‹ Les penseurs de l'Islam (volume 3)Chapitre 19 sur 122 · CHAPITRE PREMIER. - LES SOUVERAINS · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. - LES SOUVERAINS

l’armée de Dieu sur la terre, et qu’il nous a donné pouvoir sur tout ce qui est l’objet de sa colère. » Il vint en personne diriger le siège d’Alep ; on éleva devant la ville une muraille, et l’on dressa les machines. Houlâgou ayant remarqué un point faible dans les murs du côté de la porte de l’Irâk, porta tout l’effort de ce côté. La ville succomba en peu de jours ; les Mongols y entrèrent le 23 de Kànoun second 658. Le massacre y fut plus grand qu’il n’avait été à Bagdad. La place de Mayâfarkîn subit aussi un siège régulier ; mais les machines furent impuissantes contre elle, et les Mongols la prirent par la famine. Ils tuèrent le peu d’habitants qui restaient, la plupart étant morts de faim. Leur chef fut amené à Houlâgou qui, sans égard pour son courage, le fit périr. La forteresse dite Kala‘at el-Hârim, près d’Antioche, fit également une belle défense ; Houlâgou donna l’ordre d’}^ tuer tout le monde, y compris les femmes et les enfants.

Houlâgou mourut à Marâghah en 664 (1265). Suivant une coutume poétique et barbare de sa nation, on déposa son corps dans une sorte de chapelle sépulcrale, où l’on enferma avec lui quarante jeunes filles bien parées, munies de vivres seulement pour trois jours (1).

1. M. d’Ohsson, Tableau général de V Empire Ottoman, Paris, 1788, t. I, 120.

LES PENSEURS DE l’iSLAM

Ce conquérant, malgré son naturel féroce, aimait les sciences et avait des goûts littéraires. Il s’intéressait surtout à l’astronomie, l’astrologie et l’alchimie. Il bâtit à Marâghahun observatoire où, sous la direction du célèbre Nasîr ed-Dîn de Tous, il groupa des savants qui exécutèrent pour lui des travaux importants. Il y amassa aussi des livres provenant des bibliothèques des villes qu’il avait conquises. Selon Ahou’ 1-Faradj, « il était sage, d’un tempérament doux, intelligent et instruit ; il aimait les philosophes et les savants. '>

On ne sait s’il avait une croyance religieuse ; il paraît avoir incliné vers le christianisme. Sa femme était une chrétienne d’une grande vertu ; elle faisait, raconte-t-on, sonner les cloches dans le camp, et elle fit élever dans les Etats de son mari de belles églises et de grands couvents. Le premier prince de la dynastie fondée par Houlâgou qui embrassa l’islam est Ghaz an Khan ; il fit profession de cette religion en 694. En même temps que lui son frère Khoda Bendéh, tous les seigneurs de la cour et 80.000 Tartares Mongols se firent musulmans. Ce prince dont la capitale fut Tébrîz, dans l’Adzerbaïdjan, a laissé une très bonne mémoire, même chez les Chrétiens, et est renommé aussi pour ses connaissances littéraires.

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