‹ Les petits appartemensChapitre 141 sur 356 · LES SOLDATS · texte numérisé non relu

LES SOLDATS

Ah! al»!..

SCHABRAQLE.

Ecoute donc un peu ici , militaire de liazard !

DLFOLRAGE, snlu;.nt.

Qu'est-ce que vous voulez?..

LATLLIPE Y a-t-il long- temps que tu sers, mon brave?

DLFOLRAGE.

Long-temps?., oh! mon dieu, non, messieurs: je suis un commençant.

SCHABRAQLE.

Oui, c'est un he'ros en apprentissage.

LAVALEl R.

Eli ben ! je crois qu'il n'a pas de dispositions... ( Le faisant tourner de son côté. ) Pourtant le pbysique y est.

LATLLIPE , le faisant tourner aussi.

Oui , l'air martial.

SCHABRAQLE, le faisant tourner a son tour.

Dans quel corps es-tu?.. Je serais bien aise de connaître l'ins- Iructeur qui forme des gaillards dans ton genre !.. ( // touche ses jambes avec sa canne. )

Dl FOL RAGE.

Ali ! ça, laissez-moi donc tranquille.

LATLLIPE.

C'est pour t'apprendre la manoeuvre el les demi-tours à gauche.

DLFOLRAGE.

Ecoutez, camarades, je ne suis pas en train de rire;., laissezmoi , camarades !

SCHABRAQLE.

Camarades!., ah ça, dis donc, pas de solliscs , entends-tu !

DLFOLRAGE.

Apprenez que je n'ai jamais iusullc personne;... mais enfin il me semble que tous les guerriers sont frères d'armes...

(*5) LATULIPF..

Il est facétieux le conscrit... Moi, je t'engage à prendre dit service dans les bizets.

DUFOURAGE , riant forcément.

Ah ! ah ! vous êtes un drôle de corps, vous !.. mais il faut que je m'en aille... parce que, voyez-vous , on n'est pas gai à jeun.

SCHABRAQUE

Ah! le fantassin n'a pas déjeuné ! voyons, faut l'inviter... Mets-toi là.

LATULIPE

Oui , oui, et si nous avons le temps , tu nous chanteras une petite chanson , malin !

DUFOURAGE, a part.

Ciel ! déjeûner avec eux ! ( haut. ) Non , camarades , non je vous remercie } vous êtes trop polis...

LAVALEl R , le forçant 'a s'asseoir.

Allons donc, allons donc... tu vas casser la croûte... C'est sacs façon...

DUFOURAGE, a part, regaidant le pain qui est sur la table.

Sans façon !.. je le crois bien... O mes perdreaux !

SCHABRAQUE , coupant le pain avec son sabre.

Tien», voilà de quoi nourrir ton courage...

DUFOURAGE.

Oli ! vous m'en donnez trop ! ( à part. ) Et dire qu'il faut manger pour ne pas donner de soupçons.

( Il goûte a son pain en faisant la grimace. ) LATUUPE.

Eh bien , conscrit tu n'aimes pas le biscuit du soldat... C'est dur , lieim ?

DUFOURAGE.

Ali! ça, mais laissez donc, c'est une niche que vous voulez me faire... ce n'est pas mangeable!.. C'est une horreur?.. SCHABRAQUE.

Eh ben , va te plaiudre à M. le fournisseur... c'est lui qui noua traite comme ça !..

DUFOURAGE.

En vérité... Oli! c'est épouvantable... encore vous me direz, vous y êtes habitués...

LAVALEUR

Est-ce qu'il y en de meilleur dans ton corps?..

DUFOURAGE.

Oh ! oui, mon corps n'est pas accoutumé...

Le Soldat. 4

LATLL1PE.

C'est une infamie... I paraît qu'il a des préférences, le fournis- ?eur... Tu ne peux pas aller, ça te coupe l'appétit... SCHABRAQUE.

Bois un coup... v'ià une ration d'eau-dc-vie, ça va te refaire...

Dl FOL RAGE, buva.t.

Bien obligé, mon ancien... pouah!., que c'est mauvais.

LA TULIPE, buvant.

Le fait est que cette eau-de-vie... on ne sait pas ce que c'est, ça ferait danser toutes les chèvres de mon village !..

SCHABRAQLE, appuyant.

Allez vous plaindre au fournisseur!!!... voilà comme il nourrit le soldat... et encore il ne permet pas les excès... bien souvent nous ne dînons que de deux jours l'un...

LAVALEUR

Mille tonnerres!., je voudrais, pour toute punition, qu'il fût condamné à faire un repas comme nous!..

DL FOL RAGE , a part.

Quelle leçon morale !

LAVALELR.

C'est tout ce que je lui souhaite; mais lui, il se régale, voistu , il fait bombance...

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