‹ Les Pensées de Pascal, disposées suivant l'ordre du cahier autographeChapitre 73 sur 299 · Cœur · texte numérisé non relu

Cœur

Instinct ~~~^__

Principes - "

Le dernier acte est sanglant, quelque belle que soit la comédie en tout le reste : on jette enfin de la terre sur la tète et en voilà pour jamais K

Les athées doivent dire des choses parfaitement claires : or. il n'est point parfaitement clair que l'âme soit matérielle.

Plaindre les athées qui cherchent (car, ne sont-ils pas assez malheureux * ?) : invectiver contre ceux qui en font vanité.

3. — [il L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature,

— 1 A1 s'il est sûr. = 2 A1 mais incertain.

[70 A 63 (Le papier a été déchiré, et la figure est coupée. Il me semble

que ces trois mots étaient reliés à un quatrième par un dessin semblable à celui de la pensée 2g5.i — B 78 — FAU 11, i73-

171. A. 63 — B 80 — C io5 - POR xxix, 44 - BOS II, xvn. 69 - FAtj T. 214— HAV xxiv. 58 — MOL 1, 1 14.

— * A1 pour l'éternité.

172. A 63 — B 79 - C 104 - POR xxvm, 19 - BOS 11. xvu. 19 - FAT 1. 221 — HAV xxiv. 98 — MOL 1, 172.

173 . A 63 B.78 — C 104 - FAU 11. 19 - MOL n. 61. 1 Car malheureux : en surcharge.

174. A 63 (1 1) - B [00 (| 1-2) -C 129 (| 1-2) - POR xxiii. 6 -

mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'Univers entier s'arme pour l'écraser : une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l'Univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que l'Univers a sur lui 1; l'Univers n'en sait rien.

[2] Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C'est de là qu'il faut nous relever, non de l'espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser, voilà le principe de la morale.

Si on doit donner huit jours de sa vie, on doit donner cent ans.

Entre nous, et l'enfer ou le ciel, il n'y a que la vie entre deux, qui est la chose du monde la plus fragile.

« Consolez-vous : ce n'est pas de vous que vous devez l'attendre, mais au contraire, en n'attendant rien de vous, que vous devez l'attendre. »

Que me promettez-vous enfin l (car dix ans c'est le parti), sinon dix ans d'amour-propre, à bien essayer de plaire, sans y réussir, outre les peines a certaines ?

BOS I, iv, 6 — FAU 11, 84 — HAV 1. 6 — MOL 1. 70 (en deux pensées qui se suivent. Le % 2 n'est pas dans A. // me parait bien se rattacher au 1 /.

— ' FAU ponctue meurt (point virgule) sur lui {virgule).

175. - A 63 (d'une main étrangère) — B 78 — C 104 — FAI' n, 276.

176- A 63 — B 77 — C io3 — POR r, 1 — FAU n. 18 — HAV ix, 3 —

MOL r. 1 6.

177. V 63 -- B 101 - C 129 - FAU 11. 343 — HAV xxv, 2oq. 4. —

MOI. n. 34.

1 /(S- A 63 (d'une main étrangère) — B 78 — C io3 — FAU 11. 174

HAV xxv. 92 - MOL 1. 1.S4.

1 A1 que me promettez-vous enfin sinon dix ans (car dix ans c'est le parti : en surcharge et très visiblement après enfin. FAI, HAV, MOI. placent cette surcharge à la fin de la pensée), " FAU outre les peines-

Nous sommes plaisants de nous reposer dans la société de nos semblables. Misérables comme nous, impuissants comme nous, ils ne nous aideront pas : on mourra seul ; il faut donc faire comme si on était seul 1 : et alors, bâtirait-on des maisons superbes, etc. ? On chercherait la vérité sans hésiter: et si on le refuse, on témoigne estimer plus l'estime des hommes, que la recherche de la vérité.

Par les partis, vous devez vous mettre en peine de rechercher la vérité : car si vous mourez sans adorer le vrai principe, vous êtes perdu. — « Mais, dites-vous, s'il avait voulu que je l'adorasse, il m'aurait laissé des signes de sa volonté. » — Aussi a-t-il fait ; mais vous les négligez. Cherchez-les1 donc; cela le vaut bien.

Si c'est un aveuglement surnaturel de vivre sans chercher ce qu'on est. c'en est un terrible 1 de vivre mal, en croyant Dieu.

La sensibilité de l'homme aux petites choses et Hnsensibilité pour\ les grandes chosesy marque d'un étrange reirversemeny

179. A 63 — B 77 — C io3 — POR vin, i - FAU n, 19 — HAY xiv. 1 —

— ' A1 seul : et si on le refuse (et alors hésiter : en surcharge).

