DU VOILE DES VIERGES
î. Eotraîuè par la défense de mon apinioki , je prouverai %tcaai en Intîn qu*il feut voiler nos -vierges dès qu elles «onent de l'enfonce;, ^fo'aiiisi le demande la vérité, «contre lacpelle rien ne pent prescrire , ni le temps- ni la dignité des personnes, ni le privilège des CQntrâs; calr 'le plus souvent la eontome née de Tignoranoe ou de k simplicité liés liommes se fortifie par Tnsage dans la sac^ tsessiôn des temps, et par là préVaot contre la vérité. Toutefois Nôtre-Seigneur Jésus-Christ s'est appelé luimême la Vérité, mais non la coutume. Si ledhi ist a toujours été , s'il est antérieur à tout, la vérité est donc également une chose étemelle et la plus ancienne tie toutes. ."Qu'importent ceux qui trouvent nouveau ce qui par soîméme est ancien? €'est moins la nouveauté que la vérité <piî omdamne les hérésies. Tout oe qui est txmtraire à la Mérité, ce sera Thérésie , iàiM une continue ancienne. Au reste, celui qui ne la connaît pas Tignore par sa ftute. Car il feut s'instruire de ce que Ponignurey de même qu'il fiut se soumettre aux vérité que Ton ireoonnalfi^'^]'^*^ ' La Tc^lc de la 'fin est aluohiment une, règle sienfê^inuiuable, n'admettant aucune réfijrme; elle con^sfé h croire en un seul Dieu tout-puissant, créateur du monde; en Jésus-Christ son Fils, né de la vierf^e Marie, crucifié sous PoncetPilatey ressuscité d'entre Jes morts ie troisièmu
TERTDLUEN. *
jour, reçu dans les deux, assis maintenant à la droite du Père, d'oii il viendra juger les vivants et les morts par la résurrection de la chair. Tant que cette loi de la foi demeure intacte , tout le reste, qui regarde la discipline et la conduite,^ a4niet la noureauté par unç sorte d^amendement y sous la direction de la grâce de Dieu qui opère et. nous perfectionne jusqu*it la fin. Quelle apparence, après tout , que le démon travaillant sans relâche et ajoutant chaque jour à Tesprît d*iniquité , TcBUvre de Dieu s'interrompe ou cesse de nous perfectionner^ surtout quand le Seigneur n*a envoyé le Pâraclet qu^afin que Thomme, impuissant par sa feiblesse h. tout comprendre à la fois, fût dirigé peu à peu, façonne ei couduit à la perfection de la discipline par TEsprit saint . vicaire du Seigneur ! « J'ai encore beaucoup de choses à vous dire ; mais vous « ne pouvez pas les porter à présent. Quand TEsprit de « vérité sera venu , il vous enseignera toute vérité j car il .« vous annoncera ce qu'il aura entendu. » Déjà précédemment il leur avait parlé des opérations de cet Esprit. Quel est donc le ministère du Paraclet , sinon de réguler la .disci|plinc)| d*int^rélfer les Ëcriturest de refermer Tin- .teUigi^ncei. de nous avancer de plu« en plus dans la perfbctiop.? îb fiiut que tout ait son âge. Rien qui n^ttende. sa . perfection du temps. Enfin, FEoclésiasie dit : a A chaque « diose son temps. ;) Regarde les créatures elles-mêmes ! elles n'arrivent que progressivement à produire. Voici d'abord une faible graine ^ d'elle sort un germe ^ du germe un arbuste; puis les rameaux et le feuillage se fortifient 5 enfin l'arbre se montre dans tout son développement; ses bourgeons se g^nûent; la fleur se dégage du bourgeon, et le fruit naît de la fleur. Ce fruit lui-même , à peine âbauché, et informa pendant quelque temps, croit peu à peiL, ft^adoucit et acquiert u^p saveur agrâjble.
fnâme la justice ^car. il n*y a qu'un Dieu pour la jus^ce.c^ les cxéatures) s appu;ya d abord ^ns ses premiers éléments, sur la crainte naturelle de Dieu. 'Ensuite elle
TERTULUEN. ÔB7
iMSiixMllI^ttt «M enfonce scms k loi et les prophètes; eUp ê'iâança dans TMdaÉir de Im jernume jnr l^angile; mjiraid'littâ eUeVovann à laioMiirké pur le Ptonelel. C*M lui isetd que mimàtmm wemnaitge et aïknr ponrnéire nallre défMiis Jésus^Shtist. «'C3nr il oe fMwle pas de fai^ «r même ; ntoUi y1 dk ce que -lui a enseigné Jésus-Christ. » Lui seul doit être notre guide, parce que seul il nous a été envoyé dépuis Jésus-Christ. Cenx qui l'ont reçu préfèrent la Terité à la coutume , ceux qui Font écouté prophétisant jusqu aujourd'hui, je ne <jUs' pas «eolement antreibis, voilent les vierges.
IL Mais je ne veux pas encore appuyer la vérité sur fa coùtume. Qu'elle rate un monieiit ooutuBie, afin que j'oppose aussi fo oetitume à la ooutdme. Dans la (Eirèoe et dam plusieurs c6ntrées boilMHres qui en dépendent , plusieiirs Églises vottent teara Vievges. Btde|ienrqa'aaii'aille a^aginer qu'die est partioalîère aw idoUtics gm» on barbares» cette pratique s^observe m^ne aous noire eiel. Je ne dte poiAr exemple que des tgUses fondées par des ApdCres ou par des hodliiiies apostoliques, et j'imagine, sous les yeux de quelques-uns d'entre eux. Ces Eglises ont donc aussi bien que Ic^ nouvelles l'autorité de la coutume de plus, elles opposent les temps et les prédécesseurs, ce que ne peuvent les Éf^ltses venues après elles. A quoi uoUvS en tenir ? quel parti embrasser ? Nous ne pouvons rejeter une Coutume que nous ne pouvons œndamner : elle n'est pas étrangère, puisqu'elle ue vicat pas deurangeie, maïs d*hommes avec le8i|uels nous partagetas les prérapuîfes de la paix et le Bom de érères. Entre eux et noua, mêmfi fei, méméDiea, même Gbrisi, même espâramie, mimes sacrements du bapitoe* En un moc , nooa eonmies unia même Eglise. Conséqnemment tant ce qûeppaf tient aux notées nous appartieart.
Au reste, vous divisez le corps de TÉglise. Ici toutefois, selon qu'il est d'usage dans toutes les institutions dijQTérentes, douteuses et incertaines, il faut examiner laquelle
de ces deux oootdnleB si oppasée «81 fhoB ooofom à la doctrine de Dieu. Far conspuent » ' Il laudra se déterminer pour celle voile les vierges, connues de Dieu seul, pHisqu'ayant à redierdier leur gk»re auprès de Dieu et non des hommes, elles doivent même rougir de leurs avantages. Il est plus facile de troubler une vierge par la louange que par les reproches, parce que le front de la pécheresse , moins facile à s'émouvoir, s'est 1( tnné à l'impudence dans le péché et par le péché. Persouae, en effet, n eût approuvé la coutume qui désavoue les vierges en les faisant voir, si quelques hommes ne s'étaient rencontrés semblables à ces vierges elles-mêmes. Des yem^ qui veulent voir une vierge ne diffèreilt pas des yeux d'une viei|^^ui désire d'être vue. Ces yeux se souhaitent mu* toellenient : mènieconvcntiae dans l'ardeur de voir et d'être vue. 11 esc aussi naturel à Thoinme chaste de rougir à Taspect d'une vierge, qu'à la vierge pure de rougir à Fa»* pect d'tin homme.
