A 1 55 {Les % / à 3 rayés] — Y W 1. 3ao
— Notes pour la polémique contre les Jésuites et le Pape.
4 121 — Le Pape défend au roi de marier ses enfants sans sa permission ( 1294).
C'est une plaisante chose à considérer ', de ce qu'il y a des gens dans le monde qui. ayant renoncé à toutes les lois de Dieu et de la nature, s'en sont fait eux-mêmes auxquelles ils obéissent exactement, comme, par exemple, les soldats de Mahomet, les voleurs, les2 hérétiques, etc ; et ainsi les logiciens 3. Il semble que leur licence doive être sans aucunes bornes ni barrières 4, voyant qu'ils en ont franchi tant 5 de si justes et de si saintes.
La grandeur de l'homme. — [1] La grandeur de l'homme est si visible, qu'elle se tire 1 même de sa misère. Car, ce qui est nature aux animaux, nous l'appelons misère en l'homme 2: par où nous reconnaissons que, sa 3 nature étant aujourd'hui pareille à celle des animaux, il est déchu d'une meilleure nature, qui lui était propre autrefois.
[1] Car qui se trouve malheureux de n'être pas roi, sinon un roi dépossédé ? Trouvait-on Paul Emile malheureux de n'être plus consul ? Au contraire, tout le monde trouvait qu'il était heureux de l'avoir été. parce que sa condition n'était pas de l'être toujours. Mais on trouvait Persée si malheureux de n'être plus roi, parce que sa condition était de l'être toujours, qu'on trouvait étrange de ce qu'il supportait la vie. ,Cic. Tusc, v, 40, da?is Montaigne, i, 19.] [3] Qui se trouve malheureux de n'avoir qu'une bouche, et qui ne se trouvera malheureux de n'avoir qu'un œil ? On ne s'est peut-être jamais avisé
380. A 1 5y (écrit d'une main étrangère — une petite croix en tête) —
B 410 — C 38- — POR xxxi, 19 — BOS 1, ix, 52 — FAU 1, 186 — HAV vi. 4g - MOL 1, 99.
— ' A1 considérer, qu'il y a. = - A1 de Mahomet, et tous les hérétiques.
:i HAV et MOL : Et ainsi les logiciens = ' A1 aucunes bornes, voyant (ni barrières :
en surcharge). — FAU aucune borne, ni barrière. •"' A1 voyant tant. — HAV.
MOL qu'ils en ont tant franchi.
— Cf Montaigne, m. 9.
381 . A 07 (une petite croix en tète) — B 40 — C 61 — POR xxm, | —
BOS I, iv. 4 — FAU 11. 81 — HAV 1, 4 — MOL 1, 71.
— 1 A1 la grandeur de l'homme se tire (est si visible qu'elle : en surcharge.) z— '-' A1 en l'homme : ce n'est pas ; FAU la nature.
de s'affliger4 de n'avoir pas trois yeux; mais on est inconsolable de n'en point avoir. •
Premier degré : être blâmé en faisant mal, et loue en faisant bien. - Second degré : n'être ni loue ni blâmé.
Prophéties '. — La conversion des Egyptiens (Isaie, xix, 19) : un autel en Egypte au vrai Dieu.
1] L'éternuement absorbe toutes les facultés l de rame, aussi bien que la besogne: mais on n'en tire pas les mêmes conséquences contre la grandeur de l'homme, parce que c'est contre son gré. Et, quoiqu'on se le procure, néanmoins c'est contre son gré qu'on se le procure, ce n'est pas en vue de la chose même : c'est pour une autre fin; et ainsi 2, ce n'est pas une marque de la faiblesse de l'homme et de sa servitude sous cette action.
