ACTE II
COURTIN
, C'est une nuance solide... et puis c'est riche!... Si tu avais vu, autrefois, à Gaen, la belle madame Bocandin... lorsqu'elle passait devant la Bourse avec son chapeau vert et sa robe puce )... les transactions s'arrêtaient... net I pour un moment.
ANNA
Je ne veux pas d'un chapeau qui arrête les transactions. D'abord, si j'avais été homme, j'aurais aimé le commerce, moi !
COURTIN
Je crois bien ! Tu n'es pas dégoûtée !
ANNA
Oh ! le commerce ! l'industrie ! c'est si beau I
COURTIN, ravi.
Vrai ? là ? tu trouves ?
ANNA
^Depuis les chemins de fer qui mettent en communication directe les grandes artères du monde civilisé 1 (a part.) J'ai lu ça dans le journal !
COURTIN, à part avec admiration.
Gomme elle parle chemins de fer !... Si jeune I... C'est un ange I (Haut.) Ainsi , tu n'aurais aucune répugnance à épouser un commerçant?
ANNA
Aucune.
Aht chère enfant ! merci I (ii l'embrasse.) J'en ai un en vue pour toi.
ANNA
Ah!
COURTIN
Un charmant garçon !... Tu le connais, Il sort d'ici.
ANNA, à part.
C'est Jules .. il l'aura vu s'en aller...
COCRTIN.
Il est parti on peo bhisqiieiiieot.
ANNA
Pour aller à la Bonne.
COtJRTm.
Je m'en doute.
ANNA
Dites donc, petit papa... il parait que les cotons vont monter ?
COURTIN
Tiens I tu foccupes de cotons? Est-elle gentille I...
ANNA
Oh ! je m'en occupe... C'est parce (pie je vous ai entendu dire ce matin : Les cotons vont monter.
Chut !... C'est le contraire !... Us vont baisser I
ANNA, effrayée.
Hein? Ah! mon Dieu I
COURTIN
Généralement, quand je veux vendre, je dis à tout le monde : ça va monter! et quand j'achète, je crie la baisse t.. . C'est vieux! mais ça réussit toujours I
ANNA"
IWaîs c'est affreux ! trom]per ainsi... c'est três-mal !
CO HTIN.
Mais qu'est-ce que ça peut te faire? Tu es émue...
ANNA
Moi? Du tout ! les cotons... ça m'est bien égal ! (à part.) Et ce pauvre Jules I... Voilà un joli début .. comm«it le prévenir? ■