LES MÊMES. EMMA
EMMA
Ma cousine, on vient de me dire que vous étiez ici , et j'ai quitté nia leçon de piano pour venir vous embrasser.
MADAME LAMBERT
La voilà, cette chère Emma : mais voyez donc, de jour en jour plus jolie; docteur, il faut absolument nous marier cet enfant-là.
BONNARD
La marier!... et le moyen? Mademoiselle rejette tous les partis qui se présentent.
EMMA
Ah! ma cousine, je vous en fais juge... Crolriez-vous qu'on voulait me faire épouser M. Dangeot, ce vieux banquier ?
MADAME LAMBERT
Tu serais à présent une riche veuve.
EMMA
Est-ce qu'on peut deviner cela?
Songe donc que tu as bientôt dix-neuf ans.
EMMA
Eh! mon Dieu, je le sais bien... voilà deux ans que vous me le dites.
MADAME LAMBERT
Ne la grondez pas : peut-être avons-nous quelque secret... Je m'en charge.
BONNARD
Soit, je vous laisse... Adieu, cousine, (à Emma, en l'embrassant. ) Quand te verrai-je raisonnable et mariée ?
Ai» du Siège de Corinthe,
Loin de vous mon devoir m'appelle, A sa voix je dois obéir ;
Mais je vais redoubler de zèle, Pour être enfin tout au plaisir.
MADAME LAMBERT
A vos cliens rendez visile ; Mais un mot, un seul mol suffira.
Chez vous après revenez vite, Et tout le monde y gagnera.
ENSEMBLE
, ■ . vous , , . m'appelle Loin de le devoir „ ' ' ,.
nous I appelle,
. • je dois . ,.
A sa voix. J. , .. obéir ; il doit
MaisJV redoubler de zèle il va
Pour être enfin tout au plaisir.
( Bonnard sort.