III. Nos très-saints prédécesseurs n'ont jamais voulu avoir d'égard pour les coutumes. Toutefois , jusqu'à ces derniers jours, Tune et l'autre coutume étaient permises chez nous d'une manière plus supportable. Chaque vierge avait la faculté de se voiler ou de se prostituer , comme maintenant de se marier, ce que personne ne contraint ni ne déiénd de taire. La vérité se contentait de traiter avec la coutume , afin cle jouir secrètement d'ellermême sous œ nom de ooutumis, ne fût-ce qu'en partie^ mais comme Tintelligence commençait à faire assez de progrès pour que^ dans la liberté de ce choix» il fiul aisé de reconnaître <piel était le meilleur, aussilât l'ennemi de tout bien , et encore-plus de toute institution louable , fit son œuvre. Les vierges des hommes se soulèvent contre les vierges de Dieu, en s'emportant sans pudeur à une audace téméraire. Elles ne laissent pas de se croire vierges en paraissant rechercher la compagnie des hommes. Il y a mieux. Les servantes du Christ, d autant plus libres
qu'elle appartuDDotot à » îmitent leur mmiifte et
w rchidaitfi elles. «
Nous somoies sittnddliséesi disent les filles mondâmes, de ce que d'autres marchent vâlées; et elles aiment mieux
s'en scandaliser que de les imiter. Le scandale , si je ne me trompe , n est pas 1 exemple d'une bonne chose, mais d'une mauvaise qui porte au péché. Les bonnes clioses ne scandalisent que les esprits pervers. S'il est vrai que la modestie , la pudeur, le mépris de la gloire , le désir de plaire à Dieu soient des choses bonnes, tous ceux qui se scandalisent d'un tel bien reconnaissent que le mal est en eux. -Quoi donc? si les incontinents prétendent que la continence les ^ndalise^ Êtudra-t-ii supprimer la oontinence ? Faudrart4i supprimer le veuvage y de peur descandaliser ceux qui se marient plusieurs fois? Pourquoi les saintes filles ne se plaindraient-elles pas {Jutdt que le peu de réserve de celles qui font parade de leur vii^nité devienne pour elles un sujet de srândale? Faudra-t-il donc qu'à cause de ces filles qui se mettent en vente, les saintes vierges soient traînées à 1 église, rougissant d'avoir été vues sur le chemin , trenihJant d'être découvertes, comme si on les avait appelées pour le déshonneur ? Elles ne haïssent pas moins l un que i autre. Toute vierge qui se montre subit une sorte de prostitution. Toutefois, souffrir violence dans sa chair est quelque chose de moins, parce que la laiblesse n'a pu la repousser, liais si c'est i'e^it lui-même qui est violé daos -la vierge, par la disparition du voilei elle A appris à perdre ce qu*il protégeait. 0 mains sacrilèges, qui ont -pu aitaclier im vêtement cpnsacré au Sei* ^eur ! Qu'aurait fait de plus un persécuteur) s'il av^ su que le voile est le témoignage de la vierge ? Depuis que vous avez découvert la téte de cette fille, elle n'est plus vierge tout entière à ses propres yeux ; elle est devenue différente d'elle-même. Lève-toi , ù vérité î lève-toi ! brise les iieik» qui le retiennent; je ne venx plus (|ue tn (léfeiuJes aucune coutume i car déjà cejyiç à 1 onibr;^ de, laquelle tu
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jouissais dé tes droits répudiée : M mAt qoci cW lôî qui voiles les yierges. Interprète toi-même tés Écritures que la ootttume ne connaît pas ^ car, si^le les^ounaissut^ elle n%fit jamais ekisié.
rV. Au reste , comme c'est une habitude de se servir des Écritures pour arjjumenter contre la vérité ^ on ne manque pas de nous objecter aussitôt (jue l'A|V)fr(' n'a nullement parlé des vierges, quand il recommande le voile^ mais qu'il n*a fait mention que des femmes ^ que s'il avavi voulu que les vierges lussent voilées, il les aurait nom*roées séparément après avoir nommé les femmes. Ainsi ^ ajouteH->on, lorsqu'il traite du mariage, il presdrit eti{Mif«» ticnlier quelle règle doivent oiiserver les vierges. Far con» séquent, ^les ne sont point assujéties à la loi-du vo9e» puisque leur nom n*est pas prononcé dans eetteki. H y m plus ^ par là même qu'elles sont fâs nommées^ il est clair que Tordre n W pas pour elles.
Nous pouvons retourner le même raisonnement contre les adversaires. Puisque l AjKitre sait établir une dîstinc* tion entre la vierge et la femme, c*est-à-dire celle qui n'est pas vierge, quand il est besoin de distinguer, là où il ne nomme pas la vîer?^e. sans établir cette différence, il prouve qu'il y a communauté de règle. Au reste, il lui était facile d'établir ici encore une différence entt^ la vierge et la femme, de même qu'il a dit ailleurs : « La « femme et la vierge sont distinctes. » Par conséquent, il a tacitement confondu cellësqu*il n'a pas distinguées.
Toutefois, de ce que k femme «t la vierge sont distio«^ guées ici , c^e diffmnce ne sèra point poi^ eux une autorité; cooimélevett'lenf quelques-uns : comlMen de paroles semlîlables nedoirentpas s*entendre ici et 1k dans le même sens, puisque les paroles n'ont la même valeur qu'autant que le motif est le même, jx)ur le dire une fois en passant ! Mais l'espèce dans laquelle l'Apôtre distingue la femme d'avec la vierge est bien différente de l'espèce présente. « Il y a, dit-il, de la difi'érence ^re k femme et k
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-n vierge. Pourquoi ? Parce que celle qui n'est pas mariée, « c'est-à-dire la \i( r(;i% pour être pure de corps et d*es- « prît, ne s'occupe que des choses de Dieu. Au contraire, « celle qui a un époux , c'est-a-dire qui n'est pas vierge, « songe à plaire à son époux. )> Voilà l'explication de cette llifiTérence» qui n\i point lieu dans la question dont il s'agit maintenant, dès qo'il n'est parlé ni da cœur ni des pensées delà femme et de la vierge, mais seulement de voiler la tête. Le Saint-Esprit ne voulant donc pas qu'il y eût là-dessus la plus lé^re différence, a comprisi sorus lé seul noifi de fçmme la vierge ellenoiiême : én ne la nommant pas expressément^ il ne fa' pas séparée d'avec la fémnlë, et en ne la séparant pas, il fa jointe à celle dont il ne l'a pas séparée. Est-ce donc chose si nouvelle que de se servir du mot le plus étendu pour comprendre les espèces dans sa fjénéraîité, là oîi il n'est pas nécessaire de distin{juer les parties du tout? La brièv^eté du discours est de sa nature agréable et nécessaire, de même que la prolixité est emllïiVrassée, importune , inutile. Yoifîi pourquoi nous nous contentons de termes géuéraui qui embrassent dans leur universalité l'idée des différentes espèces. Venoiiis donc au mot lai-même. Le mot de femme est un terme naturel et général poûr tout le sexe^ Il comprend la vierge, répouse, la veuve» et tout ce qui sV rattache par son nom 'ou jpar son âge. Or, le génrè ^r&édant Tespèce, parce qu'il la renferme, de même que l'antécédent son conséquent, et le tout sa partie, Tesjièce est énoncée dans le terme qui la contient et signifiée dans le mot qui l'embrasse. Ainsi , quand j'ai nommé le corps, je n'ai plus besoin d'énumërcr les pieds, les mains, ui aucun membre. De même, si on parle du monde, là se trouvera le ciel et tout ce qu'il renfei^me, le soleil, la lune, les étoiles, lés astres, la terre, la mer, et chacun des éléments. C'est tout dire que dire ce qui compose le tout : ainsi, nommer la femme, c^est dônner l'idée de tout le sexe. Y. Mais puisque ilos adversaires emploient ce' nom de
lËaïlJLUEN.
