A\ II. SON
J'ai été forcé do quitter London , parce que chez nous autres Anglais, qui sommes tous libres, on ne marche pas comme on voulait, et je venais finir ma course dans le France.
wilson.
Air : De, oui et non.
WiÏ8on , ce piéton merveilleux.
Qui in courir l<: Ang'oterre
Auprès d'un peuple curieux Doit être bien certain de plaire.
NINA
De votre erreur, moi j'ai pitié.
Dans notre pays, je vous j ure, On estime les gens h pîé Bien moins que les gens en voiture.
WILSON
Je crois: c'était de même a London ; mais, moi , quand je fais une promenade, tout le Angleterre il avait les yeux sur moi ; la nation Britannique , il était sur pied pour me voir marcher.
Air : Du premier pas.
Mon premier pas
Est rempli d'assurance}
Chacun d'avance
Y trouve des appas.
Pour m'admireiy tous nos milords s'assemblent ; Et cependant mes autres pas ressemblent
Au premier pas.
SOMNO
Ma foi, chez nous on n'a pas tant d'esprit > et l'on ne s'amuserait pas à si bon compte.
GULLIVER
Marcher ! belle malice....
WILSON
C'était pourtant le seul moyen d'arriver ; mais moi , je ne marche pas comme un autre. J'ai fait une étude particulière du marcher j et , si vous voulez, je vais donner à vous un échantillon des talens de le illustre et Incomparable Wilson 3 le premier marcheur de le Angleterre.
SOMNO
Mais je crains que vous ne soyez fatigué.
FLORE
Quand on a fait une longue route....
WILSON
Bah! je avais déjeuner cette matin ici près à Calais. ( Il vte son sur-tout et paraît en veste blanche, une large ceinture , chapeau de paille, etc. ) Je commençais ; volez-vous bien regarder le horloge , la cadran , parce que je faisais la course à l'here.
( 32 ) Air : De l'anglaise.
Je puis. Dieu merci , Vous faire ainsi Dan1- cet espace Autant de chemin Qu'il en est de Ruine à Pékin.
Voyez- vous ces pas ?
Admirez mon air et ma grâce...
Voyez-vous ces pas , Ne croyez pas Que je sois las.
J'en donne nia foi ; Et sans jamais changer de place ,
Nul n'aï a t, je crois j Fait autant de chemin que moi.
Je puis, Dieu merci, etc.
NINA
Il n'y a pas de raison pour que cela finisse ? ( On parvient à l'arrêter.)
YVlLSON.
Attendez , je vais montrer a vous dans le longueur.
SOMSO.
Je vous avoue que cet exercice pourrait lasser le spectateur.
•\vilsox.
Comment ! si je faisais dix mille dans une heure ; le spectateur serait fatigué.
SOMSO.
Sans contredit.
WILSON
Pavais cru que c'était moi. Eh ! bien / monsieur , que direzvousde mon invention ? puis-je avoir le espérance pour le mariage de mademoiselle.
SOMNO
Voyons 7 qui te convient de tous ces messieurs ; parle.
WILSON
Yes , parlez ; car je ne voudrais pas avoir perdu mes pas.
FLORE
Mais , mon père....
SOMNO
Mais... que le faut-il donc? car celte petite fille là me fera damner.