SCENE XVII
SOPHIE
BOPfl] ■
Ali! par exemple ! ri je tait ce que cela yen! dire. . .
Qu'ei fc-ce donc?
o -.;ik.
Je fient àv logement da jardinier mi , depuis nn quart-* fl heure , attendait ce Monsieui , dont on rous a parle, une trentaine d'années , nne I gure agréable j m->r, moins bien cependant que notre risite de ce matin , que If. le comte de Bussîères». .
m'-": de b£akgy, avec impatience* A r > i < ?
Beaucoup mois bien certainement.». --- Madame de Blan onc i'.i ? — Oui, Monsieur. I '•
rice? — Depuis trois i.oi,. — Alors, je re prérenez'la. . . Puis il i e en aioul ni •■ Non
i rai n . pour elle la ••;!>! le, l'émotion. •< il ri ' mû lui écrire. Il trace i la bâte Quelques lignes, puis il \< ■ ji a ,:' n'. d'an! ; bii ': le p. p
s'est proment . i n large, en répél ot:Es
je m ■' .
t-il dit, je reriei . . Et il ...
■ Qu'est-ce qu< i e r
o ) M"10 DK BLANGY.
Voilà qui commence à m'inquiéter. . . Achevez. . •
SOPHIE
11 est sorti quelques temps après en me disant : Décidément, portez cette lettre à votre maîtresse, j'attendrai ici qu'elle l'ait lue avant de me présenter chez elle. J'ai pris ce billet , je l'apporte, et le voici.
Mmo DE BLANGY.
Et donnez donc. ( Jetant les yeux sur l'adresse. ) Dieu ! iu. de courcelles , la voyant prête à se trouver mal , et courant à elle.
Qu'avez-vous donc?
Ce que j'ai?. . . Tenez , tenez , voyez plutôt. . .
( Elle lui donne la lettre. )
M. DE COURCELLES, poussant un cri.
O ciel ! c'est lui ! c'est son écriture! c'est M. de Blangy !
SOPHIE
Cet e'poux si chéri! si long-temps regretté!. . . Madame, vous vous Irouvez mal!...
Ume DE ELANGV, se levant vivement.
Moi!. . . du tout. . . Mais la joie, l'émotion. . . ( d M. de Courcelles. ) Mon ami. conseillez-moi. . . que faire?. . .
M. DE COURCELLES
Courons au-devant de l;i ! . . . Ce cher ami ! Mmo de BLANGY , hors d'elle-même.
Oui, vous avez raison... courons... venez... soutenez-moi... ( Elle fait quelques pas pour sortir. ) Dieu ! M. lie Bussièrcs !
SCEftE XVII! ET DERNIEUE.
LES MÊMES, M. DE BUSSIÈRES , entrant d'un air agite'.
M. DE BUSSIERES , vivement, à madame de />' Se n v tiens plus . il faut que je connaisse mou sort.
M. DE COURCELLES
( >n'i .1-1 il donc ?
M. DE BUSSIÈRES
.Figuore ce que Madame vous a dit , ce que vous ave/. décidé; mais pendant ce temps , je me suis rendu compte de ce que j'éprouvais; j'ai vu clair dans mon cœur. Oui , Madame , dussiez-vous me bannir de votre présence , vous connaîtrez la vérité. Cette amitié dont je me vantais n'était qu'un vain mot, un prétexte; je l'avoue ici devant vous, devant Monsieur. . . Je vous aime !
M" e DE BLANGY.
Monsieur !
M. DE BUSSIÈRES
De l'amour le plus tendre, le plus ardent; je vous offre ma main , ma fortune , tout ce que je possède... ne me réduisez pas au désespoir. De grâce , Monsieur , parle/, ^n ma faveur.
M. DE COURCELLES
Moi?
M. DE BUSSIÈRES
J'ai bien parlé pour vous.
M. DE COURCELLES
Eh ! Monsieur, ce n'est plus à moi qu'il faut vous adresser , c'est à son mari.
M. DE BUSSIÈRES
Son mari?
SOPHIE
Il est de retour , il est ici.
M. DE BUSSIÈRES , altère.
M. de Blangy !
M. DE COURCELLES
Lui-même.
MmejDE blangy, avec émotion.
Oui , Monsieur , il est des devoirs qui me sont imposés , devoirs que je respecte , que je chéris... Et vous sentea que votre présence en ces lieux. . .
M. de bussières , après un moment de silence. Je suis anéanti , frappé de la foudre ; mais puisque je suis voué au malheur , puisque le sort s'acharne à me poursuivre , je mériterai du moins sa rigueur. Adieu.
Où allez -vous?
M. DE BUSSIÈRES
Je n'ai plus rieu à perdre , rien à ménager j la vie m'est importune.
M. de COURCELLES, l'arrêtant.
Jeune homme , y pensez-vous ?
