‹ Les petits appartemensChapitre 296 sur 356 · SCÈNE XX · texte numérisé non relu

SCÈNE XX

FANCHETTE , JOLIBOIS, accourant et tout pâle.

Not' maître... not' maître!

FANCHETTE

Qu'est-ce qu'il a donc ?

Not' maître... not' maître !...

FANCHETTE

Mais qu'as-tu donc ?

J' n'ai pas V temps d' vous parler, mam'selle.

FANCHETTE

Comme il est pâle !

Il y a d' bonnes raisons pour cela, (il appelle). M. Bouneau .

FA>"CHETTE

Laisse-le donc -} il est occupé à son second service.

N'y a pas d' second service qui tienne... n'y a plus d' dîner, plus d' prince, plus d' voitures, plus d'altesse!... ah! mon Dieu 1 mon Dieu ! se s'rait-on attendu à ça ?

FANCHETTE

Il est devenu fou. Mon père ! mon père ! SCENE XXI.

Les Précédens , BONNE AU,

BONN EAU

Ah! c'est loi . mon garçon !

J' viens d'en apprendre d' belles î

bonn eau , se frolta.nl les mains.

Tant mieux 3 j'étais dune impatience...

JOLIBOIS , baissant la voix.

Imaginez-vous qu' ces deux seigneurs prétendus qu' vous avez reçus chez vous , qu1 vous traitez avec tant d' distinction, xxe sont pas plus princes que moi.

BONNEAU

Allons donc , pas possible.

Parlez bas , ils pourraient nous entendre. J'étais chez Y maître d' poste... j'attendais les voitures pour prendre mes informations, comme nous en étions convenus. Via qu' j'entends clique, claque, clique, claque... c'était l'ami Brindavoine , le postillon du relai voisin , qui venait ventre à terre, "bride abattue, vous prévenir que l'étranger qu' vous attendiez, s'arrêtait avec toute sa suite à quatre lieues d'ici , et qu'il ne passerait que demain.

BONNEAU

Quoi! cet étranger que je croyais cliez moi...

Couche ce soir au château d'un d' ses amis.

FANCHETTE

C'est une histoire.

Je vous jure que j'ai parlé à Brindavoine ; je me suis chargé de sa commission auprès de vous 3 saus cela, il s'rait v nu vous 1' dire lui-même.

BONNEAU

Tu commences à m'effrayer. Et ces deux voyageurs qui se sont annoncés ici...

Pour ce qu'ils n'étaient pas? Voulez-vous que je vous parle franchement ? J' crois qu' ce sont deux voleurs uégui»és, FANCHETTE , ironiquement.

Des voleurs ! ils en ont bien la tournure !

Des voleurs! ah! je ne saurais penser... Cependant leur conduite est très-suspecte.

Suspecte! vous êtes bien honnête! des inconnus qui s' présentent dans une maison respectable, sous des noms supposé»'.

BONNE AU

Quitrompent la bonne foi du maître du logis !

Qui se font servir un dîner qui ne lear était pas destinée

BOKNÉÀU.

Qui boivent tout le vin !

Se donnent les airs de seigneurs 1

BONNEAU

Me frappent sur l'épaule !

Et me traitent d'imbécille!... Ces gens-là n' peuvent aYOÎP que d' très-mauvaises intentions.

BONNEAU, s' 'échauffant .

Oui , sans doute; ce sont des intrigans. JOLIBOIS.

Des escrocs !

BONNEAU

Des fripons !

Peut-être pis encore.

FANCHETTE

Mon père, je vous en prie, prenez bien garde de vous compromettre.

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