‹ Les petites mains: comédie en trois actesChapitre 51 sur 76 · ACTE lïï 6T · texte numérisé non relu

ACTE lïï 6T

ANNA

Il paraît que lorsqu'il annonce la hausse, cela signifie la baisse... et réciproquement I Je ne pouvais pas deviner cela ! mais maintenant que je connais ses ruses, nous allons jouer à coup sûr... Ce matin, à a dit à quelqu'un : les savons vont monter !...

JULES

Alors vous me conseiller d'acheter des savons.

ANNA

Mais, pas du tout, ils vont monter... Ça veut dire qu'ils vont baisser... donc il faut en vendre.

JULESé

Mais je n^ea ai pas» mademoiselle.

ANNA

Mon Dieu, que vous êtes jeune en affaire^... Vous vendez à tenue et à découvert... Suivez-moi bien.

JULES , sans comprendre.

A découvert... bon I

ANNA

Et quand les savons auront baissé... vous les rachèterez. On vous payera la différence... Il n'y a rien de plus simple.

JULES

Très-bien. Je vends du savon... sans savon... ça monte. Je ra« chète... et on me paye la différence.

ANNA, remontant.

Voilà.

JULES

Voilà... (A part.) Quel gâchis ! Et M. Gourtin prétend que c'est utile à la société, ces machines-là !

ANNA

Ayez confiance I J'ai une excellente nouvelle à vous annoncer* Mon père est parfaitement disposé pour vous,

JULES

Sst-il possible t

ANNA

Hier nous avons causé sérieusement... vous veniez de sortir. Vous lui plaisez.

JULES

Cependant je ne suis pas encore commerçant.

ANNA

Gomment ! Vous avez perdu quinze mille francs sur les cotons. Il me semble que c'est un titre. .

JULES, avec joie.

Oh ! je ne les regrette pas !

ANNA

Priez madame votre sœur de venir faire la demande aujourd'hui... et cette fois, elle sera bien reçue...

JULES

Tout de suite ! Je cours chez elle.

ANNA

Et ensuite à la Bourse... ne la quittez pas... marchez, courez, criez I II faut qu'on vous y remarque.

JULES, il remonte.

La Bourse ! Mon Dieu que c'est ennuyeux! Adieu, mademoiselle... (il lui prend la main.) Il faut avouer que nous avons de singulières conversations ! Je me sentirais bien plus de courage si vous vouliez me permettre...

ANNA

Quoi donc?

JULES

D'embrasser cette petite main, qui tremble dans la mienne.

ANNA, retirant vivement sa main.

Non, monsieur... Après la bourse.

JULES^ tristement.

Allons I Allons à la Bourse 1 (il sort.)

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