SCENE PREMIÈRE
COURTIN, puis LORIN.
(Au lever du rideau la scène est vide, il fait petit jour. On entend sonner avec impatience à gauche, personne ne paraît.)
COURTIN, sort de sa chambre avec plusieurs lettres à la main^ il ?st
courroucé.
II n'y a donc personne dans cette maison ! (il prend une sonnette sur le guéridon et l'agite.) HoIà!... quelqu'un!... c'est incroyable ! (il avise un cordon de sonnette près de la cheminée et le secoue avec violence tout en continuant à agiter sa sonnette.)
LORIN^ entrant à moitié babillé.
Ah ! mon Dieu ! quel vacarme !.. Tiens! c'est monsieur Courtin, le beau-père de monsieur !
COURTIN
Ah! enfin! te voilà?
LORIN
Vous êtes déjà levé, monsieur?
COURTIN
A sept heures du matin ! J*ai déjà écrit huit lettres !
LORlN.
Monsieur est indisposé?
COURTIN
Non ! Je t'ai sonné pour avoir des timbres-postes!
LORIN
Comment ! c'est pour ça que vous réveillez toute la maison ! (il prend sur la cheminée une petite boîte de timbres-postes et la remet à
courtin.) Monsieur... pour une autre fois... on les met là!... (il in-
. dique la cheminée.)
COURTIN
C'est bien! (il va s'asseoir.)
LORIN, à part.
Comme ça je pourrai dormir !
COURTIN} tout en collant des timbres.
Ah ! Lorin !
- LORIN
Monsieur ?
COURTIN
Demain, à six heures, tu entreras dans ma chambre pour me raser !
LORIN
A six heures?... du matin, monsieur?
COURTIN
Parbleu ! est-ce que j'ai le temps de me raser le soir ? Dans les affaires on ne se rase que le matin! Ah çà! mais je ne t'avais pas encore regardé! . . . c'est étonnant comme tu as engraissé !
LORIN, avec modestie.
Oh ! monsieur est bien bon !