‹ Les petits appartemensChapitre 121 sur 356 · FRIBOURG , M. TRICOT · texte numérisé non relu

FRIBOURG , M. TRICOT

M. TRICOT

Quel sabbat. . . quoi , Fribourg , mon ami intime , se permet. . .

FRIEOURG.

Allons, chorus. ( Il chante. )

Tra la la la , tra la la la.

M. TRICOT

Insensible ami , savez-vous que ma femme. . .

( 22 ) FIUBOURG.

Elle est morte! (Il chaule.)

Tra la la la , tra la la la.

M. TRICOT

» crains-tu pas, malheureux, que l'ombre de madame Tricot. . .

FRi cour, G.

Elle est morte, et ne reviendra pas faire endever vous j par ainsi : (// danse. )

Tra la la la , tra la la la.

M. TRICOT

Dieu me pardonne, il est ivre.

FIUBOURG.

Ce était mon manière de désoler moi.

Air : tfytrisùpe.

Chagrin , chagrin , contre ta noir visage. Moi savoir prendre un joyeux trinquement. Boire un p'tit coup pour un p'tit rhagrinage , Pour un plus grand , boire plus grandement. Grâce au doux jus que produit une Ireille, L'homme, dit-on, rend sou destin meilleur, Et c'est entin, à l'aide d'un nouleillc, Qu'on peut d'un trait avaler son douleur.

M. TRICOT

Ah! mon ami, en trente ans de ménage, je te prie de croire que j'en ai avalé de toutes les façons ; c'est <'^r al , la mort efface tout, cette pauvre madame Tricot !... FRIBOTIRG, lui -versant.

Elle est morte! encore une fois , et faloir boire raflliction.

M. tricot, prenant Je verre Jamais.

FIUBOURG.

"Rien n'altère comme la douleur, à la santé de la défunte.

M. TRICOT , buvant.

Fi ibourg , tu me fends le cœur !

FRIBOURG, versant encore.

Un second.

M. TRICOT, buvant en pleurant.

Ali ! quel coup !

FRIBOURG

Celui-ci fera passer l'autre .

M. TRICOT , un peu gris.

La douleur me rend si faible que je ne puis plus me soutenir.

FRIEOURG.

Les grands bouteilles et les petites chagrins faire toujours cet effet-là.

M. TRICOT

Ah ! je ne me consolerai jamais. . . (En pleurant.} Fiibourg , mon ami, tu viendras à ma noce, n'est-ce

pas ?

FRIBOURG

Comment ?

M, TRICOT

Oui, dans l'état où je suis , il me faut des distractions , et pour me distraire, j'épouse Cécile, nièce de la défunte.

FRIBOURG

Terteff, voici ben autre chose.

M. TRICOT

Je vais rédiger en pleuraut le projet du contrat. . . Si Sujette revient , dis-lui crue je l'attends.

Air : De Pénélope.

Afin que l'hymen , au fond de ses filets nous prenne , Il n'est pas toujours Besoin d'implorer les amours.

Il faut ici bas, chez nymphe la plus inhumaine , Brusquer le plaisir, (Test le moyen de re'ussir.

FRIBOURG

Brusquer le plaisir, n'est pas chose toujouis certaine;

Près d'un frai i tendron ,

Vieillard n est pas toujours luron. De peur d'un affront, trop commun à la soixantaine,

Barbon , pour son bien ,

Doit prudemment ne risquer rien.

( M. 2 ricot rentre dans so?i cabinet. )

C^4 ) SCÈ>E XI.

TIUBOURG, seul.

La petite, le bonnetier donner à lui un vilain chapeau...

(Riant.) Ali ! ah! ali ! ali ! et son femme qui , dans son douleur, fait semblant de vouloir mourir... 1 orteil', c'être pas le coup qu'elle a reçu qui causera son mort,

mais plutôt le contre-coup, quand elle apprendra

ah .' ah 1. . .

SCÈ\E XII.

CÉCILE, SUZETTE, FFJBOURG.

SUZETTE

Eh ! bien , M. Fribourg ?

Air : Vaudeville du puge.

Notre défunt en ce moment, Sans doute, hélas! se désespère!

FRIBOURG

Bah .' ^on chagrinage vraiment , Au désespoir n'ressemble guère.

Le plaindre ici serait en vain, Car il console, en homme habile, Son estomac avec mon \'\n .

Et son cœur avec son pupille.

C est comme madame Tricot qui , dans son affliction, veut obsolument épouser l'héritier de son mari. FRIBOURG.

Voilà qui s'appelle jouer à qui perd gagne.

CÉCILE

J'espère qtl il n'en sera rien.

SDZETTE.

Et vous avez raison : j ai ramené madame Tricot dans son appartement; elle a cédé a ma ruse: je lui ai fait écrire une promesse qui nous servira en temps et lieux.

<Juj veux-tu dire ?

SUZETTE

Vous voyez ce petit papier? eh liien ! je tiens vôtre bonheur là dedans , écrit en petites pattes de mouche.

CÉCILE

Comment?

SUZETTE

Vous saurez tout : la nuit vient ; laissez-moi faire , vous serez bientôt madame Julien.

FRIBOUP.G.

Quel petit bon diable de femme !

SUZETTE

Air : Des inséparables.

Le moment

Est pressant, Partez au plus vite ;

Le momfnt

Est pressaït , Sortez promptement.

CÉCILE

Sur mon destin , Mon cœur tremble et s'agilf

FRJBOCRG.

Comptez enfin Sur l'esprit féminin.

ENSEMBLE

Le moment

Est pressant, etc.

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