MI* A
A îz bien , mon père, depuis que le bien aimé est parti ; I esl allé faire un tour dans les départemens , et je suis veuve depuis quelque temps.
SOMNO
Pauvre petite! on s'est ressenti ici de ton absence.
NINA
11 parait que depuis que je ne fais plus des miennes.. .
SOMNO
Je suis obligé d'y mettre du mien... C'est vrai ; pauvre enfuit, tuas tout l'ail pour prolonger les jours de ton vieux père. { Il chante. )
Elle m'a prodigue sa tendresse et ses soins.
Air du T^uudcville du procès.
Qu'est devenu ce temps heureux Où grâce à ton extravagance Tu m'attirais les curieux ; Maintenant quelle dilïérence.' Comment m'arracher à la mort !
FLORE
Comptez sur vos tilles chéries.
NINA
Pour vous sauver je suis encor Prête à laire des folies.
( II
SOMNO
Ça ne conviendrait peut-être pas à ton mari.
NINA
Mais enfin, mon père , n'est-il aucun moyen. . • . vos chanteurs?..-
SOMNO
Ils déchantent tous, mon enfant, et impossible de les remplacer.
NINA
Eh ! quoi ! les chants auraient cessé ?
SOMNO
Non pas.... mais la tragédie de mon voisin de la rue de Richelieu accapare tout. Ses dames surtout ont renoncé a la parole.
AIR : J'ai vu partout dans mes voyages.
Andromaque chante son rôle,
Zaïre chante ses amours,
Junie, en chantant , se désole.
Et Chimène chiinte toujours.
Et si Manlius sur la scène ,
Ne venait pas nous consoler,
Dans son temple, hélas! Melpomène
Ne trouverait à qui parler.
Ainsi tu e vois. ( Il chante. ) Le ciel et les enfers sont ligués contre moi.
Mais j'ai trouvé un moyen victorieux. .. il réussira. S'il ne réussissait pas.... je n'ai plus qu'à fermer boutique et a retourner en Italie ma patrie.