Perpétuité. — Molina : nouveauté
S02. [i] Si le diable favorisait la doctrine qui le détruit,
il serait divisé, comme disait Jésus-Christ. Si Dieu favorisait la doctrine qui détruit l'Eglise, il serait divisé : « Omne regnum divisum, etc. •» [Luc, xi, 17]. [2] Car Jésus-Christ agissait contre le diable et détruisait son empire sur les cœurs, dont l'exorcisme est la figuration l, pour établir
le royaume de Dieu. Et ainsi, Il ajoute : « In digito Dei, etc regnum
Dci ad vos » [Luc, xi. 20".
803. — « Quand le fort armé possède son bien L ce qu'il possède est en paix » [Luc, xi, 21].
La l vraie religion doit avoir pour marque d'obliger à aimer son
- FAU preuves.
800. A 453 (au dessous de 798) — B 459 — C 25; — FAU 1. 325 —
MOL ir, 123.
801. A 453 (à droite de 800) — B 458 — C -ib-j — FAU 1, 283 -
MOL n. 95.
80.2. A 453 (Les deux %\ a côté l'un de l'autre. Le premier écrit d'abord
au crayon) — B 459 — C 257 — BOS II. xvi, 10 — FAU 11, 328 — HAV \\v. 1 7g
- MOL ir, 86.
— ' FAU figure. — « Dont » signifie « ce dont ».
— Le texte de saint Luc, cité de mémoire, n'est pas tout à fait exact.
803. - - A 453 (à droite de 802) — FAU n. 1 34 — MOL n, 1 53.
— ' A1 possède son bien, son bien est.
804. A 455 — B 108 - C 1 34 — POR ri. 1 - BOS II. iv. 1 — FAU 11,
144 — HAV xi. 1 — MOL u 279.
— ' A1 La plus
Dieu. Cela est bien juste. Et cependant aucune2 ne l'a ordonné: - - la nôtre l'a fait. Elle doit encore avoir connu la concupiscence et l'impuissance: -- la nôtre l'a fait. Elle doit y avoir apporté les remèdes 3; -- l'un est la prière. Nulle 4 religion n'a demandé à Dieu de l'aimer et de le suivre.
805. i i En montrant la vérité, on la fait croire: mais, en montrant l'injustice des ministres, on ne la corrige pas. On assure la conscience en montrant la fausseté : on n'assure pas la bourse en montrant l'injustice.
[2] Les miracles et la vérité sont nécessaires, à cause qu'il faut convaincre l'homme entier, en corps et en âme.
806. La charité n'est pas un précepte figuratif. Dire que Jésus-Christ, qui est venu ôter les figures pour mettre la vérité, ne serait l venu que mettre la figure de la charité, pour ôter la réalité qui était auparavant, cela est horrible. « Si la lumière est ténèbres, que seront les ténèbres?» [Matth., vi, 23.]
Contestation. — [1] Abel. — Caïn : Moïse. — Magiciens: Elic. faux prophètes; Jérémie. — Ananias; Michée, — faux prophètes: Jksis- Christ. — pharisiens 1; saint Paul, — Barjésu : apôtres. — exorcistes; les
2 FAU aucune autre que la nôtre ne l'a. ;! A1 remèdes ; la nôtre l'a t'ait : les
couvents des religieuses, cette facilité de pénitence (Philon Juif). = l Cette phrase en marge.
805"806. Sur la même feuille. A 4.55 {recto).
805. A 45 5 - B 44() — C 247 — l'Ali ir, 22 3 - IIAV xxv. 14S — MOL n. 1 [2.
806. - A 455 - B 44Q - C 247 — POR xxvin. 5o — BOS 11, wu. 45 — FAU 11. 382 - IIAV x\iv. 35 - MOL 1. 264.
— ' FAU, IIAV soit.
807. A 455 — 15 453 — C 2.S2 — POR xxvii. S - BOS 11, xvi, 5 - FAU n, 224 — HAV xxiii. 1 ( — MOL 11. Si.
1 A' faux prophètes : saint Paul (Jésus-Christ, pharisiens était d'abord place après exon istes).
chrétiens. — et les infidèles: les catholiques-. - les hérétiques: F.lie. Enoch, — Antéchrist.
