FILLES
(Alice est à droite du spectateur entourée de jeunes filles qui achèvent sa toilette de mariée; à gauche Raimbaud assis près de la table, Rertrand nettoyant une arquebuse.)
CHŒUR
Reçois, jeune iiancée, Les vœux que forment nos cœurs.
Par nos mains que soit placée Ta couronne de fleurs.
RAIMBAUD
Eh bien, Bertrand, comment trouves-tu ma filleule?
BERTRAND, .le dis, maître Raimbaud, qu'elle est digne de moi. alice , à part.
Hélas! sa présence seule A glacé mou cœur d'effroi!
BERTRAND
Tarions !... faut-il suivant l'usage Au château nous rendre d'abord?
RAIMBAUD
Mais à quoi bon? le seigneur du village , Le vieux comte Albcric est mort!
Et sou fils, notre jeune maître,
Que le duc de Bourgogne avait, dit-on. banni.
Ne songe guère à paraître Dans des lieux qui jamais ne l'ont vu jusqu'ici.
BERTRAND
Eh bien, tant mieux! les seigneurs de village Ont des droits onéreux en fait de mariage! Et pour ma part, moi, j'aime autant Que l'on n'ait pas besoin de son consentement. Partons !
CHŒUR
Reçois, jeune fiancée, Les vœux que forment nos cœurs, Par nos mains que soit placée
Ta couronne de fleurs.
(Ils vont pour sortir.)