‹ Les Pensées de Pascal, disposées suivant l'ordre du cahier autographeChapitre 194 sur 299 · A 394 — B 40 - C 60 — POK xxiii, 3 — BOS I, iv · texte numérisé non relu

A 394 — B 40 - C 60 — POK xxiii, 3 — BOS I, iv

FAU 11. 82 — HAV 1, 3 — MOL r. 7 1 .

HAV et MOL réunissent cette pensée à la pensée 400.

— ' A1 sa grandeur : et toutes ces grandeurs prouvent

623. A 394 recto (f 1-4); et 41g recto {\ 5-7): et 420 verso {\ 7-1 3).

'Le % 4 d'une main étrangère. — Les deux feuilles ont été séparées quand on les a collées) — B 3o5 — C 527 — POR x. 1 o et 11 et 12. [La première variante a formé une pensée insérée plus tard au chapitre xn) — BOS II, vin. 7 et 8 ; et II. ix. 2

— FAU 11, 241 — HAV xv. 7 (§ i-3 et 5-i 3) : et xv, 7 bis (§ 4) — MOL 1. 25 1 (§ i-3) : et 1, 252 (| 5-i 3 et 4).

Le % 4 est en marge du % 3, dont le sens le rapproche. — HAV en fait une pensée a part. — FAU et MOL le placent après le $ r3.

— ' A1 Ils avaient à entretenir un peuple charnel, et à le rendre dépositaire du Testament spirituel. Il fallait. '-' A1 et fidélité extraordinaire (et zèle : en surcharge/.

— HAV. MOL et connus. J FAU leurs livres.

l'avènement ignominieux et pauvre du Messie, ont été ses plus cruels ennemis. De sorte que voilà le peuple du monde le moins suspect de nous favoriser et le plus exact et zélé l qui se puisse dire pour sa loi et pour ses prophètes qui les porte incorrompus; [4] de sorte que ceux qui ont rejeté et crucifié Jésus-Christ, qui leur a été en scandale, sont ceux qui portent les livres qui témoignent de Lui et qui disent qu'il sera rejeté et en scandale; de sorte qu'ils ont marqué que c'était Lui en Le refusant, et qu'il a été également prouvé et par les justes juifs qui L'ont reçu, et par les injustes qui L'ont rejeté : l'un et l'autre ayant été prédit.

[5J C'est pour cela que les prophéties ont un sens caché 5, le spirituel, dont ce peuple était ennemi, sous le charnel dont il était ami. Si le sens spirituel eut été découvert, ils n'étaient pas capables de l'aimer; et, ne pouvant le porter, ils n'eussent pas eu le zèle pour la conservation de leurs livres, et de leurs cérémonies. Et, s'ils [avaient] ,; aimé ces promesses spirituelles, et qu'ils les eussent conservées incorrompues jusqu'au Messie, leur témoignage n'eût pas eu de force, puisqu'ils en eussent été amis.

[6] Voilà pourquoi il était bon que le sens spirituel fût couvert. Mais, d'un autre côté, si ce sens eut été tellement caché qu'il n'eût point du tout paru, il n'eût pu servir de preuve au Messie. Qu'a-t-il donc été fait? [7J II a été couvert sous le temporel en la foule des passages, et a été découvert si clairement en quelques-uns 7, outre que le temps et l'état du monde ont été prédits si clairement qu'il est plus clair que le soleil, et 8 ce sens spirituel est si clairement explique en quelques endroits qu'il fallut !l un aveuglement pareil à celui que la chair jette dans l'esprit quand il lui est assujéti, pour ne le pas reconnaître.

[8] Voilà donc quelle a été la conduite de Dieu. Ce sens est couvert d'un atitre en une infinité d'endroits, et découvert en quelques-uns, rarement, mais en telle sorte néanmoins que les lieux où il est caché sont équivoques et peuvent convenir aux deux, ati lieu que les lieux où il est découvert sont univoques. et ne peuvent convenir qu'au sens spirituel.

|()| De sorte que cela ne pouvait induire en erreur, et qu'il n'y avait qu'un peuple aussi charnel qui s'y pût méprendre.

