‹ Les penseurs de l'Islam (volume 2)Chapitre 67 sur 192 · CHAPITRE IV. — LES HISTORIENS ARABES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — LES HISTORIENS ARABES

de leur pays. Elles jetaient des pierres et portaient plus loin que des flèches. Ces pierres pesaient jusqu'à vingt-cinq livres.Une fois même, ils en lancèrent sur la maison d'un de mes amis une qui pesait davantage. La maison fut ruinée de fond en comble par cette seule pierre. Il y avait sur une tour, dans la résidence de l'émir, un support en bois sur lequel était dressé un étendard avec un fer de lance. Une route passait en bas de la tour. Une pierre de la catapulte vint frapper l'arche de bois, la brisa par moitié ; la partie dans laquelle était l'étendard se renversa sens dessus dessous et vint tomber sur le chemin. Un de nos hommes passait alors. Le fer tombant de cette hauteur, encore attaché à la moitié du support, l'atteignit à la poitrine et le tua.

« Un mamlouk de mon père dit : nous étions assis dans le vestibule du château, équipés et armés. Un vieillard accourut criant : « Les Grecs sont entrés avec nous dans le harem ! » Nous saisîmes nos épées et sortîmes ; et nous vîmes qu'ils étaient entrés par une brèche que les catapultes avaient faite dans la muraille. Nous les frappâmes de nos épées jusqu'à ce qu'ils fussent dehors, et, étant sortis à leur suite, nous les ramenâmes à leurs compagnons. Puis nous revînmes et nous nous dispersâmes. .Je restai seul avec le vieillard qui nous avait don-

né l'alarme. Il se tourna un instant contre la muraille pour satisfaire un besoin ; je m'éloignai un peu. Aussitôt j'entendis du bruit, je me retournai, et je vis que le vieillard avait été frappé par une pierre de la catapulte, qui lui avait détaché la tête et l'avait collée contre la muraille ; la cervelle s'était répandue tout autour. Nous fîmes sur lui la prière et l'enterrâmes à l'endroit même.

« Une pierre de la catapulte frappa un de nos hommes auquel elle brisa le pied. On le porta en présence de mon oncle qui était assis dans le vestibule du château. « Allez, dit-il, chercher le rebouteur. » Il y avait à Chaizar un homme habile en ce genre d'opérations. Il vint, et s'assit pour remettre le pied, dans un endroit abrité en dehors de la porte du château. Une seconde pierre vint frapper l'homme qui avait le pied cassé et lui fit voler la tête de dessus le corps. Le rebouteur rentra dans le vestibule. « As-tu déjà fini l'opération ? lui demanda mon oncle. — O mon maître, répondit cet homme, une seconde pierre est venue qui m'a dispensé de l'achever. »

A la suite de ces événements, Ousâma erre quelque temps en Syrie. Il séjourne à Jérusalem où il se lie d'amitié avec des chevaliers Templiers ; puis il s'installe à Damas, où il s'occupe de chasse, de poésie, de musique et un

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