‹ Les perce-neige [microforme]Chapitre 3 sur 49 · ID · texte numérisé non relu

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[E - Evfant, qui de la fleur nouvelle Refiètes la fraîcheur, . * Bénis Dieu, puisqu'il te fit belle ;

Mais, au fond de ton cœur,

Garde, mieux que la fleur brillante, Ce précieux trésor,

La bonté qui te fait charmante:

C’est là le vrai fruit d'or,

À Mme J. T,

Is sont là, dans la sacristie ; Le parrain, endimanché, droit, Dissimule une main sortie

A moitié d’un gant trop étroit.

La marraine, plus loin, assise, Berce l'enfant sur ses genoux, Et, songeant qu’on est à l’église, Regarde d’un air grave et doux,

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La longue robe de baptême

La couvre de ses plis flottants :

—C'est, dans la famille, la même

Qui sert à tous depuis longtemps. -

Un peu plus loin:se tient le père, Immobile, silencieux :

. Ïl pense, rêveur, au mystère Qui vas’accomplir sous ses yeux.

Mais, B-bas, on voit apparaître, Ceint de l’étole, en surplis blanc, Suivi du sacristain, le prêtre Qui s’avance, calme, à pas lent.

On s'approche; l'enfant s’agite ; Et quand au front du nouveau-né “Coule lentement l’eau bénite,

Il entr'ouvre un œil étonné,

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Enfin la dernière prière Monte au ciel, le prêtre s’est tu :

—Toi qui viens sourire à la terre, Petit enfant, que scras-tu ?

Seras-tu laboureur, poète, ! Soldat, ou lévite à l’autel ?

—Mystère ! ta bouche est muette :

C’est le secret de l'Eternel !

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Lorsque leur fraîche insouciance Accourt s'ébattre sous mes yeux, Il me revient de mon enfance

Comme un parfum délicieux,

aa É di - Avec les autres jouer, rire, Etait alors mon seul souci ;

Et quand je les voyais sourire, Heureux, js souriais aussi.

Jamais le bruit ni la poussière

Ne troublaient mon œil rayonnant ; J’aimais mieux mes billes de pierre Que tout l'or que j'ai maintenant.

La mer et les plages lointaines Ne provoquaient point mes soupirs ; De jouets mes mains étaient pleines,

Là se bornaient tous mes désirs,

Mais maintenant que dans mon âme

L'âge s’est ouvert un sillon,

Ma pensée erre sur la lame

Et suit le fiévreux tourbillon,

d'OE/1 >

J'aime à voir, au mât qui se plie, La vergue se rompre en éclats, Entendre, dans le vent qui crie, Cette aile que l’on ne voit pas.

Je vis sur les champs de bataille

Tanquille comme en un boudoir,

Cherchant à travers la mitraille

Les ressorts secrets du pouvoir. |

Je n’y trouve, hélas ! qu'une chose, Se détachant du fond obscur :

L'enfance a respiré la rose,

Les ronces sont pour l’âge mur,

Ab ! coule, sang pur de l'enfance, Lentement et sans te presser ; Dérobe à l’heureuse innocence Le feu qui devra l’embraser,

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