femme en soutenant qu'il ne peut convenir qu à celle qui est eD{^a(^ée dans le mariage, il faut que nous prouvions que la propriété de ce terme convienl à tout le sexe et non h. une partie du sexe, de manière que les vierges ellesmêmes y sont comprises. Lorsque cette seconde espèce de créature humaine fut laite par Dieu a pour être la com- « pagne de l^homme» » la jfemme reçut dès le moment de
naisaance le nom qui la désigne , innocente encore, digne encore du paradis, vierge enoore. « Elle 8*appellere « femme, » dit*il« Voilà donc un nom^ je ne dis pas copi^ suun k la vierge, mab qui lui est propre i puisque c*est une vierge qui le reçoit à son origine.
BÉûs quelques esprits subtils veulent que çes.mots, n elle <t s'appellera fmme , » ne s'appliquent qu'à Tavenir, comme qui dirait : « Elle sera femme quand elle aura n perdu sa virginité, » parce qu ensuite on lit ; u L liomme « quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, <( et ils seront deux dans une même chair. » Qu'ils nous montrent donc d'abord, pour soutenir cette interprétation, quel est le nom qu'elle a porté dans 1 intervalle, s'il est vrai qu'elle n a été nommée femme que par rapport k l'avenir. Car il ne se peut pas qu'elle ait manqué d'un nom qui exprimât sa qualité présente* D'ailleurs n'est-il pas étrange qu'elle ait eu un pom qui lui convint daiis l'avenir, sans en avoir un qui la caraclérisât dans .le présent? « Adam donna des noms à tons les êtres vivants, » il n'en désigna aucun par sa qualité future ; mais, consul-* tant ce quMls étaient £ins le moment, il les nomma tous d'après ce que réclamait leur état actuel. Quel était donc alors le nom de la première femme? Il est certain quo toutes les fois qu^elle est nommée dans l'Ecriture, elle est appelée femme avant d'être épouse, et jamais vierge, même lorsqu'elle était vierge ! Ce nom est son nom unique , et il lui est donné dans un sens qui n'a rien de prophétique* L'Écriture rapporte en effet u qu'Adam et sa « femme étaient nus; » ce mot ne s'applique point ^ Ta-
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venir, comme par une sorte de prédiction qm transforme la femme en épouse ; il indique seulement que, sans être mariëe, elle était sa femme comme étant tirée de sa sub*stance : « Ces os de mes os» dit-il, cette chair de ma chiiir « s'appellera femme, n
De là vient que, par une inspiration secrète de la nature, la divinité de i*ame elle^néme a introduit h Finsn des hommes, comme il est arrivé pour beaucoup d'autres choses, soit dans nos actions, soit dans nos j>arule5 5 ainsi que nous le prouverons par rÈcriture, i'usapje oh nous sommés de nommer du nom de femmes celles qui sont nos épouses. Toutefois ce langage est souvent impropre*, car les Grecs qui se servent plus volontiers du mot de femme pour désigner Tépouse, ne laissent pas dWoir d'autres termes spéciaux pour rexprimer. Mais j'aime mieux en rapporter la raison an témoignage de l'Écriture* Ainsi , lorsque par le lien du mariage, les deux parties ne sont plus qu'une seule chair, cette chaic de là chair de l'homme, cet os de ses os, s'appelle, conformément h son origine^ sa femme depuis qu'elle est devenue son épouse par l'union des deux substances. Gonséquemment le nom de femme est le nom que l'épouse tient de sa nature; celui d^épouse exprime une siuuuiuu de la femme. Enfin une femme peut ne pas être épouse 5 une épouse, au contraire, ne peut pas ne pas être femme, parce qu'il est impossible qu'elle ne le soit pas.
Après avoir imposé à la nouvel ie créature son nom de femme, et avoir exprimé ce qu'elle fut d abord par Timposition de ce nom, Adam commence à prophétiser lorst» qull ajoate : « Pour la suivre, l*homme quittera son père « et sa nière. » Le non^ est aussi distinct de la prc^hétie que cette prophétie est distincte de la personne d^feve, poisqi^ ces paroles s^appliquent non pas à Eve ellcrméme, mais à toutes les femmes dont elle dèvait être un jour la mère. D'ailleurs Adam ne pouvait quitter ni père ni mère à cause d'Eve, puisqu'il n'en avait point. Ce passage tout
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prophétique oc rçjprdedonc point Ève, puisqu'il ne peut 8*entendre d^Adam. La prédiction qu'il i cnfertne s'adresse aux maris qui devaient quitter leurs parents à cause de leurs femmes, ce; qui ne peut s'appliquer à Ève, puisque cela ne s'applique point à Adam. Si la chose est ainsi, il est évident que ce n'est point en vue de son état futur qu'elle a été appelée femme, puisque cet état futur.nela concernait pas. Joignez à cela qu'Adam lui-même exprima la raison de ce nom. En effet, après avoir dit ; « Elle s'ap- <c pellera femme, » il ajouta : «parce qu'elle a été formée « de la substance de l'homme, » il y a mieux^ de l'homme encore vier^. Hais nous exposerons en son lien ce ncnn d*homme«
Ainsi, que personne nlnterprète ce nom dans nn sens prophétique , puisqu'il dérive d'une autre signification , surtout, quand il est manifeste que là où elle reçoit un nom en venu de sa situation future, c'est au moment oîl elle est surnommée Eve, nom (jui lui est tout personnel, parce que déjà elle avait été î4|)pelée du nom général de femme. S'il est vrai qnÈwe sigiiiiie la mère des vivants^ la voilà surnommée à cause de ce qu'elle doit être, Ir voilà déclarée d'avance épouse et non plug 'nerge. Tel sera enfin le nom de la femme mariée ; car après le ma-* riage, la maternité. Il ré^niite encore là que son noni de femme, elle ne l'emprunte pas à sa situation futurei puisqu'elle devait recevoir plus turd le nom qui convenait ik sa cpn^tioji.
JV assez répondu à cette ohjecdon.
Tl. Voyons maintenant sî l'apotre n'emploie pas ce mot dans le même sens que la Genèse, pour désif^fner tout le sexe en général, lorsqu'il appelle femme la vierge Marie, de même que la Genèse donne ce nom à Eve. Dans son Epître aux Galates, il dit : « Dieu a envové son Fils qui (( est né de la femme, w II est constant que la mère de Dieu demeura vierge quoiqu'en dise Uébion. Je lis encore quç tt l'ange Gabriel fut envoyé ^ nue vierge. » Mais cep«n<-
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dant quand il la béait, il la compte parmi les femmes et noa parmi les vierges. « Vous éies béuie entre toutes les « femmess dil-ii. » L'ange savait donc bien que le nom de ferame convient aux vierges , aussi bien qu'aux autres.