[2] Il 3 n'est pas honteux à l'homme de succomber sous la douleur ', et il lui est honteux de succomber sous le plaisir. Ce qui ne vient pas de ce que la douleur nous vient d'ailleurs, et que nous recherchons le plaisir: car on peut rechercher la douleur, et y succomber à dessein, sans ce genre de bassesse •''. D'où vient donc qu'il est glorieux à la raison de succomber sous l'effort de la douleur, et qu'il lui est honteux de succomber sous l'effort du plaisir? j3| C'est que ce n'est pas
4 A1 de se fâcher.
3812. - • A 1 57 (d'une main étrangère) — B 3<)| — C 265 — FAU 1. 226 —
IIAV xxv, 125 — MOL i, S7.
383. A ib-j tune petite croix en tète) — B 167 — C 197— FAU II, 273 —
— ' MOL supprime le titre. Il est pourtant dans A.
384. A t5g — B 41 1 — C 387 — FAU 1, ig3 — IIAV xxv, 5 — MOL 1.
[6 1* 1); et 1, (5 (| 2-3).
MOL en fait deux pensées différentes.
— ' FAU les fonctions. ' A1 une autre lin. D'où vient, etc. cf note 3 (el ainsi action : en surcharge). : V D'où vient qu'il n'est pas honteux à ['homme.
1 V succomber sous la plus ■'• A1 de bassesse. C'est que ce n'est pas la
douleur. (D'où vient plaisir : en surcharge, en marge.)
la douleur qui nous tente et nous attire: c"est nous-mêmes qui volontairement la choisissons et voulons la faire dominer sur nous, de sorte que nous sommes maîtres de la chose, et en cela c'est l'homme qui succombe à soi-même : mais, dans le plaisir, c'est l'homme qui succombe au plaisir. Or, il n'y a que la maîtrise et l'empire qui fasse (i la gloire, et que la servitude qui fasse (i la honte.
[ij « Summum jus. summa injuria. » [Ciceron. de off... i, io, dans Charron, I. xxvn, 8.] La pluralité est la meilleure voie, parce qu'elle est visible, et qu'elle a la force pour se faire obéir; cependant c'est l'avis des moins habiles.
2 Si l'on avait pu, l'on aurait mis la force entre les mains de la justice : mais, comme la force ne se laisse pas manier comme on veut, parce que c'est une qualité palpable, au lieu que la justice est une qualité spirituelle dont on dispose comme on veut, on l'a l mise entre les mains de la force: et ainsi on appelle juste ce qu'il est force d'observer. [3] De là vient le droit de l'épée, car l'épée donne un véritable droit : autrement on verrait la violence d'un côté et la justice de l'autre (Fin de la douzième Provinciale). De là vient l'injustice de la Fronde, qui élève sa prétendue justice contre la force. Il n'en est pas de même dans l'Eglise : car il y a une justice véritable et nulle violence.
Histoire de la Chine» — Je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger L Il n'est pas question de voir cela en gros. Je vous dis qu'il y a de quoi aveugler et de quoi éclairer. Par ce mot seul, je ruine tous vos raisonnements 2. — « Mais la Chine obscurcit »,
11 FMI l'ait.
— Cf Montaigne, m, 5.
385. - A i5g (Le i i d'une main étrangère) — B 3a — C 48 — BOS I, ix. 8 — FAU 11, i33 — HAV vi. 7 bis — MOL 1, 101.
— ' FAU on a mis la justice.
386. A 1 59 — B 428 — C 3gg — POR xwiii, 63 — BOS 11. xvn, 50 —
FAU 11, 190 — HAV xxiv. 46 — MOL 1, 181.
— ' A1 égorger. Lequel est le plus capable (MOI. lit coupable) des deux. Moïse ou la Chine ? '-' A1 raisonnements. « Mais la Chine ? » dites-vous (obscurcit : en surcharge.)
— L'Histoire de la Chine du P. Martini venait de paraître en if'ôS (HAV),
dites-vous ; — et je réponds : « La Chine obscurcit, mais il y a clarté à trouver ; cherchez-la. » Ainsi tout ce que vous dites fait à un des desseins, et rien contre l'autre. Ainsi cela sert, et ne nuit pas. Jl faut donc voir cela en détail, il faut mettre papiers sur table.