2 Toujours le vrai prévaut en miracles. Les deux croix :i.
[il S'il y a un seul principe de tout, une seule fin de tout : tout par lui, tout pour lui. Il faut donc que la vraie religion nous enseigne à n'adorer que lui et à n'aimer que lui. Mais comme nous nous trouvons dans l'impuissance d'adorer1 ce que nous ne connaissons pas, et d'aimer autre chose que nous, il faut que la religion, qui instruit de ces devoirs, nous instruise aussi de ces impuissances, et qu'elle nous apprenne aussi les remèdes. Ellle nous apprend que, par un homme, tout a été perdu et la liaison rompue entre Dieu et nous, et que, par un homme, la liaison est réparée.
2 Nous naissons si contraires à cet amour de Dieu, et il est si nécessaire, qu'il faut que nous naissions coupables, ou Dieu serait injuste.
Contre Mahomet. — L'Alcoran n'est pas plus de Mahomet, que l'Evangile, de saint Matthieu, car il est cité de plusieurs auteurs de siècle en siècle. "Les ennemis mêmes, Celse et Porphyre, ne l'ont jamais désavoué 1. L'Alcoran dit que saint Matthieu était homme de bien. Donc il 2 était faux prophète, ou en appelant gens de bien des méchants, ou en ne demeurant pas d'accord de ce qu'ils ont dit de Jésus-Christ.
- A1 les chrétiens. = :1 POR les trois croix (c'est-à-dire celle de Jésus-Christ et celles des deux larrons).
— Dans toutes ces contestations, c'est le miracle qui a montré la vérité. Cf la pensée 821 ., § /.
808. - - A 457 — B io3 — C i3o - POR in. 1 — BOS II, v, 1 - FAU a, 144 — HAV xii, 6 — MOL 1. 280.
— ] A1 d'adorer et d'aimer.
809. A 457 — B io3 — C i3o - POR xvii. 5 — BOS II. xn. 9- FAU 11, ^7 — HAV xix. 9 bis — MOL 1. 179.
— ' A1 désavoué. Or PAlcoran ' HAV, FAU Donc Mahomet.
Nous dirions plutôt, en retournant la phrase, « l'Evangile de saint Matthieu n'est pas moins de saint Matthieu, que l'Alcoran n'est de Mahomet », ou « n'est pas moins authentique que l'Alcoran ».
Différence entre Jésus-Christ et Mahomet. — Mahomet, non prédit, — Jésis-Christ, prédit. Mahomet1, en tuant. — Jésus-Christ, en faisant tuer les siens. Mahomet en défendant de lire \dans Montaigne, ii. i 2 , — les apôtres en ordonnant de lire [ST Paul, Tim., iv, i3]. Enfin cela est si contraire que 2, si Mahomet a pris la voie de réussir humainement. Jésus-Christ a pris celle de périr humainement, et, qu'au lieu de conclure que, puisque Mahomet a réussi. Jésus-Christ a bien pu réussir, il faut dire que, puisque Mahomet a réussi. Jésus-Christ3 devait périr.
[1] 11 v a des figures ' claires et démonstratives; mais il v en a d'autres qui semblent un peu tirées par les cheveux, et qui ne prouvent qu'à ceux qui sont persuadés d'ailleurs. Celles-là sont semblables aux apocalyptiques. Mais la différence qu'il y a est2 qu'ils n'en ont point d'indubitables. Tellement qu'il n'y a rien de si injuste que quand ils montrent que les leurs sont aussi bien fondées que quelques-unes des nôtres: car ils n'en ont pas de démonstratives comme quelques-unes des nôtres. [2] La partie n'est donc pas égale. Il ne faut pas égaler et confondre ces choses parce qu'elles semblent être semblables par un bout, étant si différentes par l'autre. Ce sont les clartés qui méritent, quand elles sont divines 3, qu'on révère les obscurités.
[3] C'est comme ceux entre lesquels il y a un certain langage obscur : ceux qui n'entendraient pas cela n'y comprendraient qu'un sot sens.
(S 10. A 467 et 457 (écrite sur une feuille postérieurement coupée et
dont les fragments mit été séparés) — B 107 — C [33 — POR wn, 7 — BOS II. XII, 10 — FAU 11. 336 - I1AV m\, 10 bis — MOL 1. 178.
— ' A1 Mahomet pour avoir... - A' si contraire, qu'au lieu de conclure... :i IV- le christianisme devait pt;rir.