1 1 o | Car, quand les biens sont promis en abondance, qui les

1 FAU, HAV exact et le plus zélé. ■ FAU caché et spirituel. ,; A1 et quand

même ils les auraient conservées. — A'-. HAV. MOI. et s'ils auraient (auraient est évidemment une inadvertance : Pascal en modifiant sa première leçon, a oublié de

rétablir les temps nécessaires. '• A' si clairement qu'il n'est point s IIAV,

MOL soleil ; ce sens. " FAU fallait.

— 3oo —

empêchait d'entendre les véritables biens, sinon leur cupidité, qui déterminait ce sens aux biens de la terre ? Mais ceux qui n'avaient de bien 10 qu'en Dieu les rapportaient uniquement à Dieu. Car il y a deux principes qui partagent les volontés des hommes, la cupidité et la charité n. Ce n'est pas que la cupidité ne puisse être avec la foi en Dieu, et que la charité ne soit avec les 12 biens de la terre. Mais la cupidité use de Dieu et jouit du monde : et la charité, au contraire.

[11] Or, la dernière fin est ce qui donne le nom aux choses. Tout ce qui nous empêche d'y arriver est appelé ennemi. Ainsi les créatures, quoique bonnes, sont ennemies des justes, quand elles les détournent de Dieu; et Dieu même est l'ennemi de ceux dont il trouble la convoitise.

[12] Ainsi, le mot d'ennemi dépendant de la dernière fin, les justes entendaient par là leurs passions, et les charnels 13 entendaient les Babyloniens : et ainsi ces termes n'étaient obscurs que pour les injustes. [i3] Et c'est ce que dit Isaïe : « Signa legem in electis meis. » [vin, 16J, et que Jésus-Christ sera « pierre de scandale » [vin, 14]. Mais « bienheureux ceux qui ne seront point scandalisés en lui ! » [Matth, xi, 6.] Osée11 (ult. [xiv, 10]) ledit parfaitement « Où est le sage? et il entendra ce que je dis. Les justes l'entendront, car les voies de Dieu sont droites : mais les méchants y trébucheront. »

Pensées K — Tout est un, tout est divers. Que de natures en celle de l'homme! que de vocations] Fvtjpaf quel hasard chacun prend d'ordinaire ce quTl a ouï estimer 2 (talon bien tourné) !

[1] Qu'ape^-J'ous gagné en nï accusant de railler des choses saintes? Vous ne gag?iere$ pas plus en ni' accusant d imposture.

10 FAU de biens. = n A1 la charité. La cupidité use (Ce n'est pas terre. Mais :

en surcharge, en marge). - '- A1 ne soit unie aux biens de la terre. n A1 et

les Juifs entendaient. - " La fin en surcharge, en marge.

624. - A 394 — B 48 — C 68 - FAU n. 55 — HAV xxv, 80 bis — MOL 1, 86.

— ' B Pensées : Métiers. — Tout est. - B ce qu'il a le moins étudié.

625. A recto et verso 397 (§ 1-1 1) : et 3g8 (§1 1 i-3o). (Les §§ /, 2, g, lu

et 11 >-ayés) — FAU 1. 3o5 — HAV Pro 298 (§ 7): et 299 (% i3-i4, 16-19. 3o-3i) MOL Pro 1 1 4.

Supprimée en partie par HAV,

— 3oi —

[2] Je n'ai pas tout dit. j>oms le verrez bien.

[3] Je ne suis point hérétique; je n'ai point soutenu les cinq propositions. Vous le dites et ne le prouvez pas. Je dis que vous avez dit

cela et je le prouve. — « Ex 1 senatus-consultis et plebiscitis » [Sen..

