I.ADOUCEUR
Laissez donc; le quartier-maître a fait cerner toute la noce par un piquet de cavalerie.
ERNEST
Voilà une nouvelle manière de faire arrêter ses débiteurs; niais je vous répèle que ce n'est pas moi, que je suis connu dans celle ville, et que l'on vous dira...
f.ADOUCEUR.
On verra bien voir-' feuille déroule, marchons toujours...
ERNEST
Comment! marchons toujours: si j'abandonne la place seulement dix mîntftes , je retrouverai Estelle mariée.
LAD'dÙCEtJB.
Air : Vaudeville île l'Ecu de sis francs.
Ladou^eur est mon nom de guerre , Et doucement j'aurai l'honneur D'exercer mon doux ministère.
Tout va se passer en douceur , Et , grâce au plus doux des carrosses , Qui doucement va s'avancer , En prison vous allez passer Doucement la nuit de vos noces.
ERNEST
Me voilà dans un bel embarras , et , pour un sot, mon rival ne s'en est pas mal tiré. Voyons donc ce billet. Dix mille francs ! Je ne les ai pas , il s'en faut; et si je sors pour me les procurer, il emmène sa femme, et la noce est faite.
LAOOUCEUR.
Allons, Monsieur, assez causé ; marche.
ERNEST
Arrêtez... Le diable l'emporte avec ses manœuvres..... Vous tenez donc à être payé. Eh bien ! vous le serez. Ecoutez : Je devais me marier aujourd'hui...
LADOUCEUR
C'est connu...
Nous le savons.
ERNEST
ERNEST
C'est de ce nantissement précieux que dépend votre créance et ma fortune... Eh bien! pour vous montrer que je ne veux pas vous tromper ( il lui parle à l'oreille.) là ,.. dans ce corridor ;... et, au lieu de me conduire en prison, vous allez m'accornpagner chez mon banquier , où je promets de vous payer. Il nie semble que voilà une proposition
LADOUCEUR
Très juste... Je vais toujours laisser un poste de quatre hommes à la porle de la mariée.
ERNEST
C'est ce que je demande...
EADOUCEUR.
Vous entendez , vous autres , dans ce corridor, cl gar Jez-vous de laisser entrer ni sortir personne... Marche...
ERNEST
A merveille! je n'aurais pas mieux manœuvré.
A.1R : Nous verrons , a ce qu'il ilil .
Partons, mon cher créancier, Votre complaisance me charme .
Et jamais, je crois, huissier N'a fait aussi bien son métier.
Vienne mon rival .
De ce lieu fatal Je m'éloigne sans alarme.
Tout sert mes projets, Puisqu'ici je mets La lutine aux arrêts.
Partons mon cher créancier.
CHOEUR
Tout va se concilier; Monsieur, votre discours me charme!
Pourquoi se faire prier, Puisqu'il faut à la fin payer?
Il sort avec Ladouceur et les hussards. Quatre autres hussards entrent par la portç , a gauche .