‹ Les petites marques; comédie en deux actesChapitre 24 sur 27 · LE GUARD · texte numérisé non relu

LE GUARD

Faut-il dételer, monsieur?

DUVIVIER

Oui!

Non!

BOISPIERRE

DUVIVIER, avec humeur.

Attendez!... Allez-vous-en!... [Le guard sort.)

SOLANGE, sanglotant.

Ce n'est pas vrai ! c'est impossible!... Monsieur Georges doit être comme son frère, un vrai gentilhomme !

DUVIVIER, Iiaussant les épaules.

Allons donc !... Il faut agir!... [Se tournant vers Crellechamp.) Agissons! [Il s'aperçoit que Crellechamp a son mouchoir sur le ne:{.) Qu'est-ce que vous avez ?

CRELLECHAMP

Rien du tout... Ça va se passer..

DUVIVIER

Vous saignez du nez?

CRELLECHAMP, parlant à travers son mouchoir. Toutes ces e'motions!... Avec ma nature impressionnable !... (// sort par le fond.)

DuviviER, énervé.

Eh bien ! On se passera d'eux... voilà tout !.,. [Il se retourne vers Falerpin, qui depuis quelques instants est resté pensif .)

FALERPIN, avec réserve.

Oh ! moi ! Je dis comme ces dames !

DUVIVIER

Comment?

FALERPIN

Plus Je réfléchis, plus je me demande si Georges est réellement coupable...

BOispiERRE, exaspéré.

Ça, par exemple!...

FALERPIN

Henri, voyons ! qui prend sa défense !,.. BOISPIERRE, haussant les épaules.

C'est son frère!...

FALERPIN

Aboukir, qui se porte garant!

BOISPIERRE, haussant les épaules.

C'est qu'ils ont fait le coup à deux !

FALERPIN

Enfin, s'il l'avait eu vraiment, ce motif plausible?

DuviviER, haussant les épaules.

Et il ne peut pas le révéler?

BOiSPiERRE, de même.

Tu coupes encore là-dedans, toi?

FALERPiN, avec conviction^hochant la tête. Il est venu lui-même me parler de l'affaire bien en face, avec ce regard et cet accent qui ne sauraient mentir I...

BOISPIERRE, poussé à bout.

Ah! tu me rappelles la petite Ursule, tiens! Elle aussi te disait qu'elle ne te trompait pas, « avec ce regard et cet accent qui ne sauraient mentir».,. FALERPIN, ahuri.

Eh bien ? Est-ce qu'elle me trompait ?

BOISPIERRE, après V avoir regardé en face. Non, c'est évident !

DUVIVIER, impatienté.

Mais sacristi ! 11 ne s'agit pas d'Ursule ! {A Falerpin, catégoriquement.) Que voulez-vous qu'il fit alors dans le couloir?..

FALERPIN, baissant la voix, avec importance. Et si tout ça recelait une affaire de femme?... Hein?

BOISPIERRE

Qui, alors?... Madame Amorgo ?

FALERPIN, haussant les épaules.

Naturellement non... Il n'aurait rien raconté à d'Aboukir. {Solange est restée à gauche, et, absor-

bée dans sa douleur, ii entend jien de cette conversation^ qui d'ailleurs a lieu à voix basse. Mais madame Duvivier et madame de Boispierre se sont rapproche'es^ viennent y prendre part.)

MADAME DUVIVIER, ingénîïment.

Pourquoi ?

FALERPiN, embarrassé.

Mais, . . madame Amorgo et d'Aboukir, voyons ! . . . MADAME DE BOISPIERRE, haussant Ics épaiiles d'un air entendu.

Tout le monde sait ça...

FALERPIN, souriant.

Excepte' Amorgo.

BOISPIERRE

Et encore ! (Stupeur de Duvivier.)

MADAME DUVIVIER, effarée, gémissant.

Alors, il y a ici au moins deux femmes... BOISPIERRE, à Falerpin, pressant.

Madame de Crellechamp, alors ?...

MADAME DE BOISPIERRE, hdussant de nouveau les épaules. Elle ne perd la tête que pour les romanciers, Thérèse...

FALERPIN, l'approuvant.

Oui... Ce n'est pas non plus elle...

BOISPIERRE, soudain., exaspéré.

Ça serait ma femme, alors ?

Dvv IV 1ER ^ fiwieux.

La mienne ?

FALERPIN.

Ah ! Si vous vous fâchez !... (// sort.)

DuviviER, avec éclat.

Voilà que ça recommence, maintenant, pour les

dames !

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