A P.-R. Grandeur et misère l. — La misère se concluant ' de la grandeur, et la grandeur de la misère, les uns ont conclu la misère, d'autant plus qu'ils en ont pris pour preuve la grandeur : et, les autres •"■ concluant la grandeur avec d'autant plus de force qu'ils l'ont conclue de la misère même, tout ce que les uns ont pu dire pour montrer la grandeur, n'a servi que d'un argument aux autres pour conclure la misère, puisque c'est être d'autant plus misérable qu'on est tombé de plus haut : et les autres !, au contraire. Ils se sont portés les uns sur les autres par un cercle sans fin : étant certain qu'à mesure que les hommes ont de lumière, ils trouvent et grandeur et misère en l'homme. En un mot. l'homme connaît qu'il est misérable : il est donc misérable, puisqu'il l'est; mais il est bien grand, puisqu'il le connaît.
Soumission K i bis II 2 faut avoir Soumission.
ces trois qualités : pyrrhonien, géomètre, cliré- i 11 faut savoir douter tien soumis : et elles s'accordent et se tempèrent, où il faut, assurer où il en doutant ioùz il faut, en assurant où il faut, faut, en se soumettant i en se soumettant où il faut.] où il faut.
[2] Qui ne fait ainsi n'entend pas la force de la raison. 11 y en a qui faillent contre ces trois principes, ou en assurant tout comme
3(S /. A 16] (une petite croix en tête) — B 41") — C ôô — POR xxi, 4 —
BOS II, 1, 4 et 5 - FAU 11, 83 — 1IAV vin, [3 — MOL 1, 65.
1 A' Grandeur et misère. Deux natures. " V se tirant. :i A1 les autres
se servant des preuves. * A1 et les autres se piquant de.
388. A 161 (g i-a) (le $ / bis rayé) — B 81 (§ i-3) — C 107 (§ i-3) —
POR v, 2 - BOS II, vi, 1 -- FAU n. 347 (g 1-2) - HAV xni, 2 (j 1-2) - MOL 11.
' A1 Miscell. Soumission. Mais il faut. " Première rédaction du % /.
■'■ Conjecture de FAU et HAV d'après une correction de B. ' FAU, HAV et se
soumettre où
démonstratif, manque de se connaître en démonstration ; ou en doutant de tout, manque de savoir où il faut se soumettre; ou en se soumettant en tout, manque de savoir où il faut juger.
]3] Pyrrhonien 5, géomètre, chrétien : doute, assurance, soumission.
[i] Dieu a créé tout pour soi ; a donné puissance de peine et de bien pour soi. Vous pouvez l'appliquer à Dieu ou à vous : si à Dieu. l'Evangile est la règle ; si à vous, vous tiendrez la place de Dieu. [2] Comme Dieu est environné de gens pleins de charité, qui lui
demandent les biens de la charité qui sont en sa puissance, ainsi
[3] Connaissez -vous donc, et sachez que vous n'êtes qu'un roi de concupiscence, et prenez les voies de la concupiscence.
Raison des effets. — Epictète [Entretiens, iv, 6]. Ceux qui disent « Vous avez mal à la tête », ce n'est pas de même : on est assuré de la santé, et non pas de la justice; et en effet, la sienne i était une niaiserie. Et cependant, il la croyait démonstrative, en disant : « ou en notre puissance, ou non » ; mais il ne s'apercevait pas qu'il n'est pas en notre pouvoir de régler le cœur, et il avait tort de le conclure, de ce qu'il y avait des chrétiens [Entretiens, iv. 7 .
Les exemples des morts généreuses de Lacédémoniens ' et autres ne nous touchent guère; car qu'est-ce que cela nous apporte? Mais
5 En marge dans B.
389. A 161 — B 412 — C 388 — FAI' 1. 38o — IIAV xxv, 1 iy (§ 2 et 3).
HAV le rattache à la pensée 3g 2 (% 2).
— Cf le IIIe discours sur la condition des grands.