LES FETES D'OBLIGATION SOUS LE REGIME FRANÇAIS
Actuellement, dans toute la province de Québec, outre les cinquante-deux dimanches de l’an-
27. Sur le docteur Sarrazin on peut consulter la brochure anonyme de M. l’abbé Bois publiée en 1856, Mi
née, nous célébrons sur semaine six fêtes d'obligation: la Circoncision, l'Epiphanie, l'Ascension, la Toussaint, l'Immaculée-Conception et Noël.
Sait-on combien il y avait de fêtes chômées sur semaine sous le régime français? C'est M. l'abbé \uguste Gosselin qui va nous l'apprendre :
“ Trente-trois ! C'est-à-dire qu'outre les cinquante-deux dimanches de l'année, il y avait trente-trois jours où nos ancêtres chômaient : toutes les fêtes d'apôtres, deux ou trois fêtes de la Sainte Vierge. la Saint-Joseph, la Sainte-Anne. la Saint-François-Xavier, etc: et l'on sait par la tradition avec quelle exactitude ils suspendaient leurs travaux et s'abstenaient ces jours-là, comme le dimanche, de toute œuvre servile, assistant
fidèlement à tous les offices de l'Eglise, y compris les vêpres, auxquelles pour rien au monde ils n'auraient voulu manquer. Les lundis et mardis de Pâques et de la Pentecôte étaient d'obligation, comme la fête elle-même; de sorte qu’à chacune de ces deux fêtes on était trois jours de suite sans travailler.
chel Sarrasin, médecin du roi à Québec, conseiller au Conseil Supérieur, l’étude de Mgr Laflamme, Michel Sarrazin: matériaux pour servir à l’histoire de la science en Canada, publiée dans les Mémoires de la Société Royale du Canada (vol. V, 1887) et la biographie de Sarrazin publiée par le docteur Georges Abhern, dans le Bulletin Médical de Québec, nos de septembre, octobre et novembre 1918.
* Depuis longtemps la Cour exprimait aux autorités religieuse et civile du Canada le désir que l'on réduisit ici le nombre des fètes chômées, comme on l'avait fait en France; et un certain nombre de Canadiens, les hommes d'affaires et les négociants, surtout, le demandaient également. Ecrivant à l'évèque, au printemps de 1743, M. de Maurepas paraissait croire que la chose était déjà faite. Mgr de j'ontbriand jugea alors qu'il était temps pour lui de s'exécuter. Mais on voit par le mandement qu'il publia à cette occasion qu'il lui en coùta beaucoup de supprimer un certain nombre de fêtes ; et il ne se décida que par la pensée qu'il ne les supprimait pas tout-à-fait, puisqu'il en renvoyait la solennité au dimanche:
* Plusieurs motifs nous ont arrêté jusqu'à présent, dit-il. Les malheurs que ressent depuis plusieurs années cette colonie nous persuadent qu'elle ne peut avoir dans le ciel trop de protecteurs; et tandis que les dérèglements s'augmentent tous les jours, nous conviendrait-il de ne plus proposer aux peuples des exemples illustres et capables de les exciter à la pratique des vertus chrétiennes ? Non, sans doute ; nous voulons donc conserver le culte public aux Saints que ce diocèse regarde comme ses protecteurs, et nous avons pensé qu'en fixant leurs fêtes à ‘certains dimanches, ce culte n’en serait que plus solen-
nel... Nous ne retranchons aucune fête; nous déterminons seulement les jours ; nous n’en diminuons point la solennité, au contraire nous prétendons l'augmenter.. . ”
“ Par ce mandement, daté du 24 nov mbre 1744, le prélat renvoyait au dimancte la solennité de dix-neuf des trente-trois fêt, chômées sur sernaine. Ces dix-neuf fêtes étaient celles de quelques apôtres, la Purification de la Nativité de la sainte Vierge, la fête de Notre-Dame des Victoires, celle des saintes Reliques: la Saint- Joseph, la Saint-Jean-Baptiste, la Sainte-Anne, la Saint-Laurent, la Saint-Louis, la Saint-Michel et la Saint-François-Xavier. Il restait encore quatorze fêtes chômées sur semaine, y compris les lundis et mardis de Pâques et de la Pentecôte set quelques-unes de ces fêtes n’ont été supprimées où renvoyées au dimanche que ien plus tard.
“ Le but principal de la Cour en demandant à l'autorité ecclésiastique de réduire le nombre de fêtes chômées, et celui de l'évêque en obtempérant au désir du Roi, était de procurer aux fidèles, aux habitants des campagnes, surtout, plus de facilité pour leurs travaux. Eh bien, sait-on ce qui arriva ? Il y eut partout dans nos campagnes un murmure général de mécontentement. Le peuple est essentiellement attaché à ses coutumes, à ses usages, à ses traditions religieuses, surtout. Il
n'y eut qu'une voix pour blâmer le mandement de l'Evèque, et il fallut du temps pour convaincre les habitants des campagnes que rien d’essentiel n'était changé dans la religion. ”
“ Mgr de Pontbriand écrivait au ministre le 10 novembre 1746, c'est-à-dire deux ans après son mandement :
“ Les habitants ««.mmencent à être tranquilies sur la translation que j'ai faite de plusieurs fêtes au dimanche.
“IT va sans dire qu'il n'avait pu être juesuot pour le pieux Prélat de demande: l'autorisation du Saint-Siège avant de faire c changement L'état de l'Europe, à cette époque, rendait comunications avec le centre de la cathoiicit: +: difficiles, pour ne pas dire impossibles, M:
nouvel ordre de choses reçut dans la suite l'approbation entière du Saint-Siège. ‘ ?*
28. L'Eglise du Canada depuis Monseigneur de Laval jusqu'à la Conquête, vol. III, p. 130,
Pre inverse
MR nbiies