‹ Les petites mains: comédie en trois actesChapitre 48 sur 76 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

DE VATINELXE*

La deraière sans doute... car à mon grand regret, mes moyens ne me permettront pas de longtemps de vous en faire de semblables.

AMÉLIE

Je n'entends pas que votre position soit diminuée.

DE YATINELLE.

Respectons la coutume de Normandie ! On nous a maçonné là-bas un contrat avec des séparations, des compartiments, des cloisons... on nous a mariés sous le régime cellulaire. • Soumettons-nous!

AMÉLIE, vivement* Georges ! . . . vous voulez me quitter !

DE VATIXELLE.

Non madame .. rassurez-vous... Je ne veux pas qu'on prenne madame de Vatinelle pour une de ces épouses sans mari, qu'on voit flotter à la sur&cedes sociétés douteuses!... pour vous, pour moi je resterai. Je resterai, maisje payerai pension.

AMÉLIE

Vous êtes cruel, Georges...

IIE VATINELLE

Cruel! avec vous? non, madame!... Il y a des femmes avec lesquelles la raillerie serait une lâcheté .. ce sont celles qui, se croyant trompées, se défendent avec leur cœur, avec leurs larmes, avec leur douleur .. mais il en est d'autres pleines de sang-froid, de présence d'esprit... dont Tœil reste sec, le cœur impassible... qui se contentent d'étendre le bras et de mettre la main sur l'argent... sur le 5acl«.« Avec celles-là, madame, on ne craint jamais d'être cruel!

AMÉLIE

Est-ce bien vous qui me parlez ainsi?... Georges, je ne vous demande qu'un mot... donnez-moi votre parole d'honnête homme que vous ne connaissez pas* cette femme?

DE VATINELLE

Non, madame... cela ne m'est plus permis, on m'accuserait d'avoir voulu reconquérir la clef de la caisse I

AMÉLIE

Dites plutôt que vous avez peur de vous parjurer I

DE YATINELLE.

Comme vous voudrez, (il remet son pince-nez et consalte ses notes. ) Exercice d'avril..

AMÉLIE

Assez, monsieur!... je ne me prêterai pas plus longtemps à cette odieuse comédie 1

DE YATINELLE.

Je n'insiste pas. • . il me reste à vous remettre ces quatre mille francs à compte sur les loyers de votre maison... Le concierge... votre concierge ! ignorant ma destitution, vient de me les apporter à Tinstant, je me suis permis de les encaisser... les void... comptez, madame?... (Il les lui remet.)

AMÉLIE, les prenant.

C'est bien!

DE YATINELLE.

Comptez donc... Vous ne voulez pas?... alors je compterai moimême. (Reprenant les billets.) Permettez, (Comptant.) un, deux, vous

regardez, madame? trois, quatre. C'est parfaitement exact, (il les loi rend.)

AMÉLIE, les froissant.

Merci !

DE YATINELLE.

Maintenant, madame, permettez-moi de former des vœux pour que monsieur votre nouveau gérant accroisse rapidement votre fortune... Il connaît les bonnes valeurs, les placements sûrs et avantageux. Je vous souhaite beaucoup d'Orléans, considérablement de Lyon.

AMÉLIE

Assez, monsieur !

DE YATINELLE.

Je ne vous en fais pas de reproches... mais on paraît aimer l'argent dans votre famille, et vous-même...

AMÉLIE

Moi ! (Elle jette au feu les billets de banque qu'elle tient.)

DE YATINELLE.

Amélie 1... (il les ramasse vivement.)

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