811. -A 459 (Je % 3 ravé} - B 109 — C 1 34 — POR \n. 1 - BOS II, \, 1 FAU 11. 24S - HAV xvi, 1 [% 1-2) — MOL 1, 256 (§ 1-2): et r. ->yi (§ 3). MOL sépare du reste de la pensée te t .'>'. qui pourtant s'y rapporte évidemment. HAV le supprime.
— ' A1 des figures qui semblent claires. ' MOI. a. c'est. ;; A' méritent qu'on révère (quand divines : en surcharge'.
— « Ils » ce sont ceux qui interprètent les prophéties et les figures d'après leur sens propre. Cf la pensée 3o3,
[i] Jésus-Christ a vérifié qu'il était le Messie1, jamais en vérifiant Sa doctrine sur l'Ecriture et les prophéties, et toujours par Ses miracles. Il prouve qu'il remet les péchés par un miracle [Marc, ii, 10 .
2 « Ne vous éjouissez pas de vos miracles, dit Jésus-Christ, mais de ce que vos noms sont écrits aux cieux » [Luc, x, 20].
3 S'ils ne croient point Moïse, ils ne croiront point - un ressuscité.
4 Nicodème reconnaît, par Ses miracles, que Sa doctrine est de Dieu : « Scimus quia venisti a Deo magister: nemo enim potcst facere qua.1 Tu facis, nisi fuerit Deus cum illo » [Jean, iii, 2]. 11 ne juge pas des miracles par la doctrine, mais de la doctrine par les miracles 3.
[5] Les juifs avaient une doctrine de Dieu, comme nous en avons une de Jésus-Christ, et confirmée par miracles, et défense de croire à tous faiseurs de miracles 4, et, de plus, ordre de recourir aux grandsprêtres et de s'en tenir à eux [Deut., xvii, 12^. Et ainsi, toutes les raisons que nous avons 5 pour refuser de croire les faiseurs de miracles, ils les avaient à l'égard de leurs prophètes. Et cependant, ils étaient très coupables de refuser les prophètes, à cause de leurs miracles 6, et Jésus-Christ, et n'eussent pas été coupables s'ils n'eussent point vu les miracles : « Nisi
fecissem peccatum non haberent » [Jean, xv, 24]. Donc toute la7
créance est sur les miracles.
[6] La prophétie n'est point appelée miracle : comme 8, saint Jean parle du premier miracle en Cana, et puis de ce que Jésus-Christ dit à
812. - -A 459 (une petite croix en tètei — B 44S — C 245 — POR xxvu. 5 et 7 — BOS II. xvi, 3 et 4 — FAU a, 226 — HAV xxin, 8 (f 1. 4); et xxui. 5 (| 5): et xxiii, 5 bis (§ 6) — MOL 11, 74 (§ 1 à 4) ; et 1, 265 (§ 5): et 11, 74 (§ 6). HAV supprime les %| 2 et 3, et une partie du % 6. — HAV et MOL en font plusieurs pensées différentes. Il me semble pourtant qu'il n'y en a qu'une, qui pourrait avoir pour titre : Des miracles de Jésus-Christ.
— ' A1 le Messie, une fois seulement par Sa doctrine et cent fois par Ses miracles. ■ — — - FAU ils ne croiront point. Nicodème. :l POR, BOS miracles. Ainsi.
quand même la doctrine serait suspecte, comme celle de Jésus-Christ pouvait l'être à Nicodème, à cause qu'elle semblait détruire les traditions des pharisiens, s'il y a des miracles clairs et évidents du même côté, il faut que l'évidence du miracle l'emporte sur ce qu'il pourrait y avoir de difficulté de la part de la doctrine : ce qui est fondé sur ce principe immobile que Dieu ne peut induire en erreur. Les
Juifs avaient. : 4 A1 de miracles. Lt ainsi toutes (et de plus à eux : en
surcharge). s A1 les raisons qu'ils avaient pour refuser. G HAV. MOL de
leurs miracles; et n'eussent. 7 MOL toute créance. s HAV supprime toute
cette fin. — Comme signifie ici « par exemple », de là la virgule qui le suit.
la Samaritaine qui découvre toute sa vie cachée, et puis guérit le fils d'un sergent, et saint Jean appelle cela « le deuxième signe » iv, 54].
