‹ Les penseurs de l'Islam (volume 2)Chapitre 34 sur 192 · CHAPITRE II. — LES SOUVERAINS · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — LES SOUVERAINS

tre fois par an, tels sont les principaux points de cette œuvre qui semble inspirée par un esprit tout moderne.

A la sagesse de l'administration s'ajoute sous le règne d'Akbar l'éclat des arts : le nord de l'Inde est orné de magnifiques créations architecturales dues à son influence. Le fort d'Agra, que l'on voit encore, est son œuvre. Il s'occupa aussi des arts techniques. Selon V'Aïn-i-Akbari, il perfectionna l'artillerie ; il imagina une nouvelle sorte de voiture, et un tour pour nettoyer les canons.

Le sultan Djihanguîr, fils et successeur d'Akbar, qui était lui aussi un esprit très distingué, a laissé des mémoires (1) d'un style noble, aisé et brillant. On y trouve des passages précieux pour la connaissance du caractère et des idées d'Akbar. Djihanguîr raconte au début de son livre comment il s'assit sur le trône de son père à Agra. Il fit frapper une médaille avec cette inscription : « Frappé à Agra par ce Khos- « roês, la sauvegarde du monde, la souveraine « splendeur de la foi, Djihanguîr fils de l'impé- « riai Akbar,))«A cette occasion, ajoute-t-il, je fis usage du trône préparé par mon père et

i. Memoirs of the emperor Jahangueir, written by himself and translated from a persian manuscript, by Major David Price, London, 1829. Publié par the Oriental translation Committee.

enrichi avec une magnificence sans égale, pour la célébration de la fête du nouvel an à l'entrée du soleil dans la constellation d'Aries. »

Akbar avait en effet inventé une nouvelle ère, dans laquelle il faisait commencer l'année à l'équinoxe du printemps. Il adorait le feu et le soleil, u Sa Majesté, dit Abou'1-Fazl, considérait que c'est un devoir religieux et une pratique très louable que d'adorer le feu et la lumière. »

Djihanguîr rapporte quelques faits qui font bien sentir l'esprit de tolérance d'Akbar. Il raconte entre autres choses que, du vivant de ce dernier, un temple avait été érigé par Radjah Maun Sing, qui lui avait coûté une somme équivalente environ à cinq Kroors (50 millions de roupies) et 40 laks de roupies. La principale idole avait sur la tête une tiare enrichie de joyaux, d'une valeur égale au douzième de cette somme ; elle était entourée d'autres idoles d'or 'également parées de tiares et de bijoux. Djihanguîr demanda à son père pourquoi il n'avait pas empêché la construction de ces repaires de l'idolâtrie. Akbar lui répondit : « O mon cher fils, je sais que je suis un puissant monarque, lombre de Dieu sur la terre. Or j'ai vu qu'il répand les bénédictions de sa gracieuse providence sur toutes les créatures sans distinction. Je manquerais donc aux devoirs de ma haute

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