EMILIE , EDOUARD, BEMOLINI, VERBOIS
BEMOLINI.
Perdonnate, mademizelle... n'est-ce pas ici que demeure monsu Raymond... le célèbre mousicien.
VERBOIS
Oui , et M. Raymond le fameux peintre.
EDOUARD
Ils sont sortis tous les deux.
VERBOIS
Oh! nous savons bien que c'est le même.
EDOUARD
Eh! bien, que lui voulez-vous?
VERBOIS
Je m'en vais vous le dire :
Air : De la robe et les bottes.
De la maison il occupe le faîte , Et dans l'espoir de se faire payer, Ses créanciers , dont je suis l'interprète, Passent leurs jours sur l'escalier. Oui, ces messieurs sont hors d'haleine , Et tous les jours se lassent doublement De monter avec tant de peine, ( Montrant son gousset. ) Et de descendre aussi légèrement.
EDOUARD
J'entends... leur intention est de poursuivre...
BEMOLINI/ Au contraire... ils sont hors de combat ; et ils nous ont cédé leurs créances pour un gain modique.
YERBOIS.
Et nous venons annoncer à M. Raymond , que c'est nous qui désormais suivrons l'affaire . . . avec persévérance ! . . moi d'abord , je ne me lasse jamais... parce qu'avec de la patience et des jambes... on finit toujours par arriver. EDOUARD, à part.
Je ne sais qui me retient... ( haut). Voyons vos mémoires.
EMILIE
Que voulez-vous faire ?
EDOUARD
Les payer , et vous en débarrasser.
EMILIE
Gardez-vous en bien... mon père ne vous le pardonne* rait jamais.
EDOUARD
Comment! être toute la journée harcelé par ces misérables... quel plaisir peut-il trouver à une pareille situation?
Que voulez-vous! c'est son bonheur... il a été gêné toute sa vie et il tient à ses habitudes... ( On entend la ritournelle de Tair que chante llajmond). Tenez, le voici 5 vous voyez qu'il n'engendre point de mélancolie.