Mais on croit avoir iDgénieusement repoussé ces deux autorilés en disant ; Marie était fianoçe; Toîità pourquoi range et i'Apoâre Tappeilent femmei; car, ajoutent-ils, une filk) ût^cée est en qndqae «orte mariée. Xottte£n8| 9 y a une ^^màe ^Séfeace entre un à peu pris et k réalité \ principaleiiieiit dam oçtte ctrcooslance» car il fe pourrait ^u'en. 4'autre8 occasioiis ce fût la iqéme chçse» Mais ce n*est point à titre de fiancée que Marie fut ap^ pelée femme ; quand même elle n'eût pas été épouse elle eût reçu le mcme noui, en sa qualité de femme, eu vertu du titre qui lui appartient dès sa naissance ^ car il faut que rappellatioQ de î^quelle dérive la, qualité, précède toutes les autres.
D'ailleurs, quant k ce qui concerne ce p)hit, si, dans eetteeircQii^tamee» pa^ a^sioailatiQu à une tiancéc, Marie est nppelée fetnpae, DOD pas à caiise de son sexe, mais parce quelle avait un époux, il s'ensuit que JésuMIbrist n'est pimit né d^uue vierge, mai» d'une feoa^^ mariée, et ii titie ayant ceiMé d'éiie vierge. One s*il m d'une vierge qui, bien quemarîée» n'en était pas moiB9intacte,.reoonnfiiiç dm qu*<Ane vierge, même la plus pure, peut étie ^ppeléç femme. Ici du moins rim de prophétique : TApâtre ne Ta point appelée femme, parce qu'elle devait cesser un jour 4'étre vierge, quand il a dit : u d'une femme. » Il ne pouvait , eu effet , la nommer d un nom qui dcsi,<;nât une condition ultérieure, c'est-à-dire qui annonçât une femme connue par un époux, puisque le Christ oe devait pas naître d'elle sgIou les lois ordinaires. Mais, quoique vierge, il l'appelle selon sa qualité açtuelle di^ nom de femme, e^ vertu de la propriété de oe nom et conformément à la loj de sa naismce, ptirqe que oe nom est affqc|é k la vifp^ tainsi qu'à tcMU seie«
TERTULUEN.
Vtt. Passons maintenant aux motifs pour lesquels l'Apdlre cSoscigne que la femme doit être voilée. Examinons s'ils conviennent aussi aux vierges, afin que si les mêmes moti& de se voiler la téte se rencontrent chez les unes et les autres, il soit indubitable que la communauté dn nom s'applique également aux vierges. Si « l'homme est le chef « de la femme, » il Test aussi de la vierge, ce qu'était la femme avant son mariage, à moins que pent-étre la vierge ne forme une trcnnème espèce à part , ayant son chef à elle. « S'il est honteux à une femme d'avoir les cheveux w coupés ou rases, m il ne Test pas moins h une vierge. Au siècle antagoniste de Dieu , d'examiner s'il est honorable à une fille d'avoir les cheveux coupés, de même que la chose est permise au jeune homme. Puis donc qu'il ne convient pas plus h la vierge qu'à la femme d'avoir les cheveux coupés ou rasés, il lui convient également d avoir la téte couverte, u Si la femme est la gloire de Thomme, n à combien pins forte raison la viciée qui est à elle-même sa-propre gloire! «Si la femme fut formée de l'homme « et pour l'homme, v cette côte d'Adam fat vierge d'abord. Si ce la femme doit porter sur sa téte la marque dn ponvvnr « que l'homme a sur elle, » jamais- elle ne doit le porter avec plus de justice que quand elle est vierge, puisqn*ak>rB elle possède ce qui en est la cause. En àSeiy si c'est à cause des anges, qui, comme nous le lisons, ont perdu Dieu et le ciel pour avoir convoité les lemmes, qui pensera que ces mêmes anges se soient laissé séduire par des corps souillés, soupirant ainsi après les restes de la volupté humaine, au lieu de rechercher les vierge^; dont l'attrait sert en quelque sorte d'excuse b la passion humaine ? L'Écriture s'exprime ainsi : a Lorsque les hommes « eurent commencé à se multiplier sur la terre, et qu'ils « eurent engendré des filles, il arriva que les enfants de « Dieu, voyant que les filles des hommes éliient belles, « prirent des épouses choisies eptre toutes les antres, n Ici, en effet, le mot grec signifie épouses, puisqu'il y est
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queâtioft de mariage. Dire les filles des hommes, c^est évidemment désigner des vierges placées encore sous la tutelle de leurs parents; car une fois épouses, elles appartiennent à leurs maris. Il était aussi aise de dire les femmes dus hommes. D'ailleurs, l'Ecriture, ne nommant point ces anges du nom d adultères , mais de maris, puisqu'ils prirent, sans être mariées, les filles des hommes, comme elle les appelle plus haut, témoi^jne assez par là que celles-ci, filles tout à 1 heure et en ce moment épouses des anges, étaient vierges. Filles d'alxnxif puis mariées ensuite : je ne sache pas qu'elles aient pu être autre chose.
U feut donc voiler une beauté si dangereuse qui a pu porter le scandale jusque dans le ciel, afin qu'en la présence de Dieu aux yeux duquel elle est coupable de la chute de ces anges, elle rougisse aussi devant les autres anges, qu'elle réprime cette liberté perfide de se montrer à découvert, et qu'elle se cache même aux regards des hommes.
Supposons même que ces anges eussent convoité des femmes déjà souillées, les vierges auraient été d'autant plus obligées de se cacher à cause des anf^es, que les anges auraient été plus capables de pécher à cause des vierges. Si l'Apotre ajoute, comme une prévision de la nature, « qu'une belle chevelure est Thonneur de la femme, (c parce qu'elle peut lui servir de voile , » n'est-il pas vrai que cette longue chevelure est aussi l'ornement de la vierge ? que di»-je? est Tornement particulier de la viei^, puisque c'est elle qui a l'habitude de la rassembler en pyramide, comme potir en couronner la citadelle de la téte? .
Vm. C'est mr des raisons opposées à celles-ci que « l'homme ne se voile point, » parce qu'il n'a pas naturellement cette grande abondance de du veux; parce' qu'il ne lui est point honteux de les avoir coupés ou rasés ; parce que ce n'est point à cause de lui que les anges ont péché; parce qu'il « est la gloire et l'image de Dieu 5 »'
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pavce qu'enfin « le Christ soçl chef. » Ains» quand r Apotre, eii parlant (}e l'bomme el de 1^ femme, ^t pourquoi celle-ci doit être Tçtlée» pourquoi celui-là n^ doit pas Tétre, il est aiaé de Toir pour quelle i^ison il n'a pas fait mention des vierges. U a compris la vierge sons k nom de feiume, de la même manière qu'i] a comprb l'adolescent sous le nom d'homme, désignant ainsi par les termes communs d'homme et de femme tout ce qui ie rattachait à l'un et à Tautre sexe.
