Loc. cit., traduction, p
tout le pays entre l’Iran et le Touran jouissait d’une telle tranquillité qu’on aurait pu aller du Levant jusqu’au Couchant avec un plateau en or sur sa tête, sans avoir à subir de personne la moindre violence. Il n’y avait point de villes dans les régions habitées par les Mongols. Les marchands qui venaient porter chez eux des étoiles, des fourrures, de la toile et différents coutils et indiennes, trouvaient toujours dans ce commerce un très grand profit. »
Des marchands de la Transoxiane vinrent un jour proposer des étoffes à Djenghîz-Khân. Il fit étaler à l’un d’eux ses marchandises, et en demanda le prix. Ce commerçant demanda dix pièces d’or d’un objet qui n’en valait qu’une ; « Cet homme, dit le Khân avec colère, croit que nous n’avons jamais rien vu de pareil. » Il fit venir son trésorier et lui donna l’ordre d’apporter les étoffes de prix qu’il avait chez lui. Le trésorier apporta mille coffres remplis d’étoffes superbes, brochées d’or. Après les avoir montrées, le Khân fit livrer au pillage toutes celles qui avaient été offertes par ce marchand. — Les autres marchands s’étant alors présentés dirent : « Si ces objets sont dignes de la noble Khânim (la reine), nous lui en faisons hommage ; mais nous n’avons pas ici de marchandises à vendre. » — « Ces paroles, dit Abou’l-Ghâzi, plurent au Khân ; il prit tous leurs effets et leur en paya dix fois la valeur, s