‹ Les penseurs de l'Islam (volume 2)Chapitre 32 sur 192 · CHAPITRE II. LES SOUVERAINS · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. LES SOUVERAINS

tous une exposition orientale. Les violettes y ont une odeur extrêmement suave ; de petits ruisseaux les arrosent et les rendent très beaux aa printemps. On y voit des tulipes et des roses en abondance. » — « La ville de Marghinân, dit-il encore, se trouve éloignée de 7 lieues (agaich) d'Andoudjân. C'est un joli endroit. Il y a des grenades et des petits abricots, d'un goût exquis, qui prospèrent à merveille. On y trouve encore une grande espèce de grenades appelées Ddne/ii-g'UiZdn, c'est-à-dire à gros grains; elles ont moins de goût pendant la floraison. Le jasmin de cette contrée est préférable à tout autre... Il y a ici beaucoup d'oiseaux propres à la chasse, et des cerfs blancs qui se tiennent dans les fondrières des montagnes. »

Cet aimable conquérant mourut en 937 (1531) âgé seulement de cinquante ans musulmans.

Le plus glorieux des grands Mongols, Akbar, qui régna de 1556 à 1605, est un véritable penseur. Il se posa le problème d'unir sous une forme unique de gouvernement et presque sous une même foi, les races et les religions si diverses de son empire : les Mahométans et les Hindous, les Chiites et les Sunnites, les Rajpats et les Afghans. La difficulté de cette tâche était énorme, et peut être appréciée par ceux qui connaissent la force qu'ont les préjugés de race et

de caste dans l'Inde. Akbar, très jeune encore, s'intéressa beaucoup au côté religieux du problème. Il rêva, un peu comme les théosophes ou les néo-chrétiens de nos jours, une synthèse des religions, ou au moins une alliance dans laquelle les divers systèmes subsisteraient sous une conception plus large et supérieure. Il convoqua dans ce but une sorte de parlement des religions. Dans sa résidence de Fatehpûr-Sikri, remplie de chefs-d'œuvre d'architecture, il fit venir des représentants des différentes sectes et les fit discuter devant lui ; il appela même des Jésuites et leur permit d'ouvrir un petit temple pour leur culte. On voit encore la salle avec un pilier central et des galeries rayonnantes, où se tenaient ces séances. On l'appelle Y'Ibâdet Khâne ou maison du culte. Les orateurs y parlaient avec la plus grande liberté ; et Sa Majesté, remarque un biographe, en devint sceptique. Akbar ne se contentait pas de ces réunions nocturnes ; il se livrait le matin à de longues et solitaires méditations, ayant pour objet le problème général de la vie, et sa tâche particulière comme souverain.

Son S3^stème religieux, qui est une sorte de panthéisme éclectique, eut peu de succès. Il ne gagna qu'une douzaine d'adhérents dans sa propre famille et ne forma pas secte. L'islamisme indien eut pourtant à souffrir de cette

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