Ainsi Adam, quoique vici ;;e encore, est appelé homme dans la Genèse, a Elle sera appelée lenime, dit-il, parce « qu'elle a ét^ tirée de Ihomme. m Adam est donc appelé homme avant spa mariage, de même qu'Eve est ^ pelée femme* L*Ap6tre a suffisamment indiqué les divers degrés de Tun et de l'autre sexe , lorsqu'il dit avec une brièveté si pleine et une définition si énei^ue : Toute femme. Que signifie toute, sinon la femme de tonte espèce, de tout ordre, de toute condition, de tout rang , de tout âge, puisque le tout est la chose dans son intégrité, sans quil lui manque aucune de ses parties? Or la vierge fait partie du sexe. De même, s'agit-il de Thomme qui ne doit point se couvrir? Tout lioinmc, dit- il encore. Voici deux, noms op}x>sés, Tiiomme et la femme; à chaque nom est applique le mot tout : deux lois opposées entre elles, l une qui voile, Tautre qui découvre. Conséquemment, si parce qu^il est dit, k tout homme » , cela doit s'entendre de chaque homme, marié ouaoïi; si d'autre part il résulte que le ac^n d'homme étant, par Aature^ commun à tout le sexe masculÎA, kl loi de ne pas se couvrir est commune aussi à quiconque est vierge parmi les hommes, pourquoi n'y aurait-il pas là une présomption que la vierge est comprise également sous le nom général de femme, afin qu*el|e soit comprise en vertu de ce nom dans la même loi? Car enfin, si une vierge n'est pas femme, un enfant n'est point homme. Si la vierge ne se voile point, parce qu'elle n'est pas femme, un euiani ne doit pas se découvrir, parce qu'il
TMTULUEN. m
n^est pas homme. Il faul que la même virginité jouisse de la même exception. De même que les vierges ne sont pas obligées de se voiler, de même l*enfant ne doit pas se découvrir. Pourquoi, d'une part, reconnais^DS-nous que la définition de l'Apôtre est absolue par rapport à rbomme, sans dc^mander pourquoi il n'a pas. fait qpcntion de ^*enfant , et , d'autre part , refusons-nous de croire ijue cette définition soit aussi absolue à Tégard de la femme? « Que (t si quelqu*mi aime à contester, pour nous, ce n*est point (t là notre coutume » ni celle de TÉglise de Dieu, » dit FApâtre. Il prouve qu'il s^éleya quelque dispute à ce sujet, et qu^îl se hâta de Téteindre par des paroles pleines de brièveté, sans nommer la vierge, pour faire comprendre qu'il ne fallait point douter qu elles ne dussent être voilées, mais en nommant la vierge, lorsqu'il avait dit : Toute femme. Ainsi le comprirent les Corinthiens eux-mêmes. Aiïjourd'hni encore ces mêmes Corinthiens voilent leurs vierges. Les disciples prouvent par leur conduite quel a été renseignement des Apôtres.
1%, Exaipinons maintenant si , de même que les arguments tirés de la nature des femmes et de la cause elle-même, conviennent aux vierges, ainsi que nous l'avons démontré , les prescriptions de la discipline ecclésiastique ne concernent pas aussi les femmes, a II n'est « permis aux femmes ni de parler dans Téglise,» ni d'enseigner, ni de baptiser, ni d ofinr le sacrifice , ni de s'arroger aucune des fonctions qui appartiennent h lliomme, h plus forte raison celles qui appartiennent aux prêtres. Nous le demandons , y a-t-il quelqu'une de ces choses qui soient permises h une vierge? Si rien de tout cela n'est per iiiis h la vierfM»; si en toutes choses elle est soumise à la même contlition que la femme, toujours comptée parmi celles de son sexe quand il est nécessaire de s'humilier , par quelle raison ici ce qui est refusé à toutes les femmes lui sera-t-il accordé? Quel droit a-t-elle à une prérogative au-dessus de sa conditipu naturelle , s'il est vrai
580 TERILLLIEN.
qu'elle soit vierge » et qu'elle ait dessein de sanctifier sa chair? Quoi donc? la<fispensera-t-on du voile pour qu'elle entre dans TÈglise, en attirant sur elle tous les regards , étalant rhonneur de sa sainteté par la liberté de sa téte ? On pouvait rendre à la virginité un hommage plus digne d'elle, en lui permettant de se mêler à quelqu'une des fonctions particulières auxhommea, ou d'entrer dans quclqu une de leurs charges.
Je le sais, on a inscrit quelque part au nombre des veuves une vier{i^e qui n'avait pas encore vingt ans. Si réveque îui devait quckjue adoucissement, il aurait pu le faire autrement, sans violer le respect {K>ur la discipline ecclésiastique, pour que Ton n'eût pas à remarquer dans rËglise le spectacle étrange , j'allais presque dire mon»trueux, d'une vierge veuve , merveille d'autant plus surprenante, qu'elle n'a pas même voilé sa tête, en qualité de veuve, niant ainsi qu'elle soit l'un et l'autre, vierge en prenant place parmi les veuves , veuve en se faisant appela vierge.
Dîra-t-on que fea même autorité qui lui a donné place parmi les veuves la dispense du voile? Mais cette place est réservée aux femmes qui ont plus de soixante ans, non-seulement à celles qui auraient été mariées une seule fois, mais aux mères de famille, et même à celles qui ont élevé des enfants, afin que plus familiarisées par Tcxpérience avec tontes les affections humaines, elles sachent mieux aider les autresde leurs conseils, et les consoler dans toutes les circonstances, ayant passe par tous les états qui peuvent mettre à l'épreuve la vertu d'une femme. Tant il est vrai qu'il n'est jamais accordé de place particulière aux vierges pour les honorer.
X. J'en dis autant de tout autre distinction. Au reste, ce serait une chose assez étrange que lés femmes, soumises en toutes choses à l'homme, portassent en signe d'honneur une marque de leur virginité qui attirât sur elles les regards, i ditentioQ cl le icspecl de leurs frères,
IfiaiULLIEN.
tandis que tant d'hommes vierges , tant d^eunuques vo« loataires, seraient réduits à cacher leur vertu, ne portant rien qui pût les distinguer. Ne devraient-ils pas réclamer aussi quelque ornement caraetéristique , tel que les plumes des Garamantes , le diadème des Barbares , la cigale -des Athéniens, les tresses des Allemands, ou les stigmates des Bretons ? Ou bieu enâa , pour donner un démenti à r Apotre , ne devraient-ils pas se ooavrir la tète dans 1'^ Iflise ? Nous tenons pour certain que TApotre aurait accordé ans hpinmes quelque chose de semblable, s'il avait •donné ce privilège à des femmes, puisque, sans parler de la dignité de Tbomme , il eût &llu de préfâ^nce re^ lever chez eux Thonneur de la continence* En effet, plus lear sexe est ardent à la volupté , plus la réserve dans une passion violente est chose laborieuse, et par Ik même plus digne de se montrer, si toutefois l'ostentation peut être la récompense de la virginité. La continence n'est p;is moins honorable que la virginité, soit dans le veuvage, ^oitdansceux qui, par un consentement mutuel, ont renoncé aux plaisirs permis du mariage. La virginité est un don de la grâce ^ la continence, au contraire, un effort de la vertu. Ne point désirer un plaisir que Ton a éprouvé, c'est un grand combat , tandis qu^il est facile de ne point convoiter quand on ignore le fruit de la convoitise , puisque dans ce cas on n*a point à combattre le fruit de la convoitise. CSomment donc se pourrait-il que Dieu n*eût accordé à Thomme rien de semblable pour Thonorer, soit ixnrce qu'il est plus près de k Divinité , dont il est l'image, soit parce que la vertu ItH est plus laborieuse? S'il n'a rien accordé à Tbomme, à plus forte raison rien à la femme.