180. A 65 — B 78 — C 104 — POR xxviii, 18 — BOS II. xvn, 19 —

FAU 11, 173 — HAV xxiv. 17 — MOL 1. i5 3.

1 A1 Trouvez-les donc.

181. A 65 - B 35g - C 3 1 6 - POR ix. 9 - BOS II, xvn. 68 - FAU 1, 226 11 A Y xxiv, 57 bis — MOL 1. 16.

— ' A1 horrible.

182. A 65 B 36 1 - C 3 18 - POR 1, 1 - FAU n, 19 — MOL I, 16.

183. Conduite 1 générale du monde envers l'Eglise : Dieu voulant aveugler et éclairer. — L'événement 2 ayant prouvé la divinité de ces prophéties \ le reste doit en être cru. Et, par là, nous voyons l'ordre du monde en cette sorte : les miracles de la création et du déluge s'oubliant, Dieu 4 envoie la loi et les miracles de Moïse, les prophètes qui prophétisent des choses particulières : et, pour préparer un miracle subsistant, il prépare des prophéties et l'accomplissement ; mais les prophéties pouvant être suspectes, il veut les rendre non suspectes, etc.

184. Si l'on ne se connaît plein de superbe, d'ambition, de concupiscence, de faiblesse, de misère et d'injustice, on est bien aveugle: et si, en le connaissant l, on ne désire d'en être délivré, que

peut-on dire d'un homme 2 ? Que peut-on donc avoir, que de l'estime

pour une religion qui connaît si bien les défauts de l'homme, et que du désir pour la vérité d'une religion qui y promet des remèdes si souhaitables :î ?

Inconstance. — On croit toucher des orgues ordinaires, en touchant l'homme. Ce sont des orgues, à la vérité L mais bizarres, changeantes, variables. Ceux qui ne savent toucher que les ordinaires ne feront pas d'accords sur celles-là. Il faut savoir où sont les [touches - .

183" 184. Sur une même feuille A 65 irectoi.

1 83. A 65 — B 349 — C 3o3 — FAU ti, 296 - MOL 1, 3 11.

— ] A1 Ordre général. - A1 Ces prophéties ayant. :i Une ligne rayée. 1 A1 Dieu propare un miracle subsistant.

184. - A 65 — B 35o — C 3o] - POR 11, [3 — BOS II. tv 1 1 — FAU 11. 17 — IIAV xi. 1 1 — MOL 1. 2X5.

- ' A1 et si on le connaît, et qu'on. - POU homme [si peu raisonnable,.

'■'■ A1 de si heureux remèdes.

185. A 65 — B i5 — C 33 — FAU 1, 191 — IIAV xxv, 1 18 — MOL 1. 38.

— ' A1 à la vérité, mais dont les tuyaux ne se suivent pas par degré conjoints. Ceux, etc. Celle première leçon a été rayée et bizarres, changeantes, variables supplée entre les lignes. — FAU mais bizarres, changeantes, variables, ne faisant pas d'accords. Sur celles-là il. — MOL mais bizarres, changeantes, variables, dont les tuyaux ne se suivent pas par degrés conjoints. Ceux. ' A. FAU, MOI. les IIAV les [tuyaux].

Il rfest pas bon d'être trop libre ; il n'est pas bon d'avoir toutes les nécessités l.

Injustice l. — Ils n'ont pas trouvé d'autre moyen de satisfaire la concupiscence 2 sans faire tort aux autres.

Quand je considère la petite durée de ma vie, absorbée dans l l'éternité précédente 2 et suivante, le petit espace que je 3 remplis, et même que je vois, abîmé dans l'infinie immensité des espaces que j'ignore et qui 4 m'ignorent, je m'effraye et m'étonne de me voir ici plutôt que là ; car il n'y a point de raison pourquoi ici plutôt que là, pourquoi à présent plutôt que lors. Qui m'y a mis? Par l'ordre et la conduite de qui ce lieu et ce temps a-t-il été destiné à moi ? « Memoria hospitis unius diei praetereuntis. » [Sagesse, v, i5].

Nous sommes si malheureux, que nous ne pouvons prendre plaisir à une chose qu'à condition de nous fâcher si elle réussit mal ; ce que mille choses peuvent faire, et font, à toute heure. [Quij aurait trouvé le secret de se réjouir du bien sans se fâcher jdujiTial contraire aurait trouvé le point. C'est le mouvement perpétuel.

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