FIRMIN, HYACINTHE
hyacinthe entre avec un gros bouquet au côté , des gants blancs , mise ridicule , perruque bien poudrée , ton sentimental , chantant lajïn de l'air de Jean de Paris:
.ALLONS , MA BELLE , PAYE A TON TOUR , d'D5T PEU DiMOffE, LE TB.OUBADOUR.
EIRMIN.
Toujours triste , mon brave.
nYAClSTHE.
Ah ! c'est toi, mon ami !... Je te cherchais. Tu es ma seule consolation, mon appui, mon conseil, Je meilleur de mes amis ; celte petite Adèle me désespère !
FlRMXN.
Comment! elle n'est point touchée de toutes les preuves d'amour.. ..
HYACINTHE
C'est un coeur de roche !... Tu ne l'as pas vue ce matin?
FIRMIN
Pardonnez- moi, nous avons eu une querelle épouvantable. Si vous m'aviez entendu, je prenais vos intérêts comme, *.... comme s'il eût été ques-lioa de moi.
nYACHINTaEj
Estimable garçon !
FlRMIN", d'un ton pathétique.
Ah! mam'zelle, lui disais-je voulez-vous donc causer le malheur de cet intéressant jeune homme ? il vous épouse demain , il est bien tems de vous accoutumer a sa figure. Vous me dires qu'ii est un peu froid, j'en conviens; qu'il à l'air avantageux , cela est vrai; que son caractère n'ust pas des plus heureux , à la bonne heure : mais....
HYACINTHE
Qu'est-ce que tu dis donc?
FlRMIN.
C'était pour la mieux persuader.
HYACINTHE
Y es-tu parvenu?
FlRMIN.
Hélas! non. Elle ma djt que tout cela était vrai; mais qu'elle ne vous aimait pas davantage.
hyacinthe.
Ah! quelle insensibilité .' quelle âme glacée!
FlRMIN.
Au?si c'est votre faute.
HYACINTHE
Comment donc? je suis d'un respect....
FlBMIN.
Vous avez tort
HYACINTHE
D'être respectueux?
FlRMIN.
Sans doute; c'est passé démode. Les femmes , a présent, aiment un peu de témérité.
Aii : C'est le gros Thomas.
Près d'un' bcll' jadis, On soupirait toote une année ,
Et l'amant soumis , Aimait, de loin , sa Dulcinée;
M. lis aujourd'hui l'on va
Un peu plus \i;c que ea :
On risque d'abord un' œillade.
On reçoit après l'embrassade ;
Queuqu1 soufflets bien doax....
Puis la belle est à vous!
Pardi! s'il ne fallait que recevoir quelques soufflets
FIRMIN
C'est que, voyez-vous, auprès des jeunes filles, il y a un certain jargon, certaines mine. s.... Moi qui vous parle , en arrivant au régiment, j'étais d'une timidité , d'uue gaucherie.... un de mes camarades eut pitié de moi; il me donna quelques leçons...', huit jours après, je ne pouvais plus trou- Ver une seule cruelle.
hyacinthe , vivement.
Vraiment ?.... Mon ami , il faut que tu me rendes le même service.
FIRMIN
A vous, monsieur; allons donc!
HYACINTHE
Ma sotte timidité m'a fait manquer plus de vingt occasions Cette jeune Lucettepar exemple , qui m'adorait, et
qui en a épousé un autre; cette Louison, qui m'aimait, dans le fond, et qui s'enfuit maintenant dès qu'elle me voit... tout cela, c'est ma faute.,.. Je yeux que tu me donnes des leçons de témérité.
FIRMIN
Là, sérieusement ?
HYACINTHE
Je t'aurai la plus grande obligation.
FIRMIN
Puisque vous le voulez.... (à part.) Ma foi amusons-nous du sot.
hyacinthe , l'embrassant.
Ah! le brave garçon!
FIRMIN
Justement, c'est Adèle... Je vais vous donner ma première leçon. Allons, prenez un air décidé»
hyacinthe, faisant des mines.
Un air décidé.... C'est ça.
FIRMIN
Ayez bien soin de m'imiter.
HYACINTHE
Je ne perdrai pas un mot.