XI. Maintenant, achevons le sujet que nous avons ajourné précédemment {)our entrer dans une question subsidiaire, afin (le ne pas interrompre la liaison des idées. Quand nous avons établi que la définition de TApotre était absolue, et que par « toute femme » il fallait entendre la femme, de
58d TÉRTULLIEN.
c|uelqu'âge qu'elle fut , on pouvait me répoudre de l'autre coté: Il faut donc voiler la vierge dès le moment de sa naîssaiice et aussitôt qu'elle porte ce nom ? Il n'en est rien. Cette loi n'oblige que celle qui commence à se connaître, h entrer dans là marque distinctive de sa natare» à sortir de l'enfaoce, et à souffrir ce quelque chose de noaTcau qui appartient k un autre âge. En eflfet , nos premiers pères , Adam èt Etc , ont été nus tant qu'ib iiiafi<|iièrent de la connaissance de leur nature. Hais du moment qn^ils eu* refit goûté du fruit de Tarbre de la sdënce, le premier sentiment qu'ils éprôutèrent fut celui de la bonté. Aussi coiivi irent-ils l'un et l'autre cette chair qu'ils avaient commencé de connaître.
Mais si c'est à cause des anges qu'il faut voiler la femme, il n'en faut pas douter, l'obligation du voile commencera pour elle le jour où ( 11c peut exciter la convoitise des hommes, et devenir propre au mariage. Elle cesse d'être vierge aussitôt qu'elle peut ne l'être plus. Voilà pourquoi che2 les Israélites il était défendu dé marier une fille avant qiliB sa maturité fât'attestée par des signes haturcts : jus- ^ptk ce témoignage , c'est un fi*uit sans maturité. Si donc elle demeure irierge taùt qu'elle n*eàt pAs pvçre au roa^ riagc, elle cesse d'être vierge aussitôt qu'elle éstreconnue propre au mariage; alors, n'étant plus TÎcrge , k loi lui est applicable comme le mariage.
Les fiancées ont l'exemple de Rébecca , qui, conduite à l'époux qu elle ne connaissait pas plus qu'il ne la connaissait, à peine infoniKc que cetait lui qu'elle avait aperçu de loin , n'attendit point qu'il lui serrât la main , qu'il lui donnât un baiser, qu'il lui rendît son salut, mais confessant ce qu'elle avait ressenti, c'est4i-dire qu'elle était déjà son épouse par l'esprit , déclara qu'elle n'était plus 'vierge en se^ voilant aussitôt. 0 femme qui entrait bien dans la discipline du Christ ! Elle montre que le mariage, ainsi que la corruption, sont dans les yeux et dans le cœur.
Quelques-uns, il est vrai voilent encore Râiecca.
TERTUIeLDEN. • 533
Qnst am autres, e*eBt-à«<lil« celles qnî ne sont pas fiancécis j qa'imtmrteDi les délab des parenb qui aj<|pment le mariage j soit pèé indigecice, smt pour trouver Un parti convenable ? QaHnlpiai^ le rœa même de eontinenice ?
Rien ne peut empêcher l'âge de suivre son cours et de payer sa deile à la iijatnrité. La nature qui est une seconde nrtère cachée , le temps un autre père que Ton ne connaît pas, ont marié une fille d'après les lois qui leur sont propre. Règnrdez donc vofre prétendue vierffe comme déjà mariée : son esprit l'est par Tattente, sa chair lest par sa transformation : i*époax que vous lui destines n'est que le secxmd^
Vcyyefe-la , en efiPeC; sa voix s*e8t développée \ ses membres ont aeiiiiis lear perfection $ un vêtement de podeur est jeté Ékst elle; cbaqne morâ paie son tribut; soutenes caneore qu'elle n'est pas femme celle qui prouve tmis les accidents de la femme» S'il est vrai que ce soit la consommrif^fm du mariage qui fasse la femme, qu'on ne les voile qu'après le mariage. Mais voilà qui est mieux. Chez les païens eux-mêraes ou les conduit voilées h leurs cpotix. Si elles doivent être voilées aussitôt après qu'elles sont mariées, parce qu'elles sont mêlées à l liomme et de corps et d'esprit, par le baiser nuptial, par la main qu'elles ont donnée, en témoignage de la pudeur de l'esprit quelles résignaient ^ enfin par ce gage commun de la conscience en vertu duquel dles ont souscrit au complet abandon d'elles» mêmes; à plus ferte raison devront-^Ues être soumises au voile par le temps sans lequel elles ne peuvent deve* nir ^xmses , ët dont le cours ^ sans même attendre le ma> riage, les met hors du nombre des vierges. Les païens eusmêm^ observent le temps, afin de rendre, confiMrmêment aux lois de fat nature, à chaque âge ses droits. Hsont l'habitude d'employer aux affaires les femmes à douze ans, l(s hommes deux ans après, déterminant ainsi la puberté par les années et non par les ûan(^ailles ou le mariage. Chez eux, une fille, toute vierge qu'elle est, peut
avoir le nom de mère de famille « de même qit^uii homme neuf être^pèrede famille sans être marié. Pour nous* nous Tofaservi^pas même ces lois de la pâture, comme » le Dieu de la nature n*ëlait pas le nôtre.
XII. A ces témoignages du corps et de l*esprit , reconnais donc pour femme , reconnais pour mariée celle qui
' les a éprouvés daus sa couscience et dans sa chair. Voilà les prenuci es tablettes sur lesquelles la nature a gravé les fiançailles et les noces. Couvre à l'extérieur celle qui est cachée sous un voile à l'inférieur ; couvre aussi la téle , puisque les parties inlerieures ont aussi leur voile. Veuxtu connaître quelle e^t lautorité de Tage? Mets sous nos yeux deux femmes, Tune violée avant la puberté, avec un habit de femme, l'autre demeurée vierge, quoique dans un âge assez avancé, avec son habit de vierge, nous aurons moins de'peine à nier que la première soit femme, qu'à croire que la seconde soit vierge. Telle est la force de 1 âge , que l'habit lui^néme ne peut la déguiser.
Hais, autre consid^tion. Celles qui refusent de se voiler confessent, eo changeant de vêtement, qu'elles ont changé d'âge. Aussitôt qu'elles se reconnaissent pour i'emmes, elles sortent de la classe des vierges, en retirant de leur léte la marque de ce qu'elles étaienf; elles disposent autrement leur coiffure, dans laquelle elles introduisent
* des cheveux étrangers qu elies partagent sur le haut de leur tétc avec une aiguille industrieuse, déclarant ainsi .ouvertement qu'elles sont femmes. Déjà elles demandent conseil au miroir pour orner leui* beauté ; elles adoucissent lëur peau par des essences $ peut>etre même la déguisent-elles sous un fard menteur \ elles laissent flotter lewr manteau ; elles portent des chaussures de toute e»pèce; elles vont au bain avec un équipage plus nombreux. Enfin , pourquoi entrerais-je dans tous les détails? Leur extérieur lui seul prouve évidemment qu'elles sont femmes. Ce n'cbt que par la iiudiie de leur léte qu'elles veulent passer pour vierges, désavouant par cette marque
unique Tétat dont elles font pKifelBÎàa ]^rtcÀit aUfenN* XIIL Si c'est à cause des hammes qu'elles adoptent rhabiUement des feninies, A bien! qu^elles Tadopient tout enûeri de manière 4 ne paraître que voilées devant les païens. H est bien juste qu'elles caebentdans Téglise cette même virginité qu'elles cachent hors de Téglise, Elles craign€ul les etrano^crs ; (ju'elles respectent leurs frères , on bien qu'elles paraissent vier(^es dans les rues avec autant de hardiesse que dans nos églises. J'applaudirai à leur intrépidité , si elles se font gloire de leur virginité devant les païens. Au dedans et en dehors de nos églises, même nature; même liberté au dehors et devant l^, Seigneur pour la profession de la virginité. Bourquoâ donc étaler dans l'église une perfection qu'elles enseve^ lissent ailleurs ? Je leur en demande la raison. Est-ce pour plaire À leurs frères, ou pour plaire à Dieu, lui-même? Si c'est pour pkire à Dieu, il est aussi capable de ▼oir ceqiii se pratique ea secret , que juste pour réooiBpénser oe qui 3e fait uniquement pour lui* Enfin, il nous rêoônmaiide « de ne pas publier au son de latranipette le bien qne « nous faisons devant lui , ni d'en attendre la récompense « de la part des lioiiiuies, » 0"^ s'il nous est défendu de donner un denier (l), « ou la moindre aumône sans la ca- « cher à notre main gauche, » qne tle ténèbres nous devons répandre sur l'oflrande que ikjus faisons à Dieu de noire corps et de notre esprit, puisque cest toute notre pâture eUe-méme que nous lui consacrons ! CkMiséquem* meut^ une cbose qui ne peut paraître faite pour plaire À Dieu , puisquelle ne se &it pas comme Dieu le demande, ne peut être âute qu'en vue des bommes. Par là même elle devient ilUcile , comme eotaçbée de vsaine f^oire \ car la vaine gloire est défendue à ceux dont tout le m^ite ré-
il) ho tnte dit : IMmi vietwioH* C'était une f«Ute pièce d'argent , appelée de ce nom parce qu'elle portait pour empreinte une Victoire. Il en est question dans Pline - Qui nunc victoriatus oppt>lfatwr lÊf0 ChUA pêfimtêm êst. Est auiem stgmtus ViçtQrid, U iode mmeit.
