CHAPITRE II LES SOUVERAINS (suite
Les Osmanlis : Mahomet II, Soliman. — Tamerlan. — Souverains de l'Inde :
Mahmoud le Ghaznévide ; Babers et ses
MÉMOIRES ; un monarque PHILOSOPHE :
Akbar. — Abbas LE Grand, shah de Perse.
Les souverains turcs Osmanlis forment une dynastie glorieuse au point de vue intellectuel. Osman, dont elle a gardé le nom, avait deux fils : "Alâ ed-Dîn et Orkhan. Le premier, l'aîné, épris de passion pour les sciences, refuse le pouvoir afin de s'y consacrer ; il devient ensuite le vizir de son cadet Orkhan. Il est législateur et administrateur éminent. C'est lui qui le premier fait frapper des monnaies osmanlies, marquées du chiffre impérial (la toghra) et portant une invocation pieuse. Il promulgue des lois somp-
tuaires, et crée le corps des Janissaires qui utilise les captifs chrétiens. Orkhan ouvre une université à Nicée, attire à Brousse les savants et les poètes. Brousse devient un centre intellectuel et garde ce caractère même après qu'il a cessé d'être capitale. Autour de ses mosquées émaillées et garnies de rosiers, les tombes des professeurs, des écrivains et des légistes accompagnent celles des sultans.
Mourad I^r continue l'œuvre de l'organisation de l'armée et réglemente les fiefs militaires. Mohammed I^r encourage la httérature ; sous Mourad II fleurissent Sinan Cheikhi et Djémali; celui-là, médecin et lettré, traduit en turc le poème persan Khosrew et Chîrîn. Djémali, son neveu, achève son œuvre et compose le poème Khorchîd et Ferroukhchâd. En même temps paraissent des jurisconsultes et des théologiens fameux, entre autres Behreddîn, esprit hardi et novateur, qui imagine une sorte de compromis entre le christianisme et l'islam, et provoque une révolte à la fm de laquelle il est pendu.
Mahomet II est digne par sa valeur personnelle de la situation hors hgne que le destin lui a faite. Né en 1430, il fait, encore enfant, l'apprentissage du pouvoir. Car son père Mourad II abdique, alors qu'il n'a encore que 13 ans ; mais, les Hongrois menaçant l'empire,