Mnic DF, BLANGï.
Je vous en supplie , Edouard ! Ali ! qu?ai - je dit? pas ce nom là. Mon ami, mon ami, daignez ni'e'couter. M. DE BUSSIÈRES.
Je suis trop malheureux !
Mme DE BLANGY.
Eh ! Monsieur , ne le suis-je pas moi-même? m. DE bussières, avec joie.
OCiel!
Mme de BLANGY , vivement.
Du désespoir où je vous vois. Mais voulez-vous me perdre, me compromettre , m'ôter le seul hien qui me reste? Vous qui prétendez m'aiiner , ( Geste de M. de Bussières. ) je le crois , Monsieur, je veux hien le croire 5 le Ciel m'est te'inoin que je n'y suis pour rien , et j'ignore encore comment cela a pu arriver ; eu fin ce n'est pas votre faute, je veux hien tous le pardonner , à une condition, c'est que vous partirez à l'instant même, et que jamais je ne vous reverrai.
M. DE BUSSIÈRES
Quoi , Madame!
Mn": DE BLANGY.
C'est tout ce que je puis faire pour vous , c'est beaucoup encore. . . Mon ami , venez , guidez - moi. ( Ils vont pour sortir.) Partons.
SOPHIE
Mais si avant de le voir , vous lisiez ce qu'il vous écrit?
M. DE COURCELI.ES.
Elle a raison , tenez.
Mrao DE BLANGY.
C'est vrai... Je ne sais plus où j'en suis; lise/. , mon ami, lisez vous-même.
m. de courcelles , décachetant la lettre. < Ma chère Elise, ma femme. » C'est hien de lui.
Mmc DE BLANGY.
C'est de lai !
M. de courcelles, à pari, et regardant madame de Blangy.
Elle a frémi. . . Ce mari que ce matin encore. • . O ! La Bruyère ! ( Haut.) Lisons : « Ma chère Elise , ma femme , » toi qui aimais tant un e'poux qui le méritait si peu j te- , » que mes emportemeus , mon caractère et mes folles iiis- » sipations ont dû rendre si malheureuse. . . Quand tu re- » cevras cette lettre , je n'existerai plus. »
TOUS
OCiel!
M. DE BUSSIERES.
Achevez.
SOPHIE
Qu'est-ce que cela veut dire?
M. de courcelles , quia parcouru la lettre. Que la lettre est datée de New-Yorck , écrite par lui , à ses derniers momens.
M. DE BUSSIÈRES
Il serait vrai?
M. DE COURCELLES
Et qu'il en a chargé le fils de son associé ; un jeune homme qui , plus tard , doit se rendre en France , pour régler et liquider avec vous ses affaires de commerce. M. DE bussières, hors de lui.
Ah ! Sophie ! ah ! Monsieur ! que je suis heureux !
Mme de blangy , à M. de Courcelles.
Et moi , mon ami , je n'ose lever les veux sur vous. . . Qu'allez - vous penser du trouhle , où tout-à- l'heure vous m'avez vue?
M. DE COURCELLES
Je penserai qu'un peu plus tôt, un peu plus tard, cela devait être ainsi. Quand je vous disais ce matin t qu'un heau jour, et sans que vous vous en doutiez, vous vous trouveriez consolée; j'avais raison, mais je croyais que vous le seriez par moi , et j'avais tort.
Mme DE blangy, vivement Je vous jure cependant que j'ignore encore ce que je erai, ce que je déciderai.
AI. DE COURCKLLKS.
Oui, c'est possible, mais nous... [Regardant M. de Bussières.) N'est-il pas vrai, nous le savons? et quelque peine que j'en e'prouve, il y a si long - temps que je suis votre ami , que c'est une habitude dont je ne pourrai pas me défaire , et qui mourra avec moi.
M. de bussières , à M. de Courcelles.
Ah! Monsieur, comment reconnaître tant de générosité. • • je vous dois le bonheur de ma viej car s'il avait fallu renoncer à elle, rien au monde ne m'en aurait consolé.
M. DE courcelles , à part , et secouant la tête,
Pent-être.
M. DE BUSSIÈRES ET Mme DE BLANGY.
Que dites-vous?
M. DE COURCELLES
Rien, rien, mes amis; tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, et je me le répéterai chaque fois que je reverrai ces lieux.
M. DE BUSSIÈRES
Nous y reviendrons souvent, car je veux l'acheter ; y établir un château, un parc.
M. DE COURCELLES
Et , à cette place , j'élèverai un pavillon consacré à deux divinités.
Mrae DE BLAKGY.
Lesquelles ?
M. DE COURCELLES
Le Temps et l'Amour , avec cette inscription : AUX DEUX CONSOLATEURS !
FIN
BEEEZOU, LIBRAIRE,