‹ Les petites mains: comédie en trois actesChapitre 3 sur 76 · SCENE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIÈRE

COURTIN, puis LORIN.

(Au lever du rideau la scène est vide, il fait petit jour. On entend sonner avec impatience à gauche, personne ne paraît.)

COURTIN, sort de sa chambre avec plusieurs lettres à la main^ il ?st

courroucé.

II n'y a donc personne dans cette maison ! (il prend une sonnette sur le guéridon et l'agite.) HoIà!... quelqu'un!... c'est incroyable ! (il avise un cordon de sonnette près de la cheminée et le secoue avec violence tout en continuant à agiter sa sonnette.)

LORIN^ entrant à moitié babillé.

Ah ! mon Dieu ! quel vacarme !.. Tiens! c'est monsieur Courtin, le beau-père de monsieur !

COURTIN

Ah! enfin! te voilà?

LORIN

Vous êtes déjà levé, monsieur?

COURTIN

A sept heures du matin ! J*ai déjà écrit huit lettres !

LORlN.

Monsieur est indisposé?

COURTIN

Non ! Je t'ai sonné pour avoir des timbres-postes!

LORIN

Comment ! c'est pour ça que vous réveillez toute la maison ! (il prend sur la cheminée une petite boîte de timbres-postes et la remet à

courtin.) Monsieur... pour une autre fois... on les met là!... (il in-

. dique la cheminée.)

COURTIN

C'est bien! (il va s'asseoir.)

LORIN, à part.

Comme ça je pourrai dormir !

COURTIN} tout en collant des timbres.

Ah ! Lorin !

- LORIN

Monsieur ?

COURTIN

Demain, à six heures, tu entreras dans ma chambre pour me raser !

LORIN

A six heures?... du matin, monsieur?

COURTIN

Parbleu ! est-ce que j'ai le temps de me raser le soir ? Dans les affaires on ne se rase que le matin! Ah çà! mais je ne t'avais pas encore regardé! . . . c'est étonnant comme tu as engraissé !

LORIN, avec modestie.

Oh ! monsieur est bien bon !

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