FE ROBERT GIFFARD ETA!T-IL MEDECIN
Où trouve-t-on la preuve que Robert Giffard, premier seigneur de Beauport, était médecin ?
Nous n'avons pas vu la commission ou les lettres-patentes pe mettant à Robert Giffard d'exercer l'art de la médecine. Si le seigneur de Beauport a apporté ce document dans la Nouvelle- France il y a longtemps qu'il est disparu car il n'a été mentionné par aucun de nos chercheurs. Mais à l'aide des Relations des Jésuites et du Journal des mêmes Pères il est facile d'établir que Giffard était médecin.
Nous lisons dans la Relation de 1640-1641 :
“Une jeune femme chrétienne pensant mourir en ses couches et sa petite fille, nouvellement née, était si malade que les femmes sauvages disaient qu’elle s’en allait expirer; le père et ‘la mère de l'enfant promirent à Dieu qu’elle serait toujours vierge, c'est-à-dire qu'ils la feraient religieuse quand elle serait grande si elle le voulait être: Dieu sauva la mère et la fille... Le sieur Giffard sauva la vie à la mère; et Notre-Seigneur ressuscita pour ainsi dire le petit enfant. ”
Dans la même Relation on raconte la mort précieuse de la mère Sainte-Marie, hospitalière, et
on écrit qu'elle fut traitée dans sa maladie par le sieur Giffard.
Voici maintenant une preuve directe.
La Relation de 1642, parlant de la femme d’un capitaine sauvage de la résidence de Saint-Joseph, dit :
“,,, Etant malade il y a quelque temps un Père l'alla visiter avec le sieur Giffard qui sert de médecin à Kebec ; après lui avoir touché le pouls et considéré sa maladie il lui fit dire qu’elle prit courage, qu'elle ne s'attristät point pour ce que sa maladie n'était point mortelle, cette femme regardant le père comme étonnée lui dit: “ Cet homme sait-il bien que je suis baptisé? Il le sait bien, dit le Père. Paurquoi donc, replique-t-elle, me dit-il que je prenne courage et que je ne m'attriste point et que je n'en mourrai pas? Dieu n'est-il pas mon père? N'est-ce pas lui qui détermine de ma vié? Pourquoi donc m'attrister de ce que fera mon père? Qu'il en fasse comme il voudra, il est le maitre, je suis chrétienne, je ne m'attristerai point. Le médecin n’'attendait pas une telle réponse d'une femme qui est née dans la barbarie ; il y en a de plus experts en France que lui, à qui on n’a jamais fait une semblable réponse. ”
Mais nous avons une preuve encore plus forte que celles que nous offren. les Relations et le
Journal des Jésuites. Dans l'acte de concession du fief de Saint-Gabriel accordé à Giffard, le 11 avril 1647, par la Compagnie de la Nouvelle- France, il est qualifié de médecin ordinaire de Sa Majesté, “ A ces causes, y déclara-t-on, estant pleinement certifiez des louables qualités de Robert Giffard, seigneur de Beauport, coner (conseiller) et-médecin ordinaire de Sa Majesté, et de l'expérience et connoissance qu'il s'est acquise dans le dit pays depuis longues années qu'il y fait son séjour, comine aussi de son zèle à la religion catholique, apostolique et roinaine, fidélité et affection aux services du roy...”