Archives du Canada, Correspondance générale, vol
poste, il laissa ses barques, et continua sa route sur deux charrois ; entrant de nuit dans le port, il aborde une frégate de 24 pièces de canon, déjà chargée de morues, s'en rend le maitre, brule deux flûtes de deux à trois cents tonneaux chacune, coule à fond une autre petite frégate, et se retire avec sa prise et un grand nombre de prisonniers.
“* Dans le fort de Bonavista étaient six cents anglais, qui, le lendemain matin, étaient prêts à attaquer l'ennemi, mais il était trop tard. La Grange et ses braves étaient déjà en route pour Québec, où ils arrivèrent au bout de quelques jours. "1: |
Nous lisons dans le mémoire du Roi à M. de Vaudreuil en date’ du 17 juin 1705 :
“ La frégate Angloise que le S. de la Grange avoit pris et amené à Pilbao pour y vendre la morue dont elle estoit chargée a esté prise en venant de Bilbao à la Rochelle ainsy Sa Majesté n'a pas eu occasion de luy donner les matelots qu'il avoit demandé pour ce Bastiment. Cependant Sa Majesté se souviendra des services dud. S. de la Grange et Elle luy fera du bien dans les occasions. ” 14
13, Cours d'histoire du Canada, vol. 11, p. 353. 14. Archives du Canada, Série B, 27-1, p. 128.
Le 19 octobre 1705, MM. de Vaudreuil et Beauharnois écrivaient au ministre :
“Le sieur de Lagrange qui est un très bon homme de mer, et qui a l'honneur d’être connu de vous, Monseigneur, par le combat qu'il a rendu dans la prise qu'il a faite, à la côte anglaise de Terreneuve, a proposé aux sieurs de Vaudreuil et Raudot de vous demz-der pour lui une frégate du Roi de 30 canons qu'il armera à ses dépens ; il se chargera d'amener ici dans ce bâtiment cinquante tonneaux de sel pour le compte du Roi, après quoi, Monseigneur, il compte d'aller faire la course, outre le bien que cette frégate fera au pays, en y apportant le sel en prime, ce qui mettra le Sieur Raudot en état d'exécuter sa parole, elle mettra les vaisseaux marchands qui viendront ici en sûreté, puisque les Anglais, sachant que nous aurons une frégate armée n'oseront plus envoyer des brigantins dans la rivière où cette année nous avons appris qu'il y en avait deux. Les sieurs de Vaudreuil, Raudot et Beauharnois vous supplient Monseigneur, de vouloir bien continuer les bonnes intentions que vous avez pour le sieur Lagrange et de le proposer à Sa Majesté pour être capitaine de flûte. ” ?#