‹ Les petits appartemensChapitre 184 sur 356 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

les précédens , NINA , FLORE , GULLIVER , DÉMET RI US, figurantes.

W1NA , FLORE, GULLIVER, DÉMÉTRIUS yJîgumnteS,

( Suite de tair. )

Quels sont ces messieurs incivils?

Qui donc s'emporte De la sorte ?

Quels sont ces messieurs incivils?

Tous deux à <mi doue en ont-ils ?

FLORE

Ah1 mon dieu ! que de bruit, et qui occasionne ce tapage?

BARON

Vous seule , belle Hélène ! Nous faisons de ces lieux une nouvelle Troye / mais puisque le rival est tenace.... crac , je vous en débarrasse, et L'envoyé sur le dôme des Invalides. l'indien.

C'est ce que je voudrais voir.

BARON

Ou plutôt je vous le fais manger a votre repas.

air : Vaudeçtlle du Sorcier.

Pour votre dîner, je vous jure , Cet Indien sera servi; Et d'avance je vous assure

Qu'il doit être excellent rôti.

( Ii le couvre de la grosse caisse servant pour faire le canon. )

Disparaissez on vous l'ordonne , Puis reparaissez à l'instant, Puis changez à mon commandement.

SOMNO

Vraiment vous nous la donnez bonne.

NINA

Sur nous il prétend s'égayer.

( Baron lève la caisse ; l'Indien a disparu , et à sa place est un dindon. ) TOUS.

C'est un sorcier, c'est un sorcier.

Eh ! non , c'est un dindon , et de fort bonne apparence.

BARON

C'est un naturel du pays. [ à L'endormi. ] Petit , mettez ce Maratte a la broche.... voila comme je m'annonce , et d'un.... je passe a un autre. Voyez, sentez, admirez cette liqueur que i'ai pris plaisir à composer moi-même. Sandicu! quel parfum!

air : Ce mouchoir.

Cette liqueur est mêlée Des philtres les plus parfaits.

[ Il tourne le rase du côté du public. ] Je l'envoyé a l'assemblée.

[ Il jette la vin au milieu du parterre , et le vin se change un Jleurs. ]

TOUS

Ciel ! des roses ! des œillets!

BARON, Ce tour est certain de plaire ; Ses effets sont enchanteurs; Car c'est au nom du parterre

[ Montrant le parterre , puis les loges. ] Que j'offre aux dames ces fleurs.

BARON

Je passe a un autre. [ à Somno. ] Voyons, monsieur, vous qui paraissez incrédule. Je vous préviens avant tout que je déteste les tours de compère. Prenez ces oiseaux, et quand vous les tiendrez ; nous verrons s'ils connaissent encore la voix de leur maître.

AIR : Monseigneur vous ne voyez rien.

Sous ce vase tous ces oiseaux.

Seront placés l'un après l'autre.

Deux , quatre , six et des plus beaux.... Vous les tenez.

SOMNO

Le bon apôtre.

baron ( à Nina. ) Madame, ils vont tons à ma voix Passer ailleurs à votre choix.

( Nina indique du doigt le casque de Démétrius. Baron s'a~ dresse à Somno. )

Vous les tenez bien?

( Il lève le casque de Démétrius , et les oiseaux s'envolent. )

Regardez, vous ne tenez rien.

[Som?io lève le vase sous lequel il ne se trouve plus d'oiseaux. ]

SOMNO

Ma foi , c'est un homme étonnant.

BARON

Un moment : je vous en dois un quatrième et dernier. Mademoiselle, voulez-vous bien choisir une de ces cartes ?

FLORE

C'est fait. ( Elle prend le roi de cœur , et le montre au public , en le cachant à Baron. )

(28) BARON

AiR : Il ny a que Paris.

Avez vous choisi, dites-inoi ?

FLORE

Mon choix est arrêté , vous dis- je.

BARON

Oui; votre carte était un roi.

[ Moîiirant une rose posé sur la table. ]

Regardez bien sur celte tige

Et vous trouverez dans ces (leurs

Une rose s'ouvre, et laisse noir le portrait de Louis XVIII. ] Le roi des cœurs.

SOBKO.

Voila le meilleur.

BAîfoN.

Maintenant, passons au sublime de mon art à la fantasmagorie. Vous allez voir les ombres de vos amis , de vos connaissances , de vos maris.... Ne vous effrayez pas , mesdames ; nous allons commencer par évoquer les ombres de toutes les pièces mortes dans l'année , de toutes les réputations évanouies. ( Au public. ) Messieurs et dames , on vous prie , lorsque les ligures arriveront pies de vous , de ne pas les repousser avec les mains , de peur de les endommager ; nous avons entr'autres des ombres de réputations qui se réduisent à rien dès qu'on y touche ; mais il me faut le plus grand silence et surtout une obscurité totale.

somno [on baisse lurarnpe.\

Laurent , baisse la rampe.

BARON

Oh ! ce n'est pas assez , on y voit trop. Levez le lustre.

SOMNO

Non pas , non pas, diable /

BARON

11 faut pourtant de la nuit, pour que mon talent brille dans toutson jour.

SOMNO

Impossible ! songez donc que dans l'obscurité. ... {Il lui parle bas à l'oreille. )

BARON

Oh ! vous croyez; nous remettrons a un autre moment les

( 29 ) expériences de fantasmagorie ; en tous cas , messieurs et dames , si vous êtes contens , vous êtes priés d'en faire part à vos amis et connaissances. (A Somno.) Eh bien , monsieur , suis-je votre gendre?

SOMKO.

Ma foi , monsieur, je vous avouerai

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