‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 70 sur 307 · S. Damas., Carm. XVIII · texte numérisé non relu

S. Damas., Carm. XVIII

TARSICIVM SANCTVM CHRISTI SACRAMENTA GERENTEM CVM MALESANA MANVS PETERET VVLGARE PROFANIS IPSE ANIMAM POTIVS VOLVIT DIMITTERE CAESVS PRODERE QVAM CANIBVS RABIDIS CAELESTU MEMBRA Les chrétiens avaient d'autres arcanes soigneusement cachés. Tels étaient les poissons d'agate que l'on portait au cou (De Rossi, IX6T£, p. 12, etc.), le nom de l'IXeri: [S. Augusl., De Civ. Dei, XVIII. 23, etc.), les interrogations mystérieuses sur le sang, la chair du Fils de l'homme, incomprises même s catéchumènes (S. Aug. Tract. XI in Joh. § 3). Les symboles que cachait ulée et sur lesquels était fondée l'accusation de magie, n'avaient certes a de plus impénétrable, de plus suspect pour des regards ennemis.

Dans un passage que j'ai cité plus haut, Tertullien nous montre le fidèle écartant par son souffle Tesprit malin '. Il n'était point, chez les chrétiens, de pratique plus répandue et, avant le prêtre africain^ saint Irénée ' mentionne cette coutume dont nous retrouvons plus tard la marque dans les livres d'Eusèbe ', de Prudence *,"de Sulpice Sévère' et d'autres écrivains *. Là encore, les païens, s'ils voulaient y prêter attention; pouvaient voir un trait de ressemblance avec les procédés de la magie. Les sorcières thessaliennes, au temps de la République, au m' siècle, les faiseurs de prestiges, opéraient par le souffle leurs enchantements et leurs prétendus miracles. Lucain ^ et Origène ' en témoignent à la fois, et l'identité de pratique pouvait exposer les fidèles à se voir confondus avec ceux dont ils détestaient le plus les actes.

L'exorcisme, je l'ai dit plus haut, mettait en fuite les démons. La guérison des possédés se tentait également chez les païens, mais, aux yeux de ces derniers, si empressés qu'ils fussent à amener aux chrétiens leurs malades pris du morbus sacer^, une telle œuvre était magique*\ Répéter, comme le faisaient les fidèles, que les génies infernaux chassés par leurs prières étaient les hôtes mêmes de rOlympe, Saturne, Jupiter, Esculape, Mercure, Sérapis**,

1. Ci-dessuF, p. 82 ; voir encore Apologet,, XX111 ; De idoloLy XL

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