‹ Les penseurs de l'Islam (volume 2)Chapitre 178 sur 192 · IIAPITRE VIII. LES PROVERBES ET LES CONTES · texte numérisé non relu

IIAPITRE VIII. LES PROVERBES ET LES CONTES

\nochirwân donne sept fêtes en son honneur, ans lesquelles il le fait parler en présence des obeds et de toute sa cour. Ces fêtes sont, en alité, autant de chapitres d'une sorte de traité de morale. Tantôt Bozourdjmihr y parle d'une façon continue ; tantôt le roi, ou quelque autre, ose des questions et il y répond assez brièveinent sous forme de sentences. Voici quelques exemples :

« Que faire, demande un assistant, pour qu'on ait le moins de peine dans la vie ? — Si un homme de sens, répond le sage, a un cœur patient, il arrivera au contentement. Il sera juste quand il donnera et quand il prendra, et il fermera ainsi la porte de la perversité et de la perdition. Il pardonnera les fautes quand il est le maître, et ne se laissera pas aller à la colère et à l'impatience.

« O sage, dit quelqu'un, qu'est-ce qu'un homme de sens approuve le plus ? — Celui qui cultive son intelligence ne regrette jamais ce qui lui échappe ; et si une chose qui lui est chère est foulée dans la poussière, il ne se laisse pas aller au regret et à la douleur. Il arrache de son cœur tout espoir des choses impossibles, comme le vent arrache les feuilles du saule. — Quel est le roi que tu juges être le meilleur ? — Celui qui assure la sécurité de l'honnête homme, dont la voie est la terreur du méchant, dont le trône donne la paix au monde. »

Une grande partie de ces sentences a trait à la morale des rois, à la philosophie politique. L'idée dominante est que le roi doit s'humilier devant le sage et lui demander conseil : « La couronne sera puissante aussi longtemps que le roi tiendra en honneur les sages, et la majesté royale sera sauve aussi longtemps que le maître du monde acceptera l'avis de tout homme qui sait. » En dehors de cette disposition d'esprit tout à fait primordiale, Bozourdjmihr recommande au roi la droiture, la véracité, le courage. A tout le monde il recommande la prudence : prudence dans le choix des amis ; prudence dans les cours ; prudence dans le combat : « Choisis dans le combat des camarades prudents ; si tu n'es pas assez fort pour lutter contre un ennemi, ne l'essaie pas ; car ce que veut la sagesse, c'est qu'on revienne en vie du combat. » Une certaine soumission au destin est aussi un trait dominant de cette morale : « De toutes les qualités, la plus solide est le contentement de son sort ; c'est la plus douce, celle qui repose le mieux du travail ; et la plus agréable est la faculté d'espérer. » Et Bozourdjmihr trouve cette belle formule : Le roi ayant demandé : « Devient-on puissant par ses propres forces ou par l'effet de la fortune ? » son vizir répond : « La fortune et le talent forment un couple ; ils sont comme l'âme et le corps ; le corps est

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