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DU IV

ERNEST

Votre femme !

Air : Je t'aimerai.

Elle est à moi , Je saurai la défendre ;

Elle est à moi Par la plus douce loi.

Oui, c'est l'époux, c'est l'amant le plus tendre. Qui seul ici doit mériter sa foi :

Elle est à moi.

Elle est à moi... elle est à moi! encore s'il disait elle est à nous.

ersest, à Ladouceur.

Monsieur le commandant de la place, voulez-vous délivrer ces dames?... je sais qu'il n'y a pas de rançon qui puisse racheter de pareilles prisonnières; mais je puis consentir à un échange. [Montrant Jacotin.) Monsieur prendra leur place, vous pouvez l'emmener. ladouceur.

Oui, mon colonel... (à Jacotin.) En prison.

Comment , en prison?

Monsieur, vous m'y aviez bien envoyé : chacun son tour.

gercourt , montrant Ernest.

Ah cal la folie de Monsieur a-t-elle gagné tout le monde? et vous, Jacotin, m'expliquerez- vous enfin ce que cela signifie ?

ERNEST

Cela signifie que j'ai payé les dettes de votre futur neveu... Rassurez-vous; c'est mon dernier acte de folie, et celle lettre de change, qui est maintenant en mon pouvoir {il lui remet un papier.), ne m'aura pas coulé trop cher si elle vous éclaire sur la véritable situation de Monsieur, et vous empêche de faire le malheur de votre nièce. GERCouiiT , lisant.

Que vois-je? « Passé à l'ordre de monsieur Ernest de Sainville. »

ERNEST

Oui, Monsieur; le neveu de votre ancien ami , celui à qui voire nièce était destinée , et qui avait Irop de loris envers vous pour oser se faire connaître.

CERCOURT.

Vos loris... je veux bien les oublier... mais ma nièce.

ESTELLE

Ah! mon oncle , je suis comme vous, je n'ai pas de rancune.

Quoi ï Monsieur, vous êtes le porteur de ma lettre de change ?

Oui , Monsieur , je suis votre créancier ; et comme tel . je vous laisse le choix d'être mon prisonnier en épousant, ou libre en restant garçon.

Monsieur... touchez là : je reste libre et célibataire.

ESTELLE

Quoi! Monsieur, vous aviez votre raison.

DURAND

Non pas, et j'atteste toujours...

ernest , lui jetant une bourse.

C'est inutile.

DURAND

J'atteste que la raison lui est revenue. ernest, à Jacotin,

Et pour vous le prouver, Monsieur, je n'abuserai point de votre position : vous prendrez, pour vous acquitter, tout le temps que vous jugerez convenable, et je ne veùs d'autre sûreté que votre parole...

Jeune homme, qui cpie vous soyez, celte action-là vous assure mon estime... mais vous en serez récompensé! dès ce moment, je ne vous regarde plus comme mon créancier, ce serait vous confondre avec trop de gens, je vous regarde comme mon associé... je place dans mon entreprise de fournitures les dix mille francs que vous me couliez, et, dans un an , \os fonds seront doublés, si vous' n'êtes pas ruiné : voilà le commerce eu grand.

VAUDEVILLE

Atr : de Doche, ou Toto caraLo

GERCOUKT. ,

Quand du cœur d'une belle Bien souvent un futur

Se croit sûr, L'amour en sentinelle Déjà dans ce cœur-là

Se posta, Et lui dit tout bas ; Vous perciez vos pas ; La place est prise, bêlas !

On n'entre pas ; Mon cber, on n'entre pas.

DURAND

Orgon est pauvre et blême ; Chez lui tous ses amis

Sont admis, Mais quittant son septième Il prend , au Carrousel ,

Un hôtel.

Soudain sans pitié , Même à l'amitié Le Suisse dit en bas :

On n'entre pas, Monsieur, on n'entre pas.

MADAME DURAND

Sitôt qu'un pauvre diable A ma porte frappait

Il entrait , Tant j'étais charitable :

Mais tous ces voyageurs

Sont trompeurs , J'ai fermé mon cœur,

Et je dis, de peur De loger des ingrats :

On n'entre pas , Chez moi l'on n'entre pas.

ERNEST

Pendant qu'on se querelle , Plus d'un voisin jaloux

Vient chez vous ; Mais l'union, le zèle

Forment de toutes | Nos remparts; Plus de différons , En serrant nos rangs Nous dirons , l'arme au I On n'entre pas , On n'entre pas, Morbleu! l'on n'entre p;i-

Dès qu'on entre en mena Que de soins, d'embarras

N'a-t-on pas !

Des enfans... du tapage...

Tandis que sans façon

En garçon Quand on a vécu , J'en suis convaincu, Dans le corps des papas ,

On n'entre pas ,

Ou n'entre pas , Au moins l'on n'entre pa

ESTELLE

Vous d'humeur pacifique, Spectateurs , protecteurs

Des auteurs , Messieurs, si la critiqUi Dans la salle ce sodi

Yeut s'asseoir, Daignez à l instant, Et bien poliment, Lui dire ici tout bas:

On n'enti e pas .

On n'entre pas, Ce soir on n'entre pas.

FIN

ET

ou

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