‹ Les petits appartemensChapitre 138 sur 356 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

JULIEN, DUFOURAGE entrouvre la porte, et passe la tête au

travers.

DUFOURAGE.

Julien !.. Julien!..

JULIEN

Ah ! vous voilà!..

DUFOURAGE , s'avançantsur le seuil, il est pâle et défait.

Que se passe t-il donc mon cher ami?..

JULIEN

Si vous voulez le savoir, on dit qu'il y aura quelqu'un dG pendu... et je croîs que c'est vous...

DUFOURAGE , effrayé.

Qu'est-ce que c'est que ces plaisanteries là?

JULIEN

Tout le village est soulevé.

DUFOURAGE.

Oui, c'est ce que Lafleur est venu me dire au moment où j'allais me mettre à table , et j'avoue que cela m'a coupé l'appétit, mais c'est pour rire, je pense...

Vous croyez? cependant vous êtes bien pâle...

Dl FOURAGE.

C'est l'appétit... mitigé par une légère peur... {tremblant.) Dis-moi donc, n'entends tu pas venir?...

Jl LIEN.

Non, non... mais ne craignez rien, je ne vous abandonnerai pas.

DUFOURAGE.

Je te suis bien obligé... mais tu n'es pas très-fort... si j'en juge par ton physique... J'ai donné ordre à tous mes cuisiniers de s'armer de leurs couteaux de cuisine, de leurs tourne-broches et autres ustensiles... Mais ce soldat qui était avec toi , pourquoi l'as-tu laissé partir... il avait son sabre...

JULIEN

Vous l'avez si maltraité...

DUFOURAGE.

Du tout, c'est lui qui n'a pas su méprendre... J'ai des momens où je suis très-bon...

JULIEN

Oui, quand vous avez peur.

DUFOURAGE.

Je t'assure que je voulais faire ma paix avec lui... la preuve , liens. ( Jl montre le domestique. ) C'est que voilà une capote que je lui destinais... Je l'ai trouvée par hasard.

JULIEN

Il est trop tard maintenant, une autrefois ne vous montrez pas si dur envers les malheureux.

DUFOURAGE.

Ah!., ali! mon dieu ! j'entends du bruit .. Ce sont ces maudits paysans !..

En effet, les voilà...

DUFOURAGE , au comble «le I effroi.

Où me cacher ? je me sauve.

Jl LIF..V Ils enfonceront la porte.

DUFOURAGE.

Ah ! mon ami, tire moi d'embarras !

JLL1EN, niontrnnt l'habit cjue tient K- domestique.

Prenez le costume d'un brave, on ne vous reconnaîtra pas!

Dl FOI RAGE.

Tu crois... Oui, oui... ils ue m'ont jamais vu... Lafleur! allons donc bélître !

( U quille sou habit , passe la capote et met le bonnet île police. ) JULIEN.

Bien! bien... c'est cela,., vous êtes tout à -fait déguisé.

( Il )

DUFOURAGE, au domestique.

Va-t-en, toi..-. Ah ! et mon portefeuille, diable ! dix nulle

lrancs en billets de banque.

( // reprend son portefeuille et le met dans la poche de sa capote.)

Va-t-en , à présent.

LE DOMESTIQCE

Si l'on vient vous demander, je dirai que vous n'y êtes pas?., n'est-ce pas , monsieur?

Eh ! oui, butor ! ( A Julien ) Toi, tu diras que je suis un conscrit, n'est-ce pas?

JULIEN

Soyez tranquille, on le verra bien... Je réponds de vous à présent !.. ferme !

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