‹ Les petits acteurs, ou Les merveilles à la mode, comédie-vaudeville en un acteChapitre 13 sur 18 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

Les Mêmes, AUGUSTE, ADÈLE.

AUGUSTE

Eh! mon dieu, qu'avez-vous demc à disputer.

FLORICOUR.

Madame , vous me mettez dans le plus grand embarras. , Mad. MICHON.

Prenez des acteurs où voudrez : mais ce ne sera pas chez nous.

AUGUSTE

Des acteurs ? qui êtes-vous donc , monsieur , s'il vous plaît?

FLORICOUR.

Le directeur du 6e arrondissement ; j'arrive ici avec une lettre de M. Trichard, mon correspondant. J'espère y trouver un Elleviou et une St,-Aubin. . . .

AUGUSTE

Eh! monsieur , nous voilà , c'est nous-même que le correspondant vous a indiqués.

FLORICOUR.

Vous, jeunes gens ! ah! vous augmentez mes regrets.

Mad. MICHON.

Qu'est-ce qu'il dit donc!

FLORICOUR,

Jeune homme, vous avez une tournure charmante , avons-nous avec cela un peu de voix . . .

AUGUSTE

Ordinairement je joue la tragédie.

FLORICOUR.

Vous devez chanter un peu.

AUGUSTE

H est vrai que je chante quelquefois.

FLORICOUR.

Essayez.

AUGUSTE, chante* » Oui , c'en est fait , je me marie. . »

FLORICOUR.

C'est bien. ( àpart. ) Mon Elleviou qui est tombé ne montait pas si haut que cela. ( à Adèle. ) Et vous , madame , voulez-vous , s'il vous plaît , me donner un échantillon ?

ADÈLE , chantant.

» Tu ne quitterais pas Marton.»

FLORICOUR , continuant, »Fi donc, fi donc. » C'est très-bien. . une voix fraiche, exercée. Madame, j'ose vous prédire un très-beau succès, vous ferez les délices de toute la garnison. {Passant auprès de madame Michon.) Madame Michon, ne vous opposez pas à ce que je les engage !

Mad. MICHON.

Laissez-moi donc tranquille ! il veut engager tout le monde !

AUGUSTE

Pourquoi demander son consentement ?

J'avais tout arrangé avec votre père; mais elle s'y refuse.

ADÈLE

Comment , notre père !

AUGUSTE , à Mad. Michon.

Pourquoi donc empêcher , monsieur, de nous engager?

FLORICOUR.

"Voyons, madame, parlez vous-même à vos enfans. Mad. MICHON.

Mes enfans ! est-ce que j'ai l'air de leur mère , malhonnête.

FLORICOUR.

Que m'a donc dit votre mari ? avec ses deux jeunes artistes ?

Mad. MICHON.

Ses jeunes artistes l ah! j|y suis (Elle part d'un grand éclat de rire. ) C'était monsieur et madame que vous veniez chercher, et mon mari a cru bonnement que vous parliez de ses bambins.

AUGUSTE

De votre petit Jacquot ?

ADÈLE

De votre petite Pierrette ?

La drôle de méprise ... Il y a donc ici d'autres acteurs .

Mad. MiCHON.

Oui, de six à sept ans, et moi qui croyais...

FLORICOUR.

Ainsi voilà mes comédiens ?

Mad. MICHON riant.

Oui , oui , et V0US lès emmènerez quand vous voudrez.

AUGUSTE

Nous sommes à vos ordres , monsieur.

Mad. MICHON.

Chut ! v'ià mon homme, ses acteurs ne sont pas loin ; rie dites rien et amusons-nous à ses dépens.

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