TERTtJLLîBN#
sideéaiis Thmiiilité. Si la cotttiiieiMM! e^t tm don dé IKen^ « pôurqiioi Tootf eo glorifim*^ comiùe si cè n'ëtttit pas on « don qae toos ayes re^? Si vous de Taves jpoint reçu, « qa*aTez>-voi« qoi fie inw ait été dMîié ?» La lnèilleul>« prëtove que vbus n'avez point t«çii d<» DIen ia yir^nité , €*e8t que vous ne la consacrez pas tout entière à Dieu seul. Exairiiiions par coiiséquôQtsi OC qui viéûtderhomme est solide et véritable»
• XIV. La première fois que celte qUestioi) Commenrfi de s'afT^ifer, Tune d'entre elles, dit-on, fit tetU; demande : Comment donc pcrsuadcrons-noUt«t aux autres la pratique de cette vertu ? Comme si c'était le nombre qui nous rendit heureux , et non la grâce de Dieu et les mérites de chacun. Sont-K^e les vierges qui honorent et recommanéent r&glise devant Dieu ? ou bien esl-ee Tfiglise qui hoboie et recommande l«svierg«i?Celleqaiprot»8ait cette demande «TDiMidiMicque la ^re ibisoit ks vierges^ Or^atee la gloire aarrife TinqniéMde \ atee Tinquiécndét la eonttainie ; atree la contrainte, la néoessiié) àvee la néMiHé, la (faiblesse. C*est donc à bon droit qu^érîtant de sé voiler la téte, pour se livrer à toutes les soUicitudes de la vaine gloire, elles sont réduites à cacher leur honte, parce tjiK' leur faiblesse a succombé. Car c'est la vanité, mais non la rtjiigion, qui leur inspire les dehors de la virginité: quelquefois même « leur ventre est leur dieu , » parce qu'elles savent que l'assemblée de nos frères soulage volontiers les vierges, filles né sè contentent pas de faillir: elles traînent âfprès «lies line lon^fne snite de prévarications. Car une fols poâéèl àttk regards pnblk» ^ enorgnetllies dé ces marques àliMineor, et comblées jpar lenr» Me& de tons les lémôignages de respect et de <âiarîté) si elles viennent à failUl-, elles savent bien qo*lir moins de se cacher, elles vont recueillir autant de honte que tout k l'heure de respect. Si on assi(^ne à la virginité le privilège d'avoir ia téte découverte, dès qu vnie vierge sera infidèle à la grâce de la virginité, elle restera sans voiler sa téte, de peur
TEETULLIEN. 587
de trahir son déshonneur. Qu'an ivo-t-il alors ? elle se montre sous un extérieur qui ne lui appartient pas, c'està-dire sous la marque distinctive de la virginité. Elle demeure néanmoins anis cet e^tériciir. qui lui est au moins ëtran^jcr, de peur de faire connaître son crime en changeant de dehors. Puis, les voilà, elle et ses pareilles, qui, ne Silchant que trop hien qn'eileà sont soniMées, osent s^approcher de Dieu la tétedéeouverte.
Mais le Seigaèor ipn a dit eti Dieu jaknlx : <t II n'y à k tien de caclié «jai ne se découvre ^ la fin , * permet qnè leà désordres de la plupart éelatent an grand jour, Cat die» lié les eonle88dK>nt jamais que trahies pair les vagis«> ftnsettfs de leurs enfants. Si on en reoontialt plusieurs par ced témoignages , ne peut-on pas les soupçonner de plus grands crimes encore ? Je le dirai , quoique malgré moi , il estdillicile qu'une fille devienne femme une fois, quand elle ne craint pas de le devenir, et que l étant devenue, elle peut feindre la virginité jusque devant Dieu, Queb horribles attentats elle se permettra contre son sein, de peur d'être surprise dans la maternité ! Dieu sait combien d enfants seraient venus à la lumière parfaits el entiers, si leurs mères n'avaient lobg-temps cotinbattn pottr les étouffer. Ces sortes de vierges conçoivent facitemeAt et acoottEsbent sans peine, mais d'enfants semblables' ë leurs pères. Voilà les crimes qui naissent d'une virgiuilé «sontrainte et involontaire.
Lè désir lni»niéaie de paraître est déjà une tiolaiion dé là pudeur, et le soin de plaire auk hommes v Godséquemment, renferme en soi quelque chose qui n est pas d inie vierge. Que son intention soit piire, je vous Taccorde*, toutefois est-il qu'en se luoniraut, elle court nécessairement (1( s (Iruigers lorsqu'elle est frappée par cette multitude de regards, lorsque tous ces doigts qui la montrent chatouillent son orgueil, lorsqu'elle excite destranspurls immodérés, lorsqu'elle prend feu au milieu des baisers et des embrassements répétés de ses frères. Ainsi le
mmuËN
front s'endurcit ; ainsi la pudeur s'affaiblit peu à peu ^ ain^i Ton tombe dans la < lissolutiou ; ainsi Ton apprend à désirer de plaire au (renient.
XV. Mais quedis-je ? La virginité, quand elle est véritable, pure, entière, ne redoute rien pins qu'elle-même. Elle ne veut pas même endurer le regard des femmes, car ses regards à elle sont bien différents. Elle a recours au voile comme à un casque, oomme à un bouclier, afin qu'il laide à protéger sod trésor contre les attaques de la'tentation , ooDtre les traits du scandale, contre les soupçons, contre les secrètes médisant» oonlre la Jalousie, isoattt Fenvie elle-même. Il est cJiez les païens une opératioci formidable, la ftscination (1), qui tue par la louante et par la -vaine gloire* Nous TattrilMions quelquefi^is au démon , parce que la haine du bien est son domaine ; quelquefois aussi nous Tattribuons à Dieu , parce que c est Dieu qui juge roigueil, « en élevant le cœur humble et en « abaissant le superbe. )> La vierge pure craindra donc, ne fut-ce qu'à titre de fascination , d'un coté l'ennemi , de l'autre Dieu ; d'un coté la malice qui porte envie, de l'autre la lumière du juge : elle se réjouira de n'être connue que d'elle seule et de IMieu» Tant qu'elle ne sera connue que de lui, elle aiun sagement fermé la porte à toutes les tentations. Qui osera , en efiet, fatiguer de ses regards un visage catché, un visage insensible , un visage enfin qui , pour ainsi parler, n^a rien que de triste. Toutes les maurvaises pensées viendront se briser contre cette sainte sé* vérité. Enfin, c'est s'élever au'dessus de son sexe que d*étre vierge en <»chant sa virginité.
XVI. Ainsi notre sen liment s'appuie sur l'Ecriture, sur la nature, sur la discipline. L Écriture établit la loi; la nature la justifie \ la discipline la commande. Contre tant
(i) PUnt VAnden iioos éclaire encore Mr ce punge de TertnUlen : Ia eédem Jfricâ fhm&iit» ^unsdam i^faseùnnliitm t^onu» êi Memf^ioru» tradvnt, quarum faudationê 4mtêrwm jjfr^tm, antconi wktrettf mmimhw
Wt/SuiiM. (PUM. VII.)
TERTDLUEN.
d'aiîtoritcs, que peut la force de la coutume ? ou quel est le prétexte du sentiou nt contraire? Écriture, nntnre, discipline, tout émane du même Dieu : tout ce qui leur est opposé ne vient pas de Dieu. L'Écriture est-elle obscure? le témoîgDRge de la nature est manifeste : avec son témoignage, les obscurités de rËcriture disparaissent. Boutezvous encore apt^ le témoignage de la nature ? la disesplîne contre clairement ce qu'il y a de plus agréable à Dieu* Rien qui lui soit pluscber que rbumilité; rien qui lui plaise autant que la modestie; rien qu'il haïsse plus que la vanité et le soin de plaire aux bommes. Pàr conséquent, que tout ce que vous trouvez établi par Dieu soit pour vous rÉcriture, la nature et la discipline, puisqu'il vous est ordonné « d'examiner et de suivre le parti le meilleur, n . Il nous reste maintenant à nous adresser aux femmes elles-mêmes pour qu'elles reçoivent plus volontiers ces conseils. Qui que vous soyez» mère, sœur, fille, épouse, n'importe Tâge et l'état , voilez votre téte ; mère , à cause de vos enfants; sœur, à cause de vos frères; fille, à cause de votre père. Point d'âge que vous ne mettiez en péril ; revétez-vous des armes de la pudeur; dressez devant vous le rempart de la modestie ; environnez enfin votre personne aune muraille qtii arrête vos propres regards ainsi que les regarda d*autrui. ftestez fidèle à l'extérieur de la femme, pour conserver votre virginité -, déguisez quelques-uns de vos trésors intérieurs, pour ne montrer la vérité qu'à Dieu seul ; ou , pour mieux dire , vous ne mentez pas en passant pour épouse : vous êtes l'épouse du Cbrist; cVst à lui ([uc vous avez livré votre chair; à lui que vous avez fiancé la maturité de votre âge. Marchez donc telle que le veut votre époux. C'est le Christ qui veut que les épouses et les fiancées des hommes soient voilées : exigera-t-il moins des siennes ?
XTIL Mais nous vous exhortons aussi , vous qiii êtes mariées , et qui avez à pratiquer une autre chasteté » ne vous affranchissez jamais de la discipline du voile , pas
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même sonl moment* Mais surtout n^allez pas le détruire parpie qiie yovs n^e pouvez le quitter, eu ne tous montrant ni tout-)i«*f^it voilées, ni fout4i-fai| découvertes. Car il eh est qui se lient la tête plutôt qu'elles ne la couvrent avec des mitres ou bandelettes qui leur cadicnt le front, il est vrai, mais qui laissent à découvert la lète proprement dite. D'autres, de peur sans doute de la trop charger, se couvrent la tête avec une coinm c légère, qui ne descend pas même Jusqu'aux oreilles et oe caclie que le sommet de la téte. J ai pitié d'elles, si elles ont l'ouïe asse:^ dure pour ne pas entendre à travers un voile- Mais qu^elles le sachent bien : la femme tout enljjère n*est que téte. Les limites du voile finissent là où commence le vêtement \ tout Tespace que peuvent occuper les cheveux, ils doivjent le remplir et envelopper les épaules; car ce sont les épaules qui doivent être soumises^ c^est à cause d'elles que « la femme porté sur sa téte la marque.de sa sujétion. » Le voile est le joug des femmes.
Les femmes de l'Arabie, toutes païennes qu'elles sfint , vous serviront de juges; elles qui, non contentes de se voiler la tête , se couvrent aussi le visage tout entier, de sorte que, ne laissant d'ouverture que pour un œil , elles aiment mieux renoncer à la moitié de la lumière, que de prostituer leur visage tout entier. Là, ^ne /emme aime mieux voir que d'être vue. Voilà pqurqijiQi pne reine de Rome (1) les déclarait très-malheureuses^ d^ pouvoir aimer plus qu'elles ne peuvent être aimées, quoiqu'il soit permis de dire qu'elles sont heureuses, en ce qu'îles so^nt exemptes d'un autre malheur plus commiin , parce qye les femqies d^ordînaire peuvent être aimées plus qu'elles ne sont capables d'aimer. La modestie, imposée par cette discipline païenne, est plus pure, et pour ainsi dire, plu^ barbare que la nôtre.
Dieu a bien voulu nous déterminer aussi par ses rcvé-
(i) Messaline, épome de Claude.
iJiyiiizeo by
I;itions la grandeur du voile. Il arriva qu'un ange, ap- 4 paraissant en songe à 1 une de nos sœnrs, frappait sur ses épaules, en même temps qu'il en louait la beauté : u Merci veilleuses épaules , disait-il « et qui méritent bien 4^clre « nues! 11 est bon que vouft soyez couverte depuis la tête « jus(]u'aax reins, de peurque cette nudité de vos épaules « ne vous deTÎenne funeste. Ce qui est dit à Tune s'ait dresse k toutes les antres* » Mais quel châtiment ne méritmnt point celles qui demeurent découTcrtes pendant le chant des psaumes , ou bien lorsque Ton parle de Dieu ? Celles qui , durant la prière , se contentent de placer sur le haut de leur téte quelque bande , (|uelque filet ou une simple luile, se ci oii ont-elles véritablement voilées? Il faut que, selon elles, leur lèie soit bien peu de chose. D'antres, tout en portant un voile plus étendu que ces bandes ou ces rubans, n'abusent pas moins de leur tete, semblables à cet oiseau qui , tout ailé qu'il est, semble plutôt approcher des animaux terrestres > ayant une petite téte emmanchée d'un long cou , et que du reste il porte toujours fort droite. On dit que, quand il veut se cacher, il plonge sa téte tout entière dans des broussailles» mais qu'il laisse tout le corps k découvert. Ainsi en sûreté pour sa téte , mais à découvert dans la partie de lui-même la plus remarquable, il se &it prendre tont entier. Il en sera de même de ces femmes qui se couvrent moins qu'il n'est utile. 11 faut donc qu'en tout temps, eu tout lieu , elles se souviennent de cette loi , toujours prêtes et disposées à entendre parler de Dieu. S'il est au foiid de leur cœur, on le reconnaîtra facilement à leur tète. Que la paix et la grâce de notre Seigneur Jésus soient avec ceux qui préfèrent la vérité à la coutume, et qui liront ceci avec un esprit de paix et de douceur ! Qu'elles soient aussi avec Septimius Tertullien , auteur de cet opuscule 1