813 Notre ' religion est sage et folle : sage, parce qu'elle
est la plus savante et la plus fondée en miracles, prophéties, etc. : folle. parce que ce n'est point tout cela qui fait qu'on en est. Cela fait bien '-' condamner ceux qui n'en sont pas. mais non pas croire ceux qui en sont : ce qui les fait croire, c'est la croix « ne evacuata sit crux » : I Cou., 1, 17J. Et ainsi saint Paul, qui est venu en sagesse et en signes, dit qu'il n'est venu ni en sagesse ni en signes [1 Cor.. 11, 1 : car il venait pour convertir. Mais ceux qui ne viennent que pour convaincre peuvent dire qu'ils viennent en sagesse et en signes.
814. Il y a bien de la différence entre n'être pas pour Jksis-Christ et le dire, ou n'être pas pour Jésus-Christ et feindre d'en être. Les uns peuvent faire des miracles, non les autres: car il est clair des uns qu'ils sont contre la vérité, non des autres : et ainsi les miracles sont plus clairs.
815. C'est une chose si visible, qu'il faut aimer un seul Dieu, qu'il ne faut pas de miracles pour le prouver.
816. Bel état de l'Eglise, quand elle n'est plus soutenue que de Dieu !
813"816. — — Ecrites a la suite sur une même feuille, A 461 [recto) — l'Ai! en fait deux pensées : 1" 81 3 — ■>" 814 et 8 1 5 et 8 1 6 — I1AV et MOL trois . 1" SrJ — 2" H 1 4. — 3° 8i5 et 816. — // me semble qu'il y a là quatre pensées bien distinctes, qui d'ailleurs se rapportent toutes quatre à la polémique contre les ennemis de Port-Royal, à propos du miracle de la Sainte- Epine.
<St3. — A 461 -■ B 445 - C 242 — FAlT il. 353 — HAV xxv. 5o — MOL 1, 2X7.
— ' A1 pourquoi notre religion est-elle - A1 cela ne fait bien.
814. — A 461 — B 460 — C 243 — POK xxviii. S - BOS II. wi. 5 — FAU 11. 353 — HAV \xiii. 12 — MOL 11. <S4.
815. A461 - H 445 - C 243 - FAU 11, 353 - HAV xxv. 184 — MOI. 11. 42.
S 16, A 401 —15 445- C24J — FAU 11, 353 — HAV xxv. 184 — MOL u. 42.
817. [i] Dans le Vieux Testament, quand on vous détournera de Dieu, dans le Nouveau, quand on vous détournera de Jésus-Christ, voilà les occasions d'exclusion à la foi des miracles, marquées. Il ne faut pas y donner d'autres exclusions.
2] S'ensuit-il de là, qu'ils avaient x droit d'exclure tous les prophètes qui leur sont venus? Non 2. Ils eussent péché en n'excluant pas ceux qui niaient Dieu, et eussent 3 péché d'exclure ceux qui ne niaient pas Dieu '.
[3] D'abord donc 5 qu'on voit un miracle, il faut, ou se soumettre. ou avoir d'étranges marques du contraire. Il faut voir s'il nie G un Dieu, ou Jésus-Christ ou l'Eglise.
818. — Reprocher à Miton de ne pas se remuer. Quand Dieu le 2 reprochera
819. [1] Jérémie, xxiii, 32. « Les miracles » des faux prophètes; en l'hébreu et Vatable, il y a les «légèretés».
817"818. Sur la même feuille, A 461 (rect<>\.
817. A 461 — B451 — C 249 - POR xxvii. 3 — BOS II. xvi, 2 — FAU 11. 224 — HAV xxiii, 2 — MOL 11, 79.
— 1 FAU auraient. -' A1 Non. car 3 FAU, HAV et aussi péché. -
4 A1 Dieu et par là ils 5 Donc : en surcharge. = ,; FAU s'ils nient ou un.
818. A 461 — B 45 1 — C 25o — FAU 11, 225 note — HAV xxv, 92 ter — MOL 1. 16.
— • HAV et MOL ponctuent remuer (virgule) reprochera (peint). Je ne l'ois pas alors le sens de la phrase. Il me semble qu'il faut entendre : Quand Dieu le reprochera, il sera trop tard pour qu'il se corrige (ou une phrase analogue). = '-' FAU te reprochera.
819"820i - - A la suite, sur la même feuille, A 463 (recto). — FAU les
réunit en une. Quoique toutes deux aient trait au même sujet, il me semble pourtant qu'il y a lieu de les séparer : l'une est une sorte d'étude critique sur le sens du mot miracle dans l'Ecriture et les prophètes, l'autre contient une polémique bien plus directe contre les Jésuites.