‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 277 sur 307 · Oneirocrit. V, xxv · texte numérisé non relu

Oneirocrit. V, xxv

servus pubUcus avait précipité du haut de la Roche Tarpéienûc le vainqueur des Gaulois ^

Voilà ce que nous apprennent les témoignages anciens d^s dates les plus diverses, et je n'ai point encore trouvé un seul exemple d'exécution faite par la main des soldats après un jugement rendu par le magistrat civil.

Je n'ignore pas que, dans l'histoire romaine, et comme on le rappelle sans cesse en parlant de la Passion du Christ, nous voyons souvent des soldats, des centurions, des tribuns même égorgeant de leurs mains ou faisant tuer devant eux les victimes que les souverains désignaient à leurs coups. Ce fut ainsi que périrent Messaline, Lollia, Agrippine, Lateranus, Sénèque et le petit-fils de Tibère*. « Même au milieu des « délassements, au sein des jeux et des plaisirs, dit Suétone, « l'instinct féroce de Caligula se faisait jour ; souvent, dans « ses soupers et ses orgies, on donnait la question sous ses « yeux. Un soldat, singulièrement habile à couper les têtes, « décapitait tous ceux des prisonniers que l'on amenait '. » Telles étaient les sanglantes fantaisies de l'homme qui envoyait les captifs à la mort, sans vouloir s'informer des causes de leur arrestation *, qui torturait par plaisir ses victimes et les faisait tuer à petits coups ^.

Pour qui veut étudier l'histoire des exécutions judiciaires, aucun enseignement ne saurait se dégager de pareils faits. Tout ici nous éloigne des notions du droit et de la justice. Vers le premier siècle de notre ère, un écrivain dit qu'en matière de supplice, la loi détermine tout : le mode, le lieu d'exécution, la main qui doit frapper, et que, même pour un esclave, un captif, il ne saurait être permis de l'oublier •, La

. 1. Dio Cass. Fragm. XXXI, éd. Reimar, t. I, p. 36.

2. Tacit. Ann. XI, xxxviii ; XII, xxii ; XIV, viii ; XV, lx. — Suet. Calig. xxiii. Voir encore i£lius Lampridius, Heltog, xvi, etc.

3. u Miles, decollandi artifex, quibu^cunque e custodia capita amputabat. » (Suct. Caligt xxii).

Page 1