement de la fameuse compagnie.
PROCURATION passée par Guillaume Spautier (sic) de La 'Balme seigneur de La Fournache, à la dame baronne de Varens de La Tour du itT X>™ IJ4J.
L'an mille sept cent quarante sept et le premier jour du mois de décembre, au lieu des Charmettes, sur les trois heures après midy, dans la maison de dame françoise Louise Eléonore, fille de feu
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noble Jean-Baptiste de La Tour, épouse de noble Delouis de Varens, native de la ville de Vevey, païs de Vaud, au canton de Berne, habitante au lieu des Charmettes, pardevant moi notaire royal soussigné, et en présence des témoins cy-après nommés, s'est établi et constitué en sa personne, noble Guillaume fils de feu noble Antoine, Spautier de la Balme, seigneur de La Fournache, capitaine au service de Bavière, natif de La Roche, habitant en la ville de S1 Jean de Maurienne, lequel de gré aïant conjointement avec ladite dame baronne de Varens de La Tour, aquis des artifices, bâtiments, minières et autres biens fonds appartenant au seigneur marquis de La Roche, habitant de la ville de Turin, situés et fixés dès la parroisse de S1 Michel en Maurienne, jusques à l'extrémité des frontières du Piémont ; avec le droit et privilège d'y faire fouiller, exploiter, excaver et réduire toutes les minières en dépendantes, de quelles espèces de métaux qu'elles puissent être; auxquels travaux lesdits sieurs aquéreurs voulant
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donner commancement ; c'est pourquoi étant indispensable pour parvenir au but d'y faire travailler avec succès, d'établir une compagnie suffisante d'intéressés d l'assistance et le secours est nécessaire dans des travaux si immenses : ledit noble Guillaume Spautier de LaBalme, instruit de l'expérience, lumières et connaissances de ladite dame baronne de Yarens, icy présente et acceptante l'a fait et constitué sa procuratrice spéciale, en agréant et consentant, pour ce qui le concerne, qu'elle forme et établisse ladite compagnie à son gré, en se conformant, autant que faire se pourra, aux dispositions cy-après : Primo, que la compagnie s'établira et se divisera en vingt-quatre actions dont l'aquisition ne pourra être faite que par des personnes d'un honnête état et d'une probité reconnue. — 20 Que le prix de chaque action ne devra pas être moindre de deux cents louis neufs de France, soit leur valeur, dont la moitié devra être remise sans délai, entre les mains 'du receveur qui sera établi, dans la présente ville, en la personne d'un
marchand des plus accrédités, qui en passera son reçu en forme, en faveur de chaque intéressé et en tiendra un registre particulier dont il donnera notte au teneur de livres qui sera établi par la Compagnie; et les cent livres d'or restans ou leur valeur seront remis entre les mains dudit receveur, six mois après la datte du premier receu, à condition néantmoins qu'en cas qu'il se trouva quelques profits pendant le courant desdits six mois, audit cas, ce qui pourra revenir à chaque intéressé sera imputé et précompté sur le dernier fond. — 3° Que l'on fera fouiller toutes les mines de fer, cuivre, plomb, argent s'il s'en trouve, et autres métaux et minéraux inférieurs, dans toute l'étendue du susdit territoire. — 4° Que les fonds déposités entre les mains du susdit receveur, ne pourront être dépensés que sur des mandats émanés et signés par ladite dame de Varens et par ledit seigneur de La Balme ou à son absence, par le procureur qui sera par lui constitué, lorsque les mandats devront être enregistrés par le teneur de livres. —
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5° Que l'établissement étant ainsi fait, l'on conviendra du lieu et de la personne qui sera dépositaire des métaux provenans des fabriques, lequel s'en chargera, et son chargé sera remis au teneur de livres, pour être mis en liasse et enregistré; et négociera et vendra lesdits métaux, au nom de la Compagnie, au prix qui sera déterminé, et en comptera immédiatement le produit au receveur qui lui en passera son receu, lequel devra être remis au teneur de livre, pour être mis en liasse et enregistré ; prenant soin, si faire se peut, que le receveur puisse, en même tems, faire la négociation des métaux; auquel cas son seul chargé suffira pour être remis au teneur de livre, ce qui est sans aucune conséquence ni adstrution (sic) de remettre tous les dits métaux qu'un intéressé pourra aussi, sur son chargé, négocier au profit de la Compagnie, en tant cependant, que le prix ne sera pas moindre que celui fixé à l'égard du dépositaire. — 6° Que les arrangements et dispositions étans ainsi pris, les intéressés s'assemble-
ront en personne ou par procureur, à la fin de chaque année, pour régler et affiner les comptes en recette et dépense, et fixer les bénéfices qui reviendront à chacun; et finalement que les fonds des intéressés ne pourront être retirés que lorsqu'il constera des comptes que les profits arriveront à l'équivalent des fonds, de façon que les mêmes fonds devront toujours subsister, pendant que la société subsistera, suivan le terme qui sera fixé à ce sujet, et ne pourront être pris que lors de la dissolution de la société, d'un consentement unanime; de façon qu'aucun intéressé ne pourra retirer ses fonds qu'après qu'il constera qu'ils pourront être libres par le moïen des profits. — Eu égard aux grandes dépenses que exigent les commencemens des travaux, et comme cette entreprise peut demander des dispositions ultérieures, et même des contraires, ledit sieur de LaBalme donne pouvoir à ladite dame de Yarens de gérer et diriger le tout à son gré. ce qu'il approuve et ratifie par avance, en se conformant à tout ce qui sera fait,