‹ Les Péridiniens parasites: Morphologie, reproduction, éthologieChapitre 53 sur 119 · I. ACTION SUR L’HOTE · texte numérisé non relu

I. ACTION SUR L’HOTE

CASTRATION PARASITAIRE. — Il est d’abord une conséquence tout à fait générale pour le Copépode, de son infestation par un Blastodinium, quelle que soit l’espèce de l’hôte ou du parasite : la castration parasitaire. Chez aucun individu parasité la glande génitale n’arrive à maturité, chez aucun, les conduits évacuateurs des produits sexuels ne se développent. Chez les Copépodes à l’avant-dernier stade et au dernier stade, la gonade est encore à l’état où on la trouve chez les larves indemnes, à 2 et 3 pléonites, c’est-à-dire réduite à une ébauche qui ne s’étend pas au delà des limites des 2°me et 3ème segments thoraciques, mais où quelquefois le sexe des gonies est cependant reconnaissable. Il arrive souvent aussi qu’elle fasse complètement défaut.

Mais contrairement à ce que l’on aurait pu présumer, étant donnée la précocité de l’infestation, qui précède la période de différenciation de l’ébauche génitale, et qui précède aussi les trois mues successives qui séparent la larve à 2 pléonites de l’adulte, la castration n’a aucun retentissement sur la morphologie de l’hôte, même point sur la structure de

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la cinquième paire qui diffère notablement, comme l’on sait, chez le mâle et chez la femelle et qui n’apparaît qu’au stade à 3 pléonites.

INHIBITION DE LA DERNIÈRE MUE CHEZ LE MALE. — Mais il semble qu’elle arrête par contre le développement complet du mâle en inhibant la dernière mue, celle qui sépare le stade à 4, du stade à 5 pléonites, et qui s'accompagne de très importants remaniements morphologiques (structure du 5° périopode gauche qui se complète à 4 articles, écartement des branches de la furca, multiplication des soies sensorielles sur les antennules) et anatomiques (prolifération musculaire et régression partielle du tube digestif), dont l’ensemble constitue une véritable métamorphose qui relève des phénomènes généraux d’épitoquie!. Je n’ai jamais rencontré de semblables mâles parasités. On conçoit qu’un Copépode épuisé par son parasite à tel point qu’il ne peut développer sa glande génitale, ne puisse, à plus forte raison, pourvoir aux frais d'énergie que nécessite une refonte complète de son organisation. Mais en somme la castration parasitaire des Copépodes pélagiques par les Blastodinium, n’aboutit à rien de comparable à cette persistance des caractères embryonnaires que HERrRIcK 1884 a constatée chez les Cyclops infestés de larves de Distomes.

La castration est du mode indirect. L'examen des Copépodes parasités par de nombreux et volumineux parasites, comme par exemple les grosses formes de B. contortum, qui dilatent le tube digestif au point que la cavité générale est réduite à un espace virtuel, pourrait de prime abord suggérer l’idée que la castration est seulement le fait de la compression de l’ébauche génitale. S'il en était ainsi, elle serait bien plutôt du mode direct.

Mais l'observation de parasites moins développés montre que ceux-ci ne peuvent agir mécaniquement sur la glande génitale. Ceci est particulièrement évident pour les formes bien tordues de B. contortum qui sont orientées dans le tube digestif, de telle façon qu’elles évitent par leur torsion la région génitale (fig. LXXIX, LXXXIV, LXXXV).

ABAISSEMENT DE LA TAILLE MAXIMA. — Un autre effet du parasitisme des Blastodinium chez les Copépodes, qui n’apparaît pas à première vue, mais qui me paraît ressortir de ma statistique, est l’abaissement de la taille maxima chez les Copépodes parasités. Je n’ai sur ce point de documents suffisants que pour Paracalanus parvus. Le nombre des autres

1, Je reviendrai à cette intéressante question daris ur mémoire ultérieur,

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