Ep., xv, 3]. Demander des passages pareils.

[4] Vous me menacez ?

[5] Je vous dis que vous êtes des imposteurs, je vous le prouve, et que vous ne le cachez pas, et que vous l'autorisez insolemment (Brisacier, M[ey]nier -. d'Alby). Quand vous croyiez M. Puys ennemi de la Société, il était indigne pasteur de son église, ignorant, hérétique, de mauvaise foi et mœurs. Depuis, il est digne pasteur, de bonne foi et mœurs.

[6] Puisque vous n'avez touché que cela, c'est approuver tout le reste.

[7] Calomnier. « haec est magna caecitas cordis »: n'en pas voir le mal. « haec est major caecitas cordis »: le défendre au lieu de s'en confesser comme d'un péché. « haec tune hominem concludit profunditas iniquitatis, etc. » lu, 3o, Prosperi.

[8] Les grands seigneurs se divisent dans les guerres civiles, et ainsi vous, dans la guerre civile des hommes.

[9] Je veux vous le dire à vous-mêmes, afin que cela ait plus de force.

[10] Ceux qui examinent les livres, je suis sûr de leur approbation. Mais ceux qui ne lisent que les titres (et ceux-là sont le plus grand nombre), ceux-là pourraient croire sur votre parole, ne supposant pas que des religieux fussent des imposteurs

[1 1] Ce n'est pas que je ne voie combien vous êtes embarrasses : car. si vous vouliez vous dédire, cela serait fini, mais, etc.

[12] Les saints subtilisent pour se trouver criminels et accusent leurs meilleures actions: et ceux-ci subtilisent pour excuser les plus méchantes.

1 1 3 J Un bâtiment beau par dehors, mais sur un mauvais fondement, les païens sages le bâtissaient; et le diable trompe les hommes, par cette ressemblance apparente, fondée sur le fondement le plus différent.

I14I Jamais homme n'a eu si bonne cause que moi. et jamais d'autres n'ont donné si belle prise que vous.

| i5| Les gens du monde ne croient pas être dans les bonnes voies.

1 / afin du l en marge, supprimée par MOL. '- A. I AI , MOL Minier. — Cf pour le $ 5 les Provinciales xv et xvr et la note Je Molinier, /. //, p. 341 pour le % 20 la Provinciale XVII, pour le \ 24 la Provinciale xv.

[16] Ne prétendez pas que ceci se passe en dispute : on fera imprimer vos ouvrages entiers et en français, et on en fera tout le monde juge.

[17] Je prie qu'on me fasse la justice de ne plus les croire sur leur parole.

[18] Plus ils marquent de faiblesse en ma personne, plus ils autorisent ma cause.

[19] Vous dites que je suis hérétique. Cela est-il permis? et si vous ne craignez pas que les hommes ne rendent justice, ne craignez-vous pas que Dieu ne la rende?

[20] Vous sentirez la force de la vérité, et vous lui céderez.

[21] 11 faudrait obliger le monde à vous croire, sous peine de péché mortel.

[22] C'est péché de croire témérairement les médisances : « Non credebitur temere calumniatori » (S1 Aug.i. « Fecitque cadendo undique me cadere » par la maxime de la médisance.

[23] Il y a quelque chose de surnaturel, en un tel aveuglement. « Digna nécessitas » [Sapient., xix, 4].

[24] « Mentiris impudentissime. »

[25] 23o. Extrême péché est de le défendre. Elidere.

[26] 340. 23. L'heur des méchants.

[27] « Doctrina sua noscitur vir » [Prov.. xii, 8j.

[28] 66. « Labor mendacii » [Auc, Enarratio ad Psalm. cxxxix].

[29] Fausse piété, double péché.

[3o] Je suis seul contre trente mille? Point. Gardez, vous la cour, vous l'imposture: moi, la vérité : c'est toute ma force ; si je la perds, je suis perdu. Je ne manquerai pas d'accusations et de persécutions; mais j'ai la vérité, et nous verrons qui l'emportera.

[3i] Je ne mérite pas de défendre la religion, mais vous ne méritez pas de défendre l'erreur et l'injustice. Que Dieu par sa miséricorde, n'ayant pas égard au mal qui est en moi, et ayant égard au bien qui est en vous, nous fasse à tous la grâce que la vérité ne succombe pas entre mes mains, et que le mensonge ne

Vous ignorez les prophéties, si vous ne savez que tout cela doit 626. A 397 — FAU 1, 327 — HAV Pro 3oa — MOL 11, 98.

arriver: princes, prophètes, pape1, et même les prêtres; et néanmoins l'Eglise doit subsister. Par la grâce de Dieu, nous n'en sommes pas là. Malheur à ces prêtres! mais nous espérons que Dieu nous fera la miséricorde que nous n'en serons point.

[II 2 Ep.] S1 Pierre, ch. 2 : faux prophètes passés3, image des futurs.

Que 1 la noblesse est un grand avantage, qui, dès dix-huit ans, met un homme en passe, connu et respecté, comme un autre pourrait avoir mérité à cinquante ans! C'est trente ans gagnés sans peine.

1 1] La piété est différente de la superstition : soutenir la piété jusqu'à la superstition, c'est la détruire. Les hérétiques nous reprochent cette soumission superstitieuse : c'est faire ce qu'ils nous reprochent1

[2] Impiété: de ne pas croire l'Eucharistie sur ce qu'on2 ne la voit pas.

|3] Superstition 3 : de croire des propositions.

[4] Foi etc.

— ' A1 Pape, prêtres. — 2 A parle par erreur 1, Lpître. :ï A1 faux prophètes, image (passés : en surcharge/.

— Pascal estime que le Pape et les prêtres non Jansénistes trahissent la vérité. Il veut montrer que cela n'entraîne pas la ruine de l'Eglise et que de te/les trahisons étaient prédites.

627. — A 397 — B 36 bis — C 56 — POR xxix. 7 — BOS I. vra, 16 - FAU 1, 184 — HAV v, i5 — MOL 1, io3.

— ' FAU : C'est un grand avantage que la qualité, qui. dès dix-huit ou vingt ans, met.

628. - - A 398 -- B 83 — C 110 — BOS II. vr, 3 - FAU n, 34o (| [);

et 11, 347 (| 2-41 — HAV xiu, 5 (| 1 1 : et xxv, 1 83 (§ 2-4) — MOL 11. 5q (§ 0 : et 11. 17 (| 2); et n, 125 (| 3-4).

FAU, HAV, MOL fort t de ces lignes plusieurs pensées différentes, a tort, selon moi. Pascal définit successivement la piété par opposition à la superstition et à l'impiété : il donne un exemple d'impiété, un de superstition, et se proposait sans doute dans la dernière ligne d'y opposer un exemple de vraie foi.

— ' B2 reprochent, que d'exiger cette soumission dans les choses qui ne sont pas matière de soumission (addition de Nicole). '-' B- sur ce qu'on n'y voit Jésus- Christ : car on ne le doit point voir, quoiqu'il y soit (addition de Nicole). ' B2 C'est superstition de croire que des propositions sont dans un livre, quoique on ne les y voie pas 1 parce qu'on doit les y voir, si elles y sont : addition de Sicole).

[i] Que Jésus-Christ serait petit en Son commencement et

croîtrait ensuite : la petite pierre de Daniel [n, 35] l.

[2] Si je n'avais ouï parler en aucune manière de2 Messie, néanmoins, après les prédictions si admirables de l'ordre du monde que je vois accomplies, je vois que cela est divin ; et si je savais que ces mêmes livres prédissent un Messie, je m'assurerait qu'il serait venu; et, voyant qu'ils mettent son temps avant3 la destruction du deuxième temple, je dirais qu'il serait venu.

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