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SCÈNE XVII

Les Mêmes, GUILLAUME, LATULIPE, LAVALEUR,

SCHABRAQUE, Soldats.

TOUS

Victoire! victoire-..

DUFOURAGE.

Ah! vous n'êtes pas tué! ah! dieux que ça fait de bien de voir revenir un brave... Ah ! ah !

( ûo ] GUILLAUME.

Ma loi , ce n'est pas ma faute !

DUFOURAGE.

Je vous en fais mon compliment.

JULIEN

L'ennemi est repoussé?

GUILLAUME

Ceux-là ne nous attaquerons plus! j'en réponds.

DUFOURAGE.

Mon ami , mon cher ami... mon brave, que je suis content de vous revoir. ( mettant la main sur sa poche") Qu'avez-vous fait de mes papiers?

GUILLAUME

Des cartouches.

DUFOURAGE.

Malheureux! des cartouebes; c'élaient des billets de

banque.

TOUS

Des billet s [

DUFOURAGE.

Il y en avait dix !

GUILLAUME

Ils ont tué vingt ennemis! c'est à cinq cenls francs par tète... vous voyez que ce n'est pas de l'argent perdu. Pas possible! et tout y a passé? mon portefeuille, mes lettres ?

GUILLAUME

Tout. Ah ! cependant il y avait un papier... qui m'a paru plui dur que les autres , et que j'ai conservé.

DUFOURAGE , à pan.

C'est sansduute la lettre du feld-maréçbal. (haut. ) VousalUz me la rendre.

GUILLAUME, lui inenant le bras, et d'un ton si-ricux.

Non, non !

DUFOURAGE.

Comment, non?

GUILLAUME

Nous avons à causer...

DUFOURAGE, criai.i.

Qu'est-ce que cela signifie? vous ne pouvez pas garder ces papiers qui m'appartiennent !

Gl ILLAl ME, tranquillement.

Vous avez raison, mais je puis les remettre au général, et le général peut vous faire...

DUFOURAGE, effrayé, a mi-voix.

Taisez-vous donc... ne criez pas comme cela!... Vous avez cloue lu cette lettre. . mais je n'ai rien à me reprocher! je le prouverai!...

GUILLAUME

Ne criez donc pas comme cela... vous feriez croire que vous avez tort!... Je vous dis que je peux vous faire pendre, et c'est tout ce que je demande... Vous avez bien voulu me laisser mourir de faim !

JULIEN et LES AUTRRS.

Que se passe-t-il donc?

GUILLAUME

Rien , mes amis... nous causons d'affaires.

DUFOURAGE.

Il appelle cela des affaires, (à Guillaume.) Mais écoutez-moi... vous vous imaginez que cette lettre me compromet, il n'en est rien... cependant comme vous êtes un bon soldat, et qu'il faut toujours récompenser les braves, rendez-moi ce chiffon-là...- et vous serez content de moi...

GUILLAUME

Je ne veux rien pour moi, vous m'avez refusé ce que l'on ne refuse pas à tiri mendiant; c'est fini entre nous... mais vous avez bien des torts à réparer... avec ce brave jeune homme , d'abord, et ensuite avec les régimens que vous faites souffrir depuis long-temps. Il faut que vous indemnisiez ces gens-là. DUFOURAGE.

Indemniser des régimens !... vous voulez donc me ruiner?

GUILLAUME

Il pourrait vous arriver quelque chose de plus désagréable... vous ferez un peu de bien, ce sera votre pénitence.

JULIEN

Vous voyez qu'il est généreux.

DUFOURAGE, a part.

Je crois bien , c'est moi qui paie.

GUILLAUME

Ecoutez mes conditions... Ce jeune homme aime votre sœur... elle l'aime aussi... vous la lui donnerez... elle sera heureuse, et ils vous béniront ; ça ne peut pas vous nuire.

DUFOURAGE, tendant la main.

Eh! bien, accordé... mais...

GUILLAUME

Vous avez gagné un procès contre une pauvre femme, la

( 3a ) veuve d'un soldat; vous voulez faire abattre sa maison , pourquoi? pour vous faire bâtir un château... Vous pouvez vous passer de château, elle ne peut se passer d'une chaumière. DUFOURAGE.

Ah! mais., vous me rançonnez. Lui rendre sa chaumière... j'y mettrais du mien...

JULIEN

Ah ! je vous en supplie.

GUILLAUME

Non, non, morbleu!... il le sera. ( à mi-voix. ) Si vous refusez, le quartier-général n'est pas loin.

DUFOURAGE.

Ali ! vous abusez bien de l'amitié que je porte aux militaires... méehant! Ces diables-là font tout ce qu'ils veulent de moi. Donnez.

( // tend la main, ) JULIEN.

Vous consentez? quel bonheur!

GUILLAUME, lui remettant st lettre.

Vivat ! j'ai attendri un fournisseur , rien ne manque à ma

gloire !

LATUL1PE.

Camarade, je te ferai donner un brevet d'invention !

GUILLAUME

Ah ! ça , pour que la journée se termine gatment.: vous donnerez un bon dîner, servi par votre maître d'hôtel, à tous ceux

ici préliens.

Un bon dîner... y pensez-vous.

GUILLAUME

Vous leur devez bien ça pour le carême que vous leur avez fait faire. Maintenant, voilà vos billets... Je ne voulais que vous donner une leçon !...

DUFOURAGE , ravi.

Qu'entcnds-je ?... Elle ne sera pas perdue!... Je veux ètie surnommé le père du soldat. ( à part ) Ils dîneront avec le déjeûner que je n'ai pas pu manger. LES SOLDATS.

Vive notre fournisseur!

FIN

imphimmuk de Chassa ionon , nuE Gît-i.e- C